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Peluche est guériiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii \o/

5 Jan

Je vous disais l’autre jour que 2014 n’avait pas été une bonne année pour les chats, mais 2015 s’annonce tout autre !

Visite de contrôle chez le véto vendredi matin, après plusieurs baisses du dosage d’insuline depuis environ un mois… glycémie à 0,6g/L : on arrête tout ! Bien sûr on reste vigilant à tout changement de comportement qui pourrait indiquer une rechute, mais tout indique que son pancréas fonctionne à nouveau parfaitement !

Son épisode diabétique aura donc duré 7 mois en tout (mais avec des signes encourageants au bout d’environ 5 mois et demi), sachant que les différents vétos qui se sont penchés sur son cas avaient dit qu’en général, quand le diabète est dû à la cortisone, la guérison survient entre 3 et 6 mois ou ne vient pas (bon ce sont des stats bien sûr, mais ça colle à peu près à nos observations).

 

J’espère que ce billet remontera le moral à la personne qui est arrivée sur mon blog avec les mots-clefs « chat diabétique euthanasie ».

Au secours, mon chat est diabétique

10 Juin
(où comment dépenser 400€ chez le véto en moins de dix jours)

 

Il y a deux semaines, Peluche nous a fait un coup de Trafalgar.

Jour 1

Monsieur Moineau n’ayant plus de téléphone, c’est par messagerie qu’il me fait parvenir, pendant ma pause déjeuner, l’info suivante : « vite, il faut emmener Peluche chez le véto ! il est en train de crever ! ». Je vous laisse imaginer dans quel état j’ai effectué les 8 km qui séparent mon bureau de la maison.

A l’arrivée, je trouve mon homme agenouillé devant la caisse de transport dans laquelle il a logé Peluche, à côté de Zozio assis à table. Peluche respire encore, du coup moi aussi. Il n’est que 13h et notre véto ne rouvre qu’à 14h, j’appelle donc le véto de garde, lui décrit les symptômes racontés par M. Moineau. Le praticien semble trouver superflu que nous amenions notre chaton, mais est prêt à nous recevoir si ça peut nous rassurer. Pof, tout le monde en voiture, direction la clinique de garde.

Pendant que le doc examine Peluche, j’occupe Zozio dans le couloir.

Fin de l’examen, le véto évoque des troubles neurologiques, une hypothermie, et propose de le garder pour l’après-midi – il en profitera pour faire quelques analyses. Nous rentrons à la maison déboussolés.

En fin d’après-midi, je rappelle pour savoir si nous pouvons aller le récupérer : l’ASV m’annonce un diabète, et me propose de garder Peluche en hospitalisation jusqu’au surlendemain (le lendemain étant férié). Comme elle me dit que ça se soigne, je suis rassurée, juste un peu déçue de ne pas ramener mon chat à la maison tout de suite, mais je préfère le laisser aux mains des soignants.

Dans la soirée, Monsieur Moineau cherche « diabète chat » dans Google, et tombe sur des récits déprimants de chats à piquer deux fois par jour et étant devenus amorphes/sauvages/bref-pas-comme-avant. D’un coup, le « oui ça se se soigne » semble un peu léger, et nous nous interrogeons : si nous n’arrivons pas à le soigner, le ferons nous euthanasier ? Comment se résigner à tuer un chat d’un an, qui plus est compagnon de jeu de notre enfant ? Déprime générale au sein du nid.

La journée suivante semble interminable.

Jour 3

« Bonjour, Mme Moineau à l’appareil, à quelle heure puis-je venir récupérer Peluche ?

–  le Dr pourra vous recevoir vers 16h30. »

Pff. Encore de longues heures en perspective… mais qui finissent bien sûr par passer.

Nous revoici donc à la clinique, où le véto nous explique en gros le principe du diabète, et nous annonce deux injections d’insuline par jour pour notre chaton. Formation très accélérée sur la façon de remplir la seringue et où/comment injecter, « ça va aller ? », et nous voici de retour à la maison.

