FakeMed

3 Août

Bon, j’ai déjà parlé d’homéopathie ().

J’ai un rapport ambigu avec l’ostéopathie, que j’ai « découverte » via un kiné, ce qui me semblait cohérent, puis j’ai découvert que des non-kinés pouvaient être ostéopathes, et ça m’a assez inquiétée (les manipulations ne sont pas anodines). Aujourd’hui, je pense que mes expériences ostéopathes ont fait jouer à fond l’effet placebo. C’est très bien, j’ai été soulagée, et en plus c’était remboursé par ma mutuelle. Par contre, ma mutuelle, elle ne rembourse pas les consultations d’un psychologue, alors que j’en aurais énormément besoin (mais bon, c’est une mutuelle, des fonds privés, tout ça…). J’en arrive au problème dénoncé en mars par la tribune « FakeMed » : la Sécurité Sociale rembourse à 30% des « médicaments » dont l’efficacité ne dépasse pas l’effet placebo (homéopathie, plusieurs centaines de millions d’€ par an), mais rembourse des clopinettes pour lunettes et soins dentaires, et que dalle pour des thérapies dont l’efficacité est prouvée.

Libre à chacun de se tourner vers les méthodes qui lui plaisent pour se soigner hein. Mais

  1. que ce soit en toute connaissance de cause
  2. que l’argent public ne finance que les méthodes/médicaments dont le bénéfice est scientifiquement prouvé.

Une ancienne voisine a « soigné » son cancer du sein par des cataplasmes de chou, sur le conseil d’une chamane. Je vous la fais courte, elle est morte dans les deux ans suivant le diagnostic, avant son 60ème anniversaire.

Les médecins signataires de la tribune « FakeMed » sont attaqués pour « non-confraternité » devant leurs conseils de l’Ordre par des syndicats d’homéopathes. Qui, comme des gamins, menacent et exigent des excuses, mais sans donner d’arguments sur le fond du problème.

Pour répondre à ses plaintes, ces médecins vont dépenser du temps (de consultation en moins pour nous, patients), de l’énergie (Google me dit que 50% des médecins français souffrent de burn-out), et même de l’argent (à moins de se téléporter sur le lieu de la convocation…).

Alors moi, en tant que patiente, je suis scandalisée.

J’ai la chance d’avoir, proche de mon domicile, un cabinet médical avec quasiment en permanence 3 médecins. Avec des plages de consultations larges, et des créneaux d’urgence qui m’ont toujours permis d’avoir un rendez-vous dans les 48h (souvent moins pour mes enfants) quand j’en avais besoin (VRAIMENT besoin : pour renouveler mon ordonnance, je prévois à l’avance). Des médecins qui prennent le TEMPS d’écouter, répondent à mes questions, m’expliquent la prise en charge proposée, prennent en compte mes particularités.

Des médecins qui ne me font pas l’insulte de me prescrire des billes de sucre en prétendant que ça soignera autre chose qu’une hypoglycémie.

Des médecins qui m’ont soutenues dans les moments difficiles que j’ai traversés ces dernières années.

L’idée qu’on vienne les emmerder pour « non-confraternité » parce qu’ils respectent leurs patients et dénoncent le charlatanisme de certaines pratiques me hérisse.

Bref, j’ai signé la tribune citoyenne de soutien aux signataires de FakeMed.

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Foot !

16 Juil

Je n’ai pas été bercée au son des matchs, ni mon père ni ma mère ne s’intéressant au sport. Mon expérience du foot s’est longtemps réduite à échanger des passes avec mon voisin et meilleur ami, qui commentait par « Dugarry, Zidane, Zidane, Dugarry, Zidane, et buuuuuuuuuuuut ! » (évidemment, il était Zidane).

En 1998, le début de la compétition coïncidait avec le début des vacances scolaires, et avec deux copines, nous nous retrouvions pour suivre tous les matchs, soutenant une équipe ou l’autre selon notre affinité envers tel pays, ou le niveau de sexytude des joueurs (fallait pas louper les hymnes pour avoir bien le temps de tous les examiner). Nous étions « amoureuses » de Lizarazu, Dugarry ou Zidane… et le soir de la finale, nous débordions de joie.

