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La mauvaise élève

23 Mar

Dernier article pour tourner la page de la naissance de Tizozio. Fin janvier, j’ai envoyé une demande de copie de mon dossier médical à l’hôpital, copie que j’ai reçu quelques semaines plus tard. Bon, j’ai zappé de demander mon dossier du service diabéto, mais tant pis – je peux à peu près deviner ce qui doit s’y trouver en lisant le dossier de la maternité.

Pourquoi avoir demandé ce dossier ? L’envie d’éclaircir les motifs du déclenchement, et la curiosité de voir comment était retranscrite ma relation conflictuelle avec l’équipe médicale.

Certains passages sont illisibles pour moi (je peux deviner certaines abréviations médicales, mais encore faut-il que les lettres qui les composent soient identifiables… et y’a une ou deux personnes dans le service qui ont vraiment une écriture dégueulasse), mais dans l’ensemble j’ai pu déchiffrer pas mal de choses. Beaucoup de chiffres (tension du jour, hauteur utérine, etc…), et puis surtout, des commentaires – lors des consultations, puis de mon séjour.

La façon de noter les choses varie d’une personne à l’autre : une SF a noté « écarts /grignotage », une autre « ne suit pas le régime : mange chocolat chaud, pain grillé et confiture au goûter !! ». La première est celle avec qui j’avais passé une heure de consultation, qui m’avait écoutée, la seconde celle qui m’avait expliqué que « c’est dur pour tout le monde« .

Le jour de ma convocation, il est noté qu’ils ont eu un contact avec ma SF libérale, qui leur a précisé que j’étais fragile et avais du mal avec cette décision de déclenchement.

Sur les deux premiers jours, du factuel, sobre : telle manipulation à telle heure, repas à telle heure, etc.

 

Le jour J…

La mention « patiente peu coopérante » apparaît sur le point de 11h, après les explications sur mon souhait de ne pas prendre de péridurale ; la SF s’est « couverte » en notant toutes les explications fournies (je trouve ça normal hein, elle estime que je prends un risque, il ne faudrait pas que je dise si ça débloque « on m’avait pas dit »). Elle conclus par « je la laisse digérer »… et d’ailleurs, elle entame le point de 11h45 par « semble avoir digéré », mais note qu’il lui semble important que je vois un psy avant de quitter la maternité. Elle note que je suis assise en tailleur (je me demande à quoi ça sert ? une heure après il est noté qu’elle m’a aidée à me mettre debout). Jusque-là le ton reste neutre, après ça se gâte un peu…

  • 13h25 « patiente peu coopérante » (bis) « a toujours quelque chose qui ne va pas ». Ben non ça va pas, je suis la contre mon gré et malgré mon corps, j’ai mal, je suis incapable de me déplacer sans aide…
  • 13h45 « n’a pas réussi à uriner… » ben non dans la position hyperalgique où on m’a mise, c’était juste pas possible, je ne veux qu’une chose, me remettre debout.

Péridurale finalement demandée à 14h et posée à 14h45. À partir de là, les informations sont notées sur un « partogramme », avec une fois par heure, ma position (c’est une obsession décidément… je sais pas à quoi ça sert), des « essais de poussées non concluants », puis « 18h20 début des efforts expulsifs, 18h22 accouchement eutocique ».

Par la suite, une mention qui m’étonne puisque après la naissance, j’avais eu l’impression que tout allait mieux : « Psy avisée car patiente contradictoire envers l’équipe soignante. Autonome mais, ne prend pas en compte les conseils donnés. » Ben là je vois pas du tout de quoi il est question… parce qu’autant j’ai pu leur faire la tronche jusqu’à la naissance, autant après je voulais des conseils pour allaiter. Je n’ai pas forcément réussi à les mettre en pratique (j’avais du mal à bien caler mon petit avec les coussins par exemple), mais je ne vois pas ce que je n’aurais pas « pris en compte » :-/

Et sur la fiche de l’examen de sortie… « relation mère-enfant doit être plus autonome » ; « femme peu coopérante et demandant beaucoup d’aide ».

