Vivement la téléportation.

7 Nov

La voiture, c’est hyper pratique pour se déplacer d’un endroit à l’autre. Surtout avec des gamins. Surtout pour ne pas passer une journée entière à GrosseVille pour un rdv de 30 minutes à cause des horaires de train. Oui, je sais, je pollue, et j’ai hâte de retrouver des horaires quotidiens compatibles avec ceux des TER. Mais en attendant, je roule.

La voiture, c’est un gouffre financier. L’essence, l’assurance, l’entretien…

alors imaginez maintenant que la famille Moineau a endommagé 4 voitures cette année -_-

Oui, 4.

Je vous avais parlé de ma pauvre clio ici. J’ai toujours un pincement au cœur quand je croise une clio grise sur la route.

Bref, un peu plus tard, la voiture de mes parents étant tombée en panne, mon garagiste nous prête un véhicule. Mais comme la pièce nécessaire ne peut pas être commandée, qu’on en trouve pas d’occasion, et qu’il a d’autres clients qui auraient besoin d’une voiture de prêt, il nous loue ponctuellement une clio 4. Elle me semble plus petite que la 3 mais par contre c’est le grand luxe : ordinateur de bord sur lequel je peux brancher mon lecteur mp3. Tout roule, jusqu’au jour où M. Moineau, distrait, percute la voiture qui le précède en quittant le parking d’un magasin (elle s’est arrêtée à un cédez-le-passage alors que la route abordée était déserte). 1000€ de franchise, Belle-Maman vient à notre secours et paye l’addition. De son côté ma mère m’avance les fonds pour acheter une Dacia, qui remplacera ma défunte clio (snif).

Début octobre, rentrant nuitamment de chez un copain, M. Moineau crève un pneu. Il s’arrête, essaie de libérer la roue de secours, n’y arrive pas, décide de rentrer en roulant au pas et « on verra ça demain ». Il m’annonce donc à 1h du matin qu’il y a un pneu crevé. Quand je me lève le lendemain, je constate qu’il n’y a pas juste un « pneu crevé »… il n’y a plus de pneu du tout ! Accessoirement, il manque aussi le rétro… grmmpf. Je passe donc une partie de la matinée au téléphone avec l’assureur, qui m’envoie une dépanneuse, laquelle m’emmène au garage, lequel n’a pas de voiture de prêt disponible avant plusieurs jours (rappelons, à ce stade, qu’en période scolaire je dois prendre la voiture pour aller bosser).

Je rappelle mon assureur, qui m’avait dit lors du premier appel qu’une voiture de remplacement était prévue au contrat. Le type que j’ai au bout du fil, très sympa, me dit que le loueur le plus proche de chez moi est Audi (« ça vous dirait de conduire une Audi ? »), qu’il m’envoie un taxi qui m’y conduira pour que je retire le véhicule, avec lequel, soi-disant « si vous avez un pépin de toute façon, c’est entièrement à notre charge, même la franchise, c’est nous qui louons »).

Quelques heures plus tard, me voilà chez Audi, où on me fait signer un contrat de location.

1ère erreur : « vous inscrivez un autre conducteur ? » (flemme, pis de toute façon c’est que pour quelques jours, pis de toute façon c’est l’assurance qui prend tout) « oh non ça ira »

2nde erreur : « je vous conseille tout de même de faire un transfert de garantie » (moi, me basant sur les paroles de l’assureur le matin-même)  « oui c’est bon c’est déjà fait ».

Quelques jours passent, mon garagiste doit avoir récupéré sa voiture, je pourrais lui demander et rendre l’A1, ce serait plus pratique. Mais « tiens en fait, vu qu’il est pas agréé, si ça se trouve l’assurance couvre pas sa voiture comme l’audi ». Téléphone « ah non effectivement la garantie est pour le véhicule que nous vous fournissons ». Bon ben je ferais mieux de garder l’Audi un peu plus alors (3ème erreur, mais vous l’aviez deviné, n’est-ce pas ?).

Quelques jours encore plus tard, M. Moineau repart voir des potes ; je ne suis pas tranquille vu les antécédents et qu’il reviendra de nuit, mais bon… je vais pas lui interdire de voir ses potes, hein ?

Lendemain matin : personne. Bon. Il a bu un peu et a préféré rester chez le pote ? M’enfin l’aurait pu me prévenir ?

