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Effet placebo

31 Mai

Il y a environ dix jours, un voyant orange s’est allumé sur le tableau de bord de mon fidèle destrier ma clio : un truc en rapport avec le système anti-pollution. Bon je ne m’affole pas, ça lui arrive de temps en temps et tout rentre généralement dans l’ordre après un peu de repos.

Une semaine passe, le voyant est toujours allumé, je me dis qu’il va falloir songer à consulter – mais pas tout de suite, il faut d’abord que je change le rétro cassé, et j’ai peur du prix qu’on m’annoncera pour le reste. Je passe au garage, commande mon rétro neuf, demande au passage qu’on vérifie l’état de mes pneus ; le voyant attendra.

En rentrant à la maison, je constate que le voyant s’est éteint. Je crois que ma voiture a peur du monsieur en blouse.

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Near-death experience

27 Nov

Il y a quelques années, j’ai laborieusement obtenu mon permis de conduire, après 60h de leçons. J’avais peur de conduire – c’est les adultes normalement qui conduisent, non ? Je ne veux pas être adulte ! Le fait d’avoir vu un jour une Polo se faire réduire de moitié par un camion, alors que le père et le frère d’une amie étaient dedans (ils s’en sont bien sortis, merci pour eux), et d’avoir dans mes connaissances quelqu’un qui a vécu un très grave accident (voiture contre moto, un mort) devait aussi jouer un peu sur ma capacité à aborder la conduite sereinement.

Bref au bout de 60h, mon moniteur m’a quand même proposé de passer l’examen « je te sens plus à l’aise ces derniers temps, qu’est-ce que tu en penses ? « -euh oui je commence à envisager de passer l’examen » « -OK, tu passes dans deux jours ». J’ai un peu mordu le trottoir en faisant mon créneau, mais je l’ai eu.

Quelques temps plus tard, je devais me rendre à une réunion dans une autre administration, dans le département voisin. Habituellement il y avait toujours un autre collègue concerné qui m’accompagnait et conduisait, mais là personne. Les horaires de train ne collaient pas (une journée entière perdue pour trois heures de réunion), j’ai donc dû, la mort dans l’âme, y aller en voiture. J’ai même dû réserver une voiture de service (question d’assurance), alors que c’était un autre modèle que ma voiture (pas folle, j’avais acheté la même que celle de l’auto-école… les doubles commandes en moins).

130km (dont presque tout en voie rapide), et le retour… entre le mardi où j’ai compris qu’il n’y avait pas d’autre solution que de conduire, et le jeudi matin où avait lieu la réunion, j’ai passé presque 48 heures convaincue que j’allais mourir. Je n’avais jamais conduit plus de 10 km hors de la ville, j’avais du mal avec les voies d’insertion, je ne croyais pas une seconde que j’arriverais à bon port.

Le jeudi matin, je pleurais en arrivant au bureau (vous suivez, je devais prendre les clés de la voiture de service). J’ai croisé mon chef qui m’a demandé « ça va pas ? », j’ai juste secoué la tête et ai continué mon chemin, j’étais incapable de parler. Je suis redescendue, j’ai cherché la voiture sur le parking (pas de place numérotée, ce serait trop facile). J’ai pleuré encore en branchant le GPS, j’ai allumé la radio en priant pour tomber sur de la musique entraînante, et je suis partie.

Je suis arrivée à destination une heure et demie plus tard environ, je me suis garée sans m’y reprendre à 10 fois, j’ai soupiré en coupant le contact… je me sentais miraculée.

Après la réunion, j’étais du coup dans de meilleures dispositions ; j’avais réussi à venir, j’arriverais peut-être à rentrer.

J’ai retrouvé « ma » voiture sur le parking, j’ai reposé mes dossiers sur le siège passager, je suis partie.

En arrivant chez moi, je me sentais merveilleusement bien. Tout me paraissait beau ; j’en suis restée sur un petit nuage pendant plusieurs jours.

La sécurité routière des petits.

30 Oct

Il y a longtemps (enfin au moins un an), je croyais que tout objet de puériculture vendu en France avait subi des tests multiples pour vérifier son innocuité, et d’autant plus les équipements de sécurité. J’imaginais donc que n’importe quel siège-auto acheté en grande surface protègerait ma progéniture en cas d’accident, pour peu que Junior soit bien dans la tranche de poids prévue par le fabricant.
Je suis tombée de haut en apprenant l’existence de crash-tests, montrant des résultats très inégaux, pour certains très mauvais, pour des sièges homologués en France.