Apparemment ils étaient donc contents de me voir partir :-p

Et ensuite…

29 Jan

Bon, j’ai beaucoup pleuré sur mon sort dans les articles précédents, parlons un peu positif :

  • une fois le déclenchement réellement lancé (jour 3), les choses se sont plutôt mieux passées que pour Zozio : j’étais active, la péri était parfaitement dosée, et Tizozio était à peine sorti que je me sentais dans une forme olympique (alors qu’après Zozio j’étais complètement dans les vapes, dans des draps qui puaient le méconium en plus…)
  • Tizozio a tété dès la salle de naissance, un quart d’heure sur chaque sein, un démarrage bien encourageant (mais je ne m’étends pas trop sur l’allaitement maintenant, sinon je vais repasser en mode chouineuse)
  • parmi tout le personnel que j’ai vu pendant le séjour, une SF en particulier a pris le temps de revenir sur le déclenchement, et m’a notamment expliqué que si les toubibs avaient autant tenu à presser la nature, ce n’était pas vraiment pour Tizozio pour lequel il n’y avait pas plus de risque ce jour-là que la veille, mais plutôt parce qu’ils craignaient que je fasse une hémorragie.
  • j’ai vu la psychologue du service, avec qui j’ai pu déballer tout ce que j’avais sur le coeur ; elle est revenue me voir le lendemain pour vérifier si je me sentais mieux.
  • nous avons pu quitter la maternité le 24 décembre, j’étais donc à la maison pour voir mon grand ouvrir ses cadeaux le matin de Noël  \o/

Livraison en 58 heures (jour 3)

19 Jan

Réveil vers 7h30, dommage, l’atarax marchait bien. On m’annonce que le médecin décidera du début des hostilités bientôt, il faut que je prenne ma douche avant. En attendant nouveau TV, au passage on enlève le tampon de propess.

Je vais m’asseoir sous la douche, je me sens épuisée, je n’ai encore pas le droit de manger, j’ai bu de l’eau même si théoriquement je ne devais pas non plus, je n’ai pas assez dormi. Je regarde le flacon de bétadine d’un oeil morne, je laisse l’eau couler, couler, couler… peut-être que si je reste cachée là, personne ne viendra me chercher ? Au bout d’une demi-heure, je me résigne tout de même et sort de la salle de bain dûment bétadinée. Je commence à ranger mes affaires, puisque cette fois je vais quitter cette chambre définitivement. J’échange des textos avec mon homme pour l’informer des horaires, afin qu’il estime quand partir de la maison.

En piste

La SF qui m’installe en salle de naissance se présente, me demande comment je me sens, puis attaque les sujets techniques :

  • « Vous voudrez une péridurale ? – Non. » Elle me regarde : « Mais enfin pourquoi ? Vu votre dossier, c’est fortement recommandé… ». Je lui explique ; les décharges électriques ressenties pendant 5 jours après la naissance de Zozio, et surtout l’angoisse des trois premiers jours que cet effet secondaire dure à vie – jusqu’à ce qu’enfin quelqu’un sache m’expliquer la cause et me rassurer sur le fait que ça allait disparaître « rapidement ». Elle est un peu décontenancée ; me dit que malgré tout, elle me conseille la péridurale, mais admet qu’elle n’a pas mon vécu et me dit que la décision m’appartient, qu’elle m’aidera au mieux de toute façon, et que je peux changer d’avis à tout moment.
  • « Maintenant, on va installer toutes les perfusions… y’en aura sur les deux bras donc vous ne pourrez pas vous déplacer non… mais vous pouvez au moins vous mettre debout à côté du lit entre deux examens ». Ouf. Je ne vais pas rester clouée sur la table toute la journée.
  • « Bien pour lancer les choses, je vais percer la poche des eaux et… – NON ! » Je vois l’impatience monter chez elle en même temps que l’incompréhension. Pour Zozio, j’avais eu l’ocytocine d’emblée et on m’avait dit qu’on ne perçait pas pour éviter que les douleurs deviennent insupportables (finalement ça n’avançait pas donc on y était venu quand même), donc dans ma tête, on ne perce pas cette fois non plus. La SF me dit qu’au contraire, elle ne met pas d’ocytocine au début, et que la rupture de la poche permet un démarrage plus progressif, qui laisse au corps le temps d’adapter la production d’endorphines. Je lui fais répéter pour être sûre d’avoir bien compris, puis lui donne mon accord pour la manip.