Commander un taxi pour aller au boulot. Emmener les enfants à l’école. Recevoir un texto « j’ai cassé l’Audi ». Frôler la crise d’hystérie. Passer l’après-midi au téléphone entre le loueur, et les différents services de l’assurance…

Le loueur me dit « votre mari n’est pas sur le contrat donc vous devez tout payer »

L’assureur me dit d’abord « oui ce sera pris en charge » puis « ah non, quand on disait ‘si vous avez un pépin’, c’était vous au singulier, pas vous et votre mari » (parce que donc le véhicule de remplacement ne remplace pas vraiment le véhicule familial), puis encore « ah mais par contre vous ne payez que la franchise, le reste c’est l’assureur du loueur qui doit le prendre en charge ».

Mais ledit loueur revient à la charge « y’a que votre nom donc vous payez tout, tenez d’ailleurs la première estimation dépasse les 6000€, faut voir avec votre banque comment vous allez faire pour payer ». Et re-mail deux jours après « Avez-vous avancé ? Nous acceptons les chèques de banque, ou alors un paiement CB en 4 fois ». J’ai failli répondre que je n’avais personne qui pouvait me filer 3 à 4 mois de salaire sous 8 jours sans que je sois en capacité de le rembourser avant les calendes grecques, mais j’ai préféré ignorer (325/375 en diplomatie).

 

Depuis, mon garagiste m’a prêté une autre voiture. Une vieille Laguna qui aborde gaillardement les 250 000km, mais elle roule et les sièges des gosses rentrent dedans facilement (alors que l’A1  était luxueuse pour le conducteur mais tout à fait merdique pour embarquer des passagers). Et la pièce qui manquait sur la voiture de mes parents est enfin disponible, elle devrait être réparée dans la semaine. Ceci n’a pas été sans une autre mésaventure…

La voiture était devant chez nous, et c’est ma BM qui avait dégotté la pièce auprès d’un plus gros garage. La voiture étant roulante (du moment qu’on n’utilisait que la marche avant), je devais l’amener moi-même au garage. Sauf que : démarrage impossible, et même après avoir rechargé la batterie, rien n’y fait. Donc j’appelle l’assureur de mes parents, qui m’envoie un dépanneur. Le type arrive, je lui explique, il teste la batterie : morte, mais il fait démarrer le moteur en faisant une dérivation. Et du coup il me dit « voilà, c’est bon, allez-y, du moment que vous éteignez pas le moteur vous aller pouvoir rouler jusqu’au garage ». Je lui explique que OK mais dans ce cas je dois emmener mes enfants (alors que s’il la remorquait je l’accompagnais pas donc j’étais pas prête à partir de la maison), pour ça remettre les sièges auto en place, bref je rentre dans la maison, crie aux gosses de rappliquer, le mec me hèle pour que je signe le papier d’intervention… je re-rentre, habille les enfants, et alors que je mets son pull au petit j’entends le moteur de la voiture s’arrêter… je sors, plus personne, voiture arrêtée à nouveau. Le mec m’a laissée en plan alors que j’avais besoin de 5 minutes pour préparer mes gosses quoi…
Du coup j’ai rappelé mon garagiste, qui est venu un peu plus tard avec son ouvrier et a emmené la voiture lui-même… mais heureusement qu’il est arrangeant !!!

 

Donc, causons sérieux : qui se penche sur la mise au point de la téléportation ?

Neeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeed !

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Double rentrée

11 Sep

La rentrée 2018 est un cru important pour les Moineaux : Zozio entre au CP (youpi, à lui le monde de la lecture d’ici quelques mois), Tizozio entre à la maternelle (comment ça ? déjà ?).

Quelques jours avant la date fatidique, tous les deux semblaient plutôt enthousiastes, malgré tout l’appréhension était là et bien là (surtout chez M. Moineau, sans vouloir dénoncer).

Lundi : rentrées décalées, 8h30 pour Zozio, 10h30 pour Tizozio. Il a fallu pas loin de 20 minutes entre l’ouverture des portes et le moment où les institutrices ont emmené leurs élèves en classe ; 20 minutes que mon Zozio a passées collé à moi, même si un de ses camarades de maternelle est venu lui causer un peu. Ça m’a rappelé son entrée en moyenne section, quand il ne comprenait pas pourquoi il ne retournait pas avec l’instit de petite section. Mais bon au moment du top départ, il a pris la main d’un petit copain qui semblait aussi un peu inquiet pour l’entraîner à la suite du groupe, et c’était parti pour une matinée.