La presse a encensé l’équipe « Black-Blanc-Beur », et je trouvais ça beau, moi qui étais tellement colorblind « on est tous Français tous égaux et notre équipe nous ressemble ». Naïve.

Ça n’aura échappé à personne, l’équipe de France est à nouveau championne du monde de foot. Comme il y a vingt ans. Et pétard, je les sens les vingt ans moi…

Déjà, j’ai loupé beaucoup de matchs de la compétition, parce que j’étais au boulot, parce qu’ils ne passaient pas sur Tf1, parce que Tizozio venait éteindre la télé au bout de 13’22″ ». Accessoirement, l’équipe d’Allemagne est ma préférée depuis longtemps (et j’ai complètement lâché les Bleus au moment de la « grève de Knysna »), donc la voir sortir après les groupes, ça diminuait l’intérêt de la compétition (mais bon c’était mérité, ils ont pas été aussi bons que d’habitude).

J’ai aimé les matchs de la Belgique, je les voyais bien monter sur le trône. Raté. Les matchs de l’équipe de France ne m’ont pas particulièrement fait vibrer, mais j’ai tout de même été soufflée par Mbappé (il va tellement vite qu’il zappe les défenseurs mais que même ses équipiers n’arrivent pas à le suivre :’) ). Comme je l’ai lu ou entendu je ne sais plus où, la façon de jouer des Bleus n’était pas forcément séduisante, mais au moins elle a été efficace.

Hier soir, ça klaxonnait dans mon village, il y a eu quelques pétards aussi (les restes du 14 juillet, certains avaient été prévoyants), c’était tout comme il y a 20 ans… mais je n’ai pas été gagnée par cette euphorie. Les Français continueront à être racistes. On a toujours Macron comme Président (on a quand même pu voir qu’il pouvait réagir comme un supporter lambda, il serait donc vaguement humain… mais il continuera à saborder nos acquis sociaux dès demain).

Franchement, c’est moche de vieillir, si on peut même plus savourer une victoire en Coupe du Monde.

J’ai testé pour vous : les urgences pédiatriques

4 Avr

Récemment, Zozio a été malade. D’abord un peu de fièvre, puis au bout de deux jours, vomissements répétitifs : tiens, ne serait-ce point une gastro ? Pas de panique, on le laisse à la diète et on lui fait juste avaler de l’eau et du sucre jusqu’à ce que ça aille mieux… sauf que la moindre boisson ressort très vite, et qu’après dix heures de vomissements, il crache du sang.

J’appelle notre cabinet médical, décris la situation à la toubib (oui après 17h la secrétaire n’est plus là), qui me dit que le sang est dû aux vomissements qui irritent l’oesophage, que pour l’instant ce n’est pas inquiétant ; rendez-vous le lendemain matin mais si ça évolue dans la soirée, ne pas hésiter à appeler le médecin de garde. OK.

Zozio passera la nuit à alterner sommeil et nouveaux vomissements (par tranches d’environ 1/2 heure de sommeil, je vous laisse imaginer comme on était tous bien frais le matin).

Nous voyons notre médecin en début de matinée, qui confirme la gastro, mentionne l’absence d’angine, redit que la présence de sang (dans les quantités indiquées) est normale ; qu’il faut juste qu’on arrive à réhydrater notre Zozio, en lui faisant boire « deux gorgées d’eau sucrée toutes les cinq minutes, pas plus ». Je ramène mon bébé à la maison un peu rassurée, il s’endort.

Milieu de journée, il se réveille, commence à boire comme indiqué (avec un minuteur pour bien laisser passer les cinq minutes à chaque fois), ça semble aller mieux, youpi ! Il dort encore, vomit encore dans l’après-midi mais cette fois pas de sang – cool, l’œsophage a eu le temps de cicatriser un peu. On reprend l’eau toutes les cinq minutes… sauf que systématiquement après la quatrième ou cinquième fois, tout ressort. Et le sang revient. J’appelle le 15, explique le tableau. Le régulateur me dit que si la réhydratation ne marche pas, c’est juste parce qu’on a donné l’eau à température ambiante ; il faut une boisson bien fraîche pour limiter le rejet, et pour une gastro on conseille le coca, éventuellement redilué, et avec un glaçon. « un tiers de verre toutes les vingt minutes et ça ira mieux ».