Il est environ 11h, M. Moineau est là, le monito rythme les minutes… j’ai trouvé une position confortable : debout, appuyée sur le lit qui est monté au maximum, je me rasseois seulement pour les TV. Les contractions sont toutes les 5 minutes environ, j’ai aussi mal au dos, j’essaie de me concentrer sur ma respiration et de bouger un peu le bassin comme vu en préparation. Je perds la notion du temps, j’ai mal et j’espère que cette fois ce n’est pas pour rien.

Quand j’indique que j’ai envie d’uriner, je m’attends plus ou moins à ce qu’on me cale un bassinet entre les jambes… mais non, je dois m’asseoir, m’incliner vers l’arrière ; je dis que je ne peux pas « mais si avec le bassin c’est comme ça ». Les larmes montent, je ne peux même pas décider dans quelle position pisser… J’ai hyper mal au dos dans cette position, je renonce, d’ailleurs si ça se trouve, je n’ai pas vraiment besoin de faire pipi, c’est peut-être juste la vessie qui est un peu comprimée…

Un peu plus tard, le TV fait voir un col à 3,5. C’est le coup de massue. J’ai hyper mal, y’en a encore pour des heures, je ne vais jamais tenir… je laisse passer encore deux contractions puis demande la péridurale. La SF me dit qu’elle appelle tout de suite l’anesthésiste, que c’est déjà très bien d’avoir « résisté » jusque-là et que je ne dois pas avoir de sentiment d’échec.

Anesthésie

L’anesthésiste arrive et fait sortir M. Moineau. Encore une habitude locale, pour Zozio on ne l’avait pas viré…

Je m’asseois sur le bord de la table, essaie de prendre la position demandée (« relâchez les épaules » euh oui bien sûr mais là voyez-vous j’ai mal, je suis un peu crispée…). Finalement je sens l’aiguille s’enfoncer (je n’avais absolument rien senti pour Zozio), je flippe car j’ai l’impression qu’elle part vachement à gauche, je me dis qu’avec ma chance je vais être à moitié anesthésiée seulement… encore quelques contractions avant que l’effet se fasse sentir, puis le soulagement : je sens toujours les contractions monter, mais sans la douleur. Quand je suis détendue, la SF m’examine à nouveau et m’annonce… 9,5 ! P*tain en fait, j’aurais peut-être pu finir sans… argh. Plus question d’être debout désormais, je m’installe sur le côté quand la position sur le dos devient trop inconfortable. Plutôt, je me fais installer, car j’ai du mal à bouger toute seule (mais c’était déjà le cas avant la péri).

L’arrivée

Au bout d’un moment, la SF me propose de pousser « pour voir ». Il a fallu une échographie pour s’assurer de la position de Tizozio, on sait qu’il est bien placé donc allons-y…

Elle me demande de pousser en bloquant ma respiration et non en soufflant (si mon périnée craque comme la première fois, j’achète une poupée vaudou). Tizozio est encore haut, mais il progresse timidement. La SF s’absente, j’en profite pour pousser en soufflant (namého). Au bout d’un moment, je m’arrête, j’ai l’impression de sentir mon bébé prêt à sortir « Chéri, sonne s’il-te-plaît, faut qu’elle revienne là ». Elle arrive rapidement, je lui dis que je pense Tizozio prêt à sortir « OK on va voir ça ». Je suis réinstallée sur le dos, elle me dit de pousser à la prochaine contraction et… « ohlala ne poussez plus ! ». Il est vraiment prêt à sortir, mais elle n’est pas prête à l’attraper… du coup elle lui fait obstruction, tout en demandant à M. Moineau de sonner « deux fois même ». L’auxiliaire de puériculture arrive et installe tout pour accueillir Tizozio, puis la SF me signale que je peux à nouveau pousser… encore quelques contractions et le voilà. Il est à peine 18h30, cela fait un peu plus de 58h que je me suis présentée aux urgences gynéco.