En voici quelques-uns :

Les tests du Touring Club Suisse, organisme indépendant suisse ;

Ceux d’Autoliitto (organisme finnois ; demandez à Google pour la traduction) ;

Le « Plus-Test » suédois. Des infos ici  mais là encore, il faut de l’aide pour traduire. Ce test est a priori le plus exigeant qui soit en Europe. En particulier, un siège de catégorie 1 (environ 9 mois à 4 ans) qui se mettrait face à la route serait d’office recalé. En Suède, ça fait quarante ans que les petits voyagent dos à la route et s’en portent bien, comme nous l’explique le site http://www.carseat.se/.

Les deux premiers ne testent que les sièges face à la route (ou FF : forward facing), alors que les suédois sont adeptes du RF : rearward facing.

Au début, la question ne se pose pas (ou presque) : pour transporter un nouveau-né, on a le choix entre coques et nacelles, souvent adaptables sur des châssis de poussettes.

Les défenseurs des nacelles vous disent qu’il est mauvais pour le dos de l’enfant de laisser longtemps dans une coque, et qu’il sera mieux à plat. Regardez un nouveau-né, vous verrez qu’il dort souvent les jambes repliées, pas à plat. Par ailleurs, sur les longs trajets, il est déjà recommandé aux adultes de s’arrêter toutes les deux heures, et avec un bébé, vous n’aurez pas le choix : il faudra le nourrir, changer sa couche… Très peu de nacelles ont de bons résultats aux crash-tests. Ce qui signifie qu’avec celle récupérée de votre cousin né il y a dix ans, en cas d’accident vous aurez un bébé mort mais qui n’aurait pas eu de problèmes de dos (cynique ? moui un peu).

Les coques : une fois admis qu’il faut en sortir bébé toutes les deux heures environ, c’est le meilleur choix. Encore faut-il faire un choix éclairé. Pour ma part j’avais pris la coque créatis de Bébéconfort : erreur ! Pas si mauvaise aux crash-tests (mais pas top non plus), elle est très petite : à 8 mois, 9kg, mon fils ne rentre plus dedans. Au passage, une coque est trop petite quand la tête de l’enfant dépasse (les yeux au niveau de la ligne du dossier à peu près), quand il atteint le poids maximum (13kg), ou comme moi quand vous avez du mal à rentrer l’enfant dedans et ajuster le harnais. J’ai appris depuis qu’il existait des coques meilleures en terme de sécurité, plus grandes, ET moins chères : la Nania BeOne par exemple, mais il y en a d’autres.

Je parle d’ajuster le harnais, j’en profite pour signaler qu’il faut enlever le manteau de bébé avant de l’attacher (et le reposer sur lui ensuite si la voiture est froide). Sinon en cas de choc, le vêtement risque de s’aplatir, créant un vide entre le harnais et l’enfant ; au mieux bébé est secoué, au pire il est éjecté du siège (et c’était bien la peine de se ruiner pour avoir Ze siège).

Après la coque, quid ? Il est recommandé de garder les enfants dos à la route jusqu’à environ 4 ans. Sans parler d’accident, avez-vous déjà subi un gros coup de frein en voiture ? Vous êtes projeté vers l’avant, puis ramené vers votre siège. La tête d’un bébé est proportionnellement plus grosse que celle d’un adulte ; son cou risque de ne pas résister au choc (j’ai lu le terme de « décapitation interne » – charmant n’est-ce pas ?). S’il est dos à la route, le dossier du siège absorbe le premier élan, et il ne reste que le retour, moins fort. Notez que dans l’absolu, ce serait plus sûr aussi que les adultes soient dos à la route, mais il faut bien que le conducteur voie où il va.

Vos belle-mère / grand-tante/ coiffeuse /voisine ont toutes un avis sur la question, le plus souvent du type « oh mais il ne voit pas la route / il ne vous voit pas / il n’a pas de place pour ses jambes ».

  1. Au contraire, il voit souvent mieux la route, car plus haut. Face à la route, il verrait le dossier de votre siège, ce n’est pas tellement intéressant.
  2. même remarque
  3. Attention, révélation : il peut plier ses jambes !!!

Habitué depuis le plus jeune âge, l’enfant trouvera sa position normale et ne s’en plaindra pas.

Les sièges RF vont selon les modèles jusqu’à 18 ou 25kg, soit 4 à 6 ans pour un enfant dans la moyenne.

Après ça, l’enfant pourra être installé sur un réhausseur (avec dossier, c’est important car il faut guider la sangle de la ceinture pour qu’elle soit bien placée).

Halte aux idées reçues : les vendeurs/vendeuses de magasins de puériculture n’y connaissent souvent pas plus que vous sur ce domaine ! Ils ont appris à vanter tel aspect pratique de tel siège, sa couleur lila qui plaît aux petites filles etc… mais ignorent la plupart du temps l’existence des crash-tests !