Début de soirée, Monsieur Moineau tient Peluche pendant que je prépare le produit puis réalise l’injection, l’opération semble bien se dérouler.

Jour 4

Réveil à l’aurore pour réaliser l’injection matinale. Il est calme, mais je ne vois pas ce que je fais avec toute sa fourrure. Comme il essaie de me mordre, je suppose que j’ai percé la peau et appuie sur le piston. Direction ensuite notre véto habituel, et je demande à l’ASV de le tondre aux endroits stratégiques. J’achète quelques boîtes de nourriture spéciale chat diabétique.

Dans la journée, Peluche fait un nouveau malaise. M. Moineau s’affole, me dit que ça avait commencé comme ça, je rappelle donc le véto vu le premier jour (parce que bien sûr on est samedi après-midi, le nôtre est fermé). Il peut me recevoir une heure plus tard.

Nouvelle prise de sang, glycémie toujours élevée. Il m’explique que c’est normal, que la glycémie va faire le yoyo le temps que le traitement soit bien en place. Qu’il est toujours difficile de distinguer une crise d’hyper- d’une crise d’hypoglycémie, mais que l’heure est un bon indice : deux heures après l’injection, l’insuline fait son effet max, il y a une grande probabilité de faire de l’hypo, puis plus le temps passe, plus il est probable que ce soit une hyperglycémie. Peluche sautera donc le repas suivant et ne mangera qu’à l’injection suivante (qui sera faite par M. Moineau tout seul, qui veut pouvoir se débrouiller aussi si je suis absente).

Jour 5

Réveil encore matinal, cette fois M. Moineau vient m’aider. Tout se passe bien.

Dans la journée, Peluche tourne encore de l’œil régulièrement mais nous sommes un peu plus sereins. On finirait presque par trouver drôle sa démarche d’alcoolique… presque.

Le soir, premier drame : je rate l’injection. Je croyais avoir senti l’aiguille s’enfoncer, mais quand j’appuie sur le piston, je vois des gouttelettes s’éparpiller sur la peau. Appel au véto de garde, qui me dit que ce n’est pas grave, qu’il va rester comme ça jusqu’au lendemain où il aura sa dose normale, mieux vaut pas de dose qu’une dose en trop. Mouais. Je passe une partie de la soirée à culpabiliser en imaginant trouver mon chaton raide mort dans la nuit.

Jour 6

Je demande à M. Moineau de réaliser l’injection : je tremble trop. Mission accomplie, je pars au boulot tandis que M. se recouche, dans l’espoir de profiter d’un peu de sommeil en plus jusqu’au lever de Zozio.

Après le bureau, je passe chez le véto faire provision de nourriture (2.5 boîtes par jour, il va falloir du stock), et conviens au passage de ramener Peluche le surlendemain pour une courbe de glycémie sur la journée.

Quand je rentre, M. Moineau m’annonce que Peluche semble en bien meilleure forme, il a eu beaucoup moins de malaises que la veille et semble plus vif. Nous sommes joie et félicité.

Heure de l’injection suivante, je ne me sens pas encore prête à remanier l’aiguille, c’est donc M. Moineau qui s’y colle : second drame, cette fois c’est lui qui voit l’insuline partir dans le pelage du chat. Ayant vu la veille que ça n’a pas eu de conséquence terrible, je suis moins inquiète, mais l’idée flotte dans l’air : si on continue à rater une injection sur deux, il ne va jamais se remettre !

Jour 7

Réveil difficile. M. Moineau s’énerve en préparant la seringue (pu**** de s**** de bulles d’air), je me mets à stresser, Peluche sent qu’on est stressés et se débat. Injection (semi- ?)ratée, je le mets en boîte pour le conduire chez le véto (parce qu’une injection ratée, passe encore, mais deux à la suite ?).

