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L’arnaque de l’assurance auto

28 Fév

Il y a quelques semaines, en croisant une voiture sur une route étroite, M. Moineau a fait un écart qui l’a mis dans le fossé. Pas de plaies ni de bosses, mais le dépanneur a emmené la voiture au garage car « pas sûr que des pièces importantes n’aient pas été touchées » (je résume, j’y connais rien).

Peu après, nous avons reçu un courrier de l’expert agréé par notre assurance, nous expliquant gentiment que notre clio était « économiquement irréparable » (comme c’est joliment dit) : minimum 4700€ de réparations, alors que sa valeur est estimée à 2000€. Franchise déduite, cela signifie que l’assurance me versera 1775€ pour la réparer ou la remplacer. Pour l’instant, pour ce prix-là j’ai vu une twingo de 200 000 km (ma clio n’en était qu’à 115 000).

Je fais le deuil de ma voiture chérie, et me renseigne pour que mon voisin ferrailleur puisse procéder à l’enlèvement – histoire que les pièces récupérables profitent à quelqu’un qui m’a déjà rendu énormément de services. Que nenni ! Pour que ma voiture quitte le garage, il faut un appel d’offre, il faut donc payer pour récupérer l’épave, ou laisser l’assureur s’en occuper. Et c’est là que ça commence à bien m’agacer. Je dois céder gracieusement mon véhicule à mon assureur, ou payer pour le récupérer. Et sur les papiers, ils précisent bien « ne cochez pas la case ‘pour destruction’ « . C’est pourtant bien eux qui me disent que c’est une épave… mais ils vont bien récupérer un maximum de pièces dessus, pour lesquelles je ne toucherai rien (par exemple les pneus arrière changés il y a un an et demi pour quelques centaines d’euros…).

Et non, 1775€, ce n’est pas un prix de vente. C’est réglé par les cotisations que je paie depuis 10 ans pour cette voiture (à environ 500€/an).

Bref, je n’ai plus de voiture, pas de quoi la remplacer, et la nette impression d’être le dindon de la farce.

 

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Effet placebo

31 Mai

Il y a environ dix jours, un voyant orange s’est allumé sur le tableau de bord de mon fidèle destrier ma clio : un truc en rapport avec le système anti-pollution. Bon je ne m’affole pas, ça lui arrive de temps en temps et tout rentre généralement dans l’ordre après un peu de repos.

Une semaine passe, le voyant est toujours allumé, je me dis qu’il va falloir songer à consulter – mais pas tout de suite, il faut d’abord que je change le rétro cassé, et j’ai peur du prix qu’on m’annoncera pour le reste. Je passe au garage, commande mon rétro neuf, demande au passage qu’on vérifie l’état de mes pneus ; le voyant attendra.

En rentrant à la maison, je constate que le voyant s’est éteint. Je crois que ma voiture a peur du monsieur en blouse.

Near-death experience

27 Nov

Il y a quelques années, j’ai laborieusement obtenu mon permis de conduire, après 60h de leçons. J’avais peur de conduire – c’est les adultes normalement qui conduisent, non ? Je ne veux pas être adulte ! Le fait d’avoir vu un jour une Polo se faire réduire de moitié par un camion, alors que le père et le frère d’une amie étaient dedans (ils s’en sont bien sortis, merci pour eux), et d’avoir dans mes connaissances quelqu’un qui a vécu un très grave accident (voiture contre moto, un mort) devait aussi jouer un peu sur ma capacité à aborder la conduite sereinement.

Bref au bout de 60h, mon moniteur m’a quand même proposé de passer l’examen « je te sens plus à l’aise ces derniers temps, qu’est-ce que tu en penses ? « -euh oui je commence à envisager de passer l’examen » « -OK, tu passes dans deux jours ». J’ai un peu mordu le trottoir en faisant mon créneau, mais je l’ai eu.

Quelques temps plus tard, je devais me rendre à une réunion dans une autre administration, dans le département voisin. Habituellement il y avait toujours un autre collègue concerné qui m’accompagnait et conduisait, mais là personne. Les horaires de train ne collaient pas (une journée entière perdue pour trois heures de réunion), j’ai donc dû, la mort dans l’âme, y aller en voiture. J’ai même dû réserver une voiture de service (question d’assurance), alors que c’était un autre modèle que ma voiture (pas folle, j’avais acheté la même que celle de l’auto-école… les doubles commandes en moins).

130km (dont presque tout en voie rapide), et le retour… entre le mardi où j’ai compris qu’il n’y avait pas d’autre solution que de conduire, et le jeudi matin où avait lieu la réunion, j’ai passé presque 48 heures convaincue que j’allais mourir. Je n’avais jamais conduit plus de 10 km hors de la ville, j’avais du mal avec les voies d’insertion, je ne croyais pas une seconde que j’arriverais à bon port.

Le jeudi matin, je pleurais en arrivant au bureau (vous suivez, je devais prendre les clés de la voiture de service). J’ai croisé mon chef qui m’a demandé « ça va pas ? », j’ai juste secoué la tête et ai continué mon chemin, j’étais incapable de parler. Je suis redescendue, j’ai cherché la voiture sur le parking (pas de place numérotée, ce serait trop facile). J’ai pleuré encore en branchant le GPS, j’ai allumé la radio en priant pour tomber sur de la musique entraînante, et je suis partie.

Je suis arrivée à destination une heure et demie plus tard environ, je me suis garée sans m’y reprendre à 10 fois, j’ai soupiré en coupant le contact… je me sentais miraculée.

Après la réunion, j’étais du coup dans de meilleures dispositions ; j’avais réussi à venir, j’arriverais peut-être à rentrer.

J’ai retrouvé « ma » voiture sur le parking, j’ai reposé mes dossiers sur le siège passager, je suis partie.

En arrivant chez moi, je me sentais merveilleusement bien. Tout me paraissait beau ; j’en suis restée sur un petit nuage pendant plusieurs jours.