Test du coca « ça pique la gorge » – « normal, c’est les bulles… on va repasser à l’oasis » (bien après, je me ferai la réflexion que filer un soda, c’est-à-dire une boisson ACIDE, à un gosse qui crache déjà du sang à cause de l’acidité des fluides vomis… pas merci Dr !). Je lui mets sa petite bouteille au congélateur pour la refroidir plus vite, et on espace les gorgées à dix minutes. Il s’endort finalement et cette fois passe une bonne nuit.

Matin suivant, il est vaseux au réveil (ça fait plus de 48h qu’il n’a rien mangé et presque rien gardé de ses boissons). On teste à nouveau deux gorgées / cinq minutes… au premier vomissement, je rends les armes : nous irons aux urgences.

Au « point tri » des urgences, le premier médicament administré à Zozio est… une sucette ! Bah oui, faut faire rentrer du sucre sans trop solliciter l’estomac, et parfois les solutions sont simples… Mais finalement, un peu plus tard alors qu’il est examiné par une infirmière, Zozio vomit à nouveau « échec de la sucette, on va devoir mettre en place une perfusion ». L’interne arrive peu après, reprend l’examen, confirme qu’il faut perfuser et précise « on met en place une surveillance de 6 à 8h et on revoit après comment il aura récupéré ». Je calcule, la perf étant mise en place vers 10h30, on sera encore là à 18h… moi qui pensais que ça prendrait deux ou trois heures à tout casser… heureusement que j’ai le chargeur de mon portable avec moi.

Bientôt on transfère Zozio vers une chambre, et c’est parti pour l’attente. Il dort, je fais des jeux débiles sur mon portable… Je profite qu’il émerge à un moment pour le prévenir que je vais me chercher à manger (je sens que ça va être galère… y’a un distributeur au rez-de-chaussée mais avec environ 5€ sur moi je ne sais pas à quoi m’attendre). Un demi-sandwich plus tard je suis de retour dans la chambre, et on attend, attend… Fin d’après-midi il se sent mieux, arrive à boire et garder un verre de sirop de grenadine \o/ je me dis cool on va pouvoir rentrer. Sauf que le médecin me dit que ses résultats de prise de sang ne sont pas terribles, et qu’il vaut mieux prolonger (sinon on risque de revenir le lendemain, ce serait con). Nous allons donc passer la nuit ici. Il est 18h30 environ et je réalise que je vais devoir trouver à nouveau de quoi m’alimenter… on m’a annoncé que les repas « accompagnant » étaient facturés 11€, il me reste 40 cts en monnaie, et il est hors de question que je sorte de l’enceinte de l’hôpital pour trouver à manger. On a le droit de se faire livrer un repas par l’extérieur, mais j’ai moyen envie de commander une pizza dont je ne mangerais probablement pas la moitié… Finalement je demande à une soignante s’ils ont des repas végé, elle revient victorieuse quelques dizaines de minutes plus tard (quinoa et légumes, et ben c’était même carrément bon). Zozio est déçu de ne pas rentrer à la maison mais il s’endort quand même facilement, je m’allonge pour essayer de dormir aussi.

Après une nuit un peu hachée, on me propose un petit-déjeuner (4€ seulement) ; Zozio me dit qu’il a bien envie d’un peu de pain au moment où j’avale la dernière bouchée (évidemment). Il prend quelques miettes de celui de la veille, et puis il n’a pas trop faim non plus (la perf, ça gave, et on en est à 1,5L). Dans la matinée, il est pesé, examiné, mais je n’ai pas besoin qu’on me donne les conclusions : il parle, c’est un signe qui ne trompe pas ! Pendant ce temps à la maison, Tizozio demande à son père « Maman ? » à chaque voiture qui passe devant la maison, ça devient crispant ^^

C’est finalement juste avant midi que le médecin donnera le feu vert pour la sortie.