J’arrive un peu avant l’ouverture. Je vois la première ASV arriver, me force à attendre encore deux minutes avant de me précipiter dans la clinique. En pleurs, je lui explique qu’on n’y arrive pas, lui demande si la courbe de glycémie peut être faite sans attendre demain, qu’on ait la journée pour « souffler », parce qu’un chat malade entre trois autres chats et un enfant de 2 ans, c’est juste au-dessus de nos forces… Compréhensive, elle me confirme qu’ils vont pouvoir le garder, mais me demande d’attendre l’arrivée du véto pour en discuter un peu.

Ce dernier arrive peu après, et je lui répète les injections ratées, ce sentiment de n’être pas du tout à la hauteur, avec en plus l’incertitude complète sur la durée du traitement (quelques semaines ? ou une dizaine d’années ?). Il me laisse vider mon sac, puis me dit gentiment qu’un chat diabétique non soigné ne vit pas longtemps, donc si le traitement est trop lourd pour nous, il ne refusera pas l’euthanasie, mais que c’est normal qu’on trouve ça difficile au début et qu’on peut encore essayer d’autres choses. Je ne peux pas envisager de tuer mon chaton, il me propose donc d’investir dans un stylo injecteur pour faciliter les manipulations ; je lui confirme de passer commande sans attendre. En attendant « on vous le garde aujourd’hui, on verra déjà ce soir les résultats de ses glycémies, on arrivera peut-être à passer à une seule dose par jour ». Je pars au bureau un peu plus détendue.

Fin de journée, je reviens chercher Peluche, et les nouvelles sont bonnes : sans autre injection que celle ratée du matin, sa glycémie reste dans une norme acceptable (comprendre : pour un chat stressée par le fait d’avoir passé la journée chez le véto). Le Dr propose donc de ne pas faire d’autre injection le soir, et de ramener Peluche le lendemain sans injection, pour une nouvelle courbe (1ère glycémie, puis insuline, puis autres glycémies dans la journée). La perspective de ne pas manier d’aiguille au moins jusqu’au lendemain soir m’enchante, et le véto a cette phrase formidable : « de toute façon demain soir, on fera l’injection ensemble quand vous le récupèrerez ; et si vous avez besoin, après-demain vous le ramenez pour qu’on vous aide encore, et on fera les injections ensemble jusqu’à ce que vous y arriviez ». Mon héros.

Jour 8

Peluche en a marre d’aller chez le véto ! Mais comme il est adorable, il rentre quand même dans sa boîte. Je le dépose à la clinique, où l’ASV me confirme que le stylo injecteur sera livré l’après-midi même.

Le soir, c’est un autre véto qui me reçoit (ils sont trois associés, tous différents mais tous sympas). La glycémie montre que notre Peluche a vraiment besoin de son insuline, mais qu’une dose par jour semble lui convenir. Il va falloir aussi adapter ses heures de repas pour optimiser le traitement. L’ASV apporte le stylo magique, le véto commence à lire la notice « ben oui on a que trois clients qui l’utilisent, car ça coûte très cher, du coup faut réviser ». Une fois le stylo prêt à piquer, il me réexplique le principe d’une injection sous-cutanée, puis me demande si je veux le faire ou si je préfère qu’il pique ; va bien falloir m’y mettre, donc même si je me sens comme une veille d’examen (ou de rendez-vous amoureux), je préfère le faire moi-même.

Peluche a la bonne idée de ne pas bouger, ça se passe très bien. Le vétérinaire me répète que si le lendemain je ne me sens pas à l’aise, je peux venir faire l’injection à la clinique. Que même si pendant le week-end je ne le sens pas, je peux appeler le véto de garde pour me faire aider. Bon. Retour à la maison, heureuse de m’être ruinée pour mon lance-fléchette stylo.

Jour 9

Peluche ne fait plus aucun malaise, par contre il a tout le temps faim. M. Moineau galère pour gérer les repas des 4 félins mais il prend le rythme. Le soir, je déballe le stylo magique, emmène le chat dans ma chambre avec une boîte de pâtée, et me prépare… difficilement, avec un chat qui a fini de manger avant que je n’ai fini d’amorcer le stylo, et frétille autour de moi (« eh, dis, ça se mange ce que tu as dans la main ? »). Je ressors quelques croquettes du paquet « de secours » et