Après quoi, j’ai ramené Tizozio à la maison en attendant son heure. Il était tellement coopératif au moment de repartir qu’on s’est retrouvés devant l’école un quart d’heure en avance ! Du coup je l’ai emmené au parc à côté, histoire de faire deux tours sur le toboggan pour passer le temps. Retour devant l’école, il y a plus de monde, et ah ! ça y est, on nous ouvre ! Nous avançons vers la classe de Mme M. (qui avait eu Zozio il y a 3 ans, et ça tombe bien je l’adore). J’entre avec mon bébé, qui me tient la main (signe qu’il n’est pas tout à fait à l’aise). Une fois les formalités faites, je lui suggère d’aller jouer… il s’assied à mes pieds -.-‘ J’attends un peu, il attrape un petit camion à portée de main, je lui dis « j’y vais, je reviens te chercher tout à l’heure », et m’éclipse rapidement. Ouf, pas de hurlements quand j’atteins le couloir !

Le midi, je récupère en premier Tizozio… les yeux rouges « ça a été un peu long pour lui » :-/ Nous retrouvons ensuite un Zozio tout sourire qui me crie « ça s’est passé comme ça » (pouce vers le haut). Arrivés à la voiture, drame, Tizozio veut s’asseoir dans le siège de son frère, je me fâche, il se détache, je le rattache… bref nous arrivons à la maison dans les hurlements, ce qui me vaudra un « tu vois j’avais raison, il est encore trop petit pour aller à l’école !!! » (groumpf). Finalement mon bébé s’endort sur le canapé, et se réveillera bien mieux disposé (« c’était bien l’école ? – oui oui ! ») – dommage, son père était parti à un rendez-vous à ce moment-là et ne l’entendra pas !

Nous récupérons à 16h30 un Zozio fatigué mais souriant, tout va bien… jusqu’au soir, ou juste avant de se coucher il se met à pleurer en me disant qu’il ne veut pas retourner à l’école ! J’essaie de comprendre, il ressort de l’interrogatoire qu’il se sent perdu dans une école bien différente de la maternelle (y’a même pas de toboggan dans la cour !). Je le rassure tant bien que mal, c’est normal de se sentir perdu au début, ça ira de mieux en mieux… je le sens moyennement convaincu 😥

 

Mardi : Tizozio se lève d’un bond, Zozio ne veut pas sortir du lit. Après déploiement de toutes mes ressources diplomatiques, je le retrouve tout de même habillé et prêt à prendre son petit-déjeuner au moins dix minutes avant l’heure de partir. Son petit frère lui n’a pas faim.

Arrivés devant le primaire : groooooooooos câlin de mon Zozio qui est toujours effrayé par cette nouvelle vie. Une fois qu’il est entré, j’emmène Tizozio qui, lui, gambade gaiement en disant « Bébé, à écol’ ! »… sauf qu’arrivé à la porte de la classe, il change d’avis et passe en mode « Non, je veux pas ! » (Sainte Patience priez pour moi). Heureusement l’institutrice vient m’aider « Bonjour Tizozio, dis-moi, tu aimes la peinture ? Viens voir, on va dessiner ce matin » et hop, j’arrive à m’esquiver.

Le midi, je m’attends à ce qu’il se précipite vers moi mais non, il sort lentement (bon peut-être ralenti par le fait qu’il vient de mouiller son pantalon… bon bah on va aller te changer hein). Il est ensuite tout content d’aller chercher son frère. Lequel est content de sa matinée (ouf)… mais aura encore du mal à retourner en classe l’après-midi (« encore un câlin ! »). Quand Mamie le récupère le soir, il semble tout de même content (et de toute façon demain y’a pas classe donc tout va bien). Quand je rentre du bureau il veut sans attendre me montrer son cahier de lecture, comme quoi y’a aussi du bon à être enfin au CP !

 

Jeudi : Séquence réveil identique au mardi, Zozio m’explique qu’il va chercher une grosse pierre dans le jardin pour la jeter sur l’école et la casser ; je le laisse dire, c’est sa façon de se « regonfler ». Finalement il ne trouve pas la pierre qu’il cherchait, on part à l’école sans 😉  Gros câlin à nouveau, puis je poursuis le chemin avec Tizozio, toujours guilleret sur le chemin. Nous entrons dans la classe, il ignore le bonjour de la maîtresse mais s’avance… et lâche ma main sans un regard en arrière o_O (C’est à la fois réjouissant et très vexant). Je file au bureau.

Le midi, M. Moineau retrouve ses deux fils souriants. Zozio lui confie quelques craintes au moment de retourner en classe, mais ne se fait pas trop prier quand même. Pendant que Tizozio termine sa sieste, c’est Mamie qui va chercher Zozio en fin d’après-midi « tout va bien ».

Vendredi : Réveil encore un peu difficile pour Zozio, qui parle toujours de dynamiter l’école (mais après avoir récupéré ses affaires de classe, parce que bon, il les aime bien ses cahiers et ses crayons). Tizozio passe trois plombes à ne pas manger, mais nous arrivons tout de même à partir de bonne heure. Devant l’école, Zozio me dit qu’il a peur ; je lui fais remarquer que la journée précédente s’est bien passée « oui c’est vrai », il n’y a donc pas de raison que ça aille de travers aujourd’hui. Après une quinzaine de câlins, le voilà parti, et c’est au tour de Tizozio. « a faim Bébé ! » (raaaaaaaaaaah t’as passé 20 minutes à manger un cookie tout à l’heure et maintenant t’es affamé ???), je souffle… il s’arrête dans le sas d’entrée (« Non, veux pas » again). J’attends, finalement l’attrape pour l’emmener devant la classe (vives protestations). Attente à nouveau, je lui propose de sortir sa peluche de son sac, il la garde à la main contrairement aux autres jours. La maîtresse vient lui expliquer que le temps passera plus vite s’il joue avec les autres que s’il boude. Je le laisse à sa réflexion et part au bureau (comment ça, lâche ?).

M.Moineau les récupère le midi tout sourire, mais le retour à l’école reste difficile pour Zozio (« encore un câlin »). Le soir, je retrouve tout le monde en pleine forme, et mon grand est ravi de la pochette de feutre « métallisés » que je lui offre en arrivant.

 

Bref, ils prennent leurs marques doucement. Ce soir, réunion d’information pour la classe de CP, l’occasion d’en savoir un peu plus sur le fonctionnement de la classe 🙂

FakeMed

3 Août

Bon, j’ai déjà parlé d’homéopathie ().

J’ai un rapport ambigu avec l’ostéopathie, que j’ai « découverte » via un kiné, ce qui me semblait cohérent, puis j’ai découvert que des non-kinés pouvaient être ostéopathes, et ça m’a assez inquiétée (les manipulations ne sont pas anodines). Aujourd’hui, je pense que mes expériences ostéopathes ont fait jouer à fond l’effet placebo. C’est très bien, j’ai été soulagée, et en plus c’était remboursé par ma mutuelle. Par contre, ma mutuelle, elle ne rembourse pas les consultations d’un psychologue, alors que j’en aurais énormément besoin (mais bon, c’est une mutuelle, des fonds privés, tout ça…). J’en arrive au problème dénoncé en mars par la tribune « FakeMed » : la Sécurité Sociale rembourse à 30% des « médicaments » dont l’efficacité ne dépasse pas l’effet placebo (homéopathie, plusieurs centaines de millions d’€ par an), mais rembourse des clopinettes pour lunettes et soins dentaires, et que dalle pour des thérapies dont l’efficacité est prouvée.

Libre à chacun de se tourner vers les méthodes qui lui plaisent pour se soigner hein. Mais

  1. que ce soit en toute connaissance de cause
  2. que l’argent public ne finance que les méthodes/médicaments dont le bénéfice est scientifiquement prouvé.

Une ancienne voisine a « soigné » son cancer du sein par des cataplasmes de chou, sur le conseil d’une chamane. Je vous la fais courte, elle est morte dans les deux ans suivant le diagnostic, avant son 60ème anniversaire.

Les médecins signataires de la tribune « FakeMed » sont attaqués pour « non-confraternité » devant leurs conseils de l’Ordre par des syndicats d’homéopathes. Qui, comme des gamins, menacent et exigent des excuses, mais sans donner d’arguments sur le fond du problème.

Pour répondre à ses plaintes, ces médecins vont dépenser du temps (de consultation en moins pour nous, patients), de l’énergie (Google me dit que 50% des médecins français souffrent de burn-out), et même de l’argent (à moins de se téléporter sur le lieu de la convocation…).

Alors moi, en tant que patiente, je suis scandalisée.

J’ai la chance d’avoir, proche de mon domicile, un cabinet médical avec quasiment en permanence 3 médecins. Avec des plages de consultations larges, et des créneaux d’urgence qui m’ont toujours permis d’avoir un rendez-vous dans les 48h (souvent moins pour mes enfants) quand j’en avais besoin (VRAIMENT besoin : pour renouveler mon ordonnance, je prévois à l’avance). Des médecins qui prennent le TEMPS d’écouter, répondent à mes questions, m’expliquent la prise en charge proposée, prennent en compte mes particularités.

Des médecins qui ne me font pas l’insulte de me prescrire des billes de sucre en prétendant que ça soignera autre chose qu’une hypoglycémie.

Des médecins qui m’ont soutenues dans les moments difficiles que j’ai traversés ces dernières années.

L’idée qu’on vienne les emmerder pour « non-confraternité » parce qu’ils respectent leurs patients et dénoncent le charlatanisme de certaines pratiques me hérisse.

Bref, j’ai signé la tribune citoyenne de soutien aux signataires de FakeMed.