Double rentrée

11 Sep

La rentrée 2018 est un cru important pour les Moineaux : Zozio entre au CP (youpi, à lui le monde de la lecture d’ici quelques mois), Tizozio entre à la maternelle (comment ça ? déjà ?).

Quelques jours avant la date fatidique, tous les deux semblaient plutôt enthousiastes, malgré tout l’appréhension était là et bien là (surtout chez M. Moineau, sans vouloir dénoncer).

Lundi : rentrées décalées, 8h30 pour Zozio, 10h30 pour Tizozio. Il a fallu pas loin de 20 minutes entre l’ouverture des portes et le moment où les institutrices ont emmené leurs élèves en classe ; 20 minutes que mon Zozio a passées collé à moi, même si un de ses camarades de maternelle est venu lui causer un peu. Ça m’a rappelé son entrée en moyenne section, quand il ne comprenait pas pourquoi il ne retournait pas avec l’instit de petite section. Mais bon au moment du top départ, il a pris la main d’un petit copain qui semblait aussi un peu inquiet pour l’entraîner à la suite du groupe, et c’était parti pour une matinée.

Après quoi, j’ai ramené Tizozio à la maison en attendant son heure. Il était tellement coopératif au moment de repartir qu’on s’est retrouvés devant l’école un quart d’heure en avance ! Du coup je l’ai emmené au parc à côté, histoire de faire deux tours sur le toboggan pour passer le temps. Retour devant l’école, il y a plus de monde, et ah ! ça y est, on nous ouvre ! Nous avançons vers la classe de Mme M. (qui avait eu Zozio il y a 3 ans, et ça tombe bien je l’adore). J’entre avec mon bébé, qui me tient la main (signe qu’il n’est pas tout à fait à l’aise). Une fois les formalités faites, je lui suggère d’aller jouer… il s’assied à mes pieds -.-‘ J’attends un peu, il attrape un petit camion à portée de main, je lui dis « j’y vais, je reviens te chercher tout à l’heure », et m’éclipse rapidement. Ouf, pas de hurlements quand j’atteins le couloir !

Le midi, je récupère en premier Tizozio… les yeux rouges « ça a été un peu long pour lui » :-/ Nous retrouvons ensuite un Zozio tout sourire qui me crie « ça s’est passé comme ça » (pouce vers le haut). Arrivés à la voiture, drame, Tizozio veut s’asseoir dans le siège de son frère, je me fâche, il se détache, je le rattache… bref nous arrivons à la maison dans les hurlements, ce qui me vaudra un « tu vois j’avais raison, il est encore trop petit pour aller à l’école !!! » (groumpf). Finalement mon bébé s’endort sur le canapé, et se réveillera bien mieux disposé (« c’était bien l’école ? – oui oui ! ») – dommage, son père était parti à un rendez-vous à ce moment-là et ne l’entendra pas !

Nous récupérons à 16h30 un Zozio fatigué mais souriant, tout va bien… jusqu’au soir, ou juste avant de se coucher il se met à pleurer en me disant qu’il ne veut pas retourner à l’école ! J’essaie de comprendre, il ressort de l’interrogatoire qu’il se sent perdu dans une école bien différente de la maternelle (y’a même pas de toboggan dans la cour !). Je le rassure tant bien que mal, c’est normal de se sentir perdu au début, ça ira de mieux en mieux… je le sens moyennement convaincu 😥

 

Mardi : Tizozio se lève d’un bond, Zozio ne veut pas sortir du lit. Après déploiement de toutes mes ressources diplomatiques, je le retrouve tout de même habillé et prêt à prendre son petit-déjeuner au moins dix minutes avant l’heure de partir. Son petit frère lui n’a pas faim.

Arrivés devant le primaire : groooooooooos câlin de mon Zozio qui est toujours effrayé par cette nouvelle vie. Une fois qu’il est entré, j’emmène Tizozio qui, lui, gambade gaiement en disant « Bébé, à écol’ ! »… sauf qu’arrivé à la porte de la classe, il change d’avis et passe en mode « Non, je veux pas ! » (Sainte Patience priez pour moi). Heureusement l’institutrice vient m’aider « Bonjour Tizozio, dis-moi, tu aimes la peinture ? Viens voir, on va dessiner ce matin » et hop, j’arrive à m’esquiver.

Le midi, je m’attends à ce qu’il se précipite vers moi mais non, il sort lentement (bon peut-être ralenti par le fait qu’il vient de mouiller son pantalon… bon bah on va aller te changer hein). Il est ensuite tout content d’aller chercher son frère. Lequel est content de sa matinée (ouf)… mais aura encore du mal à retourner en classe l’après-midi (« encore un câlin ! »). Quand Mamie le récupère le soir, il semble tout de même content (et de toute façon demain y’a pas classe donc tout va bien). Quand je rentre du bureau il veut sans attendre me montrer son cahier de lecture, comme quoi y’a aussi du bon à être enfin au CP !

 

Jeudi : Séquence réveil identique au mardi, Zozio m’explique qu’il va chercher une grosse pierre dans le jardin pour la jeter sur l’école et la casser ; je le laisse dire, c’est sa façon de se « regonfler ». Finalement il ne trouve pas la pierre qu’il cherchait, on part à l’école sans 😉  Gros câlin à nouveau, puis je poursuis le chemin avec Tizozio, toujours guilleret sur le chemin. Nous entrons dans la classe, il ignore le bonjour de la maîtresse mais s’avance… et lâche ma main sans un regard en arrière o_O (C’est à la fois réjouissant et très vexant). Je file au bureau.

Le midi, M. Moineau retrouve ses deux fils souriants. Zozio lui confie quelques craintes au moment de retourner en classe, mais ne se fait pas trop prier quand même. Pendant que Tizozio termine sa sieste, c’est Mamie qui va chercher Zozio en fin d’après-midi « tout va bien ».

Vendredi : Réveil encore un peu difficile pour Zozio, qui parle toujours de dynamiter l’école (mais après avoir récupéré ses affaires de classe, parce que bon, il les aime bien ses cahiers et ses crayons). Tizozio passe trois plombes à ne pas manger, mais nous arrivons tout de même à partir de bonne heure. Devant l’école, Zozio me dit qu’il a peur ; je lui fais remarquer que la journée précédente s’est bien passée « oui c’est vrai », il n’y a donc pas de raison que ça aille de travers aujourd’hui. Après une quinzaine de câlins, le voilà parti, et c’est au tour de Tizozio. « a faim Bébé ! » (raaaaaaaaaaah t’as passé 20 minutes à manger un cookie tout à l’heure et maintenant t’es affamé ???), je souffle… il s’arrête dans le sas d’entrée (« Non, veux pas » again). J’attends, finalement l’attrape pour l’emmener devant la classe (vives protestations). Attente à nouveau, je lui propose de sortir sa peluche de son sac, il la garde à la main contrairement aux autres jours. La maîtresse vient lui expliquer que le temps passera plus vite s’il joue avec les autres que s’il boude. Je le laisse à sa réflexion et part au bureau (comment ça, lâche ?).

M.Moineau les récupère le midi tout sourire, mais le retour à l’école reste difficile pour Zozio (« encore un câlin »). Le soir, je retrouve tout le monde en pleine forme, et mon grand est ravi de la pochette de feutre « métallisés » que je lui offre en arrivant.

 

Bref, ils prennent leurs marques doucement. Ce soir, réunion d’information pour la classe de CP, l’occasion d’en savoir un peu plus sur le fonctionnement de la classe 🙂

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FakeMed

3 Août

Bon, j’ai déjà parlé d’homéopathie ().

J’ai un rapport ambigu avec l’ostéopathie, que j’ai « découverte » via un kiné, ce qui me semblait cohérent, puis j’ai découvert que des non-kinés pouvaient être ostéopathes, et ça m’a assez inquiétée (les manipulations ne sont pas anodines). Aujourd’hui, je pense que mes expériences ostéopathes ont fait jouer à fond l’effet placebo. C’est très bien, j’ai été soulagée, et en plus c’était remboursé par ma mutuelle. Par contre, ma mutuelle, elle ne rembourse pas les consultations d’un psychologue, alors que j’en aurais énormément besoin (mais bon, c’est une mutuelle, des fonds privés, tout ça…). J’en arrive au problème dénoncé en mars par la tribune « FakeMed » : la Sécurité Sociale rembourse à 30% des « médicaments » dont l’efficacité ne dépasse pas l’effet placebo (homéopathie, plusieurs centaines de millions d’€ par an), mais rembourse des clopinettes pour lunettes et soins dentaires, et que dalle pour des thérapies dont l’efficacité est prouvée.

Libre à chacun de se tourner vers les méthodes qui lui plaisent pour se soigner hein. Mais

  1. que ce soit en toute connaissance de cause
  2. que l’argent public ne finance que les méthodes/médicaments dont le bénéfice est scientifiquement prouvé.

Une ancienne voisine a « soigné » son cancer du sein par des cataplasmes de chou, sur le conseil d’une chamane. Je vous la fais courte, elle est morte dans les deux ans suivant le diagnostic, avant son 60ème anniversaire.

Les médecins signataires de la tribune « FakeMed » sont attaqués pour « non-confraternité » devant leurs conseils de l’Ordre par des syndicats d’homéopathes. Qui, comme des gamins, menacent et exigent des excuses, mais sans donner d’arguments sur le fond du problème.

Pour répondre à ses plaintes, ces médecins vont dépenser du temps (de consultation en moins pour nous, patients), de l’énergie (Google me dit que 50% des médecins français souffrent de burn-out), et même de l’argent (à moins de se téléporter sur le lieu de la convocation…).

Alors moi, en tant que patiente, je suis scandalisée.

J’ai la chance d’avoir, proche de mon domicile, un cabinet médical avec quasiment en permanence 3 médecins. Avec des plages de consultations larges, et des créneaux d’urgence qui m’ont toujours permis d’avoir un rendez-vous dans les 48h (souvent moins pour mes enfants) quand j’en avais besoin (VRAIMENT besoin : pour renouveler mon ordonnance, je prévois à l’avance). Des médecins qui prennent le TEMPS d’écouter, répondent à mes questions, m’expliquent la prise en charge proposée, prennent en compte mes particularités.

Des médecins qui ne me font pas l’insulte de me prescrire des billes de sucre en prétendant que ça soignera autre chose qu’une hypoglycémie.

Des médecins qui m’ont soutenues dans les moments difficiles que j’ai traversés ces dernières années.

L’idée qu’on vienne les emmerder pour « non-confraternité » parce qu’ils respectent leurs patients et dénoncent le charlatanisme de certaines pratiques me hérisse.

Bref, j’ai signé la tribune citoyenne de soutien aux signataires de FakeMed.

Foot !

16 Juil

Je n’ai pas été bercée au son des matchs, ni mon père ni ma mère ne s’intéressant au sport. Mon expérience du foot s’est longtemps réduite à échanger des passes avec mon voisin et meilleur ami, qui commentait par « Dugarry, Zidane, Zidane, Dugarry, Zidane, et buuuuuuuuuuuut ! » (évidemment, il était Zidane).

En 1998, le début de la compétition coïncidait avec le début des vacances scolaires, et avec deux copines, nous nous retrouvions pour suivre tous les matchs, soutenant une équipe ou l’autre selon notre affinité envers tel pays, ou le niveau de sexytude des joueurs (fallait pas louper les hymnes pour avoir bien le temps de tous les examiner). Nous étions « amoureuses » de Lizarazu, Dugarry ou Zidane… et le soir de la finale, nous débordions de joie.

La presse a encensé l’équipe « Black-Blanc-Beur », et je trouvais ça beau, moi qui étais tellement colorblind « on est tous Français tous égaux et notre équipe nous ressemble ». Naïve.

Ça n’aura échappé à personne, l’équipe de France est à nouveau championne du monde de foot. Comme il y a vingt ans. Et pétard, je les sens les vingt ans moi…

Déjà, j’ai loupé beaucoup de matchs de la compétition, parce que j’étais au boulot, parce qu’ils ne passaient pas sur Tf1, parce que Tizozio venait éteindre la télé au bout de 13’22″ ». Accessoirement, l’équipe d’Allemagne est ma préférée depuis longtemps (et j’ai complètement lâché les Bleus au moment de la « grève de Knysna »), donc la voir sortir après les groupes, ça diminuait l’intérêt de la compétition (mais bon c’était mérité, ils ont pas été aussi bons que d’habitude).

J’ai aimé les matchs de la Belgique, je les voyais bien monter sur le trône. Raté. Les matchs de l’équipe de France ne m’ont pas particulièrement fait vibrer, mais j’ai tout de même été soufflée par Mbappé (il va tellement vite qu’il zappe les défenseurs mais que même ses équipiers n’arrivent pas à le suivre :’) ). Comme je l’ai lu ou entendu je ne sais plus où, la façon de jouer des Bleus n’était pas forcément séduisante, mais au moins elle a été efficace.

Hier soir, ça klaxonnait dans mon village, il y a eu quelques pétards aussi (les restes du 14 juillet, certains avaient été prévoyants), c’était tout comme il y a 20 ans… mais je n’ai pas été gagnée par cette euphorie. Les Français continueront à être racistes. On a toujours Macron comme Président (on a quand même pu voir qu’il pouvait réagir comme un supporter lambda, il serait donc vaguement humain… mais il continuera à saborder nos acquis sociaux dès demain).

Franchement, c’est moche de vieillir, si on peut même plus savourer une victoire en Coupe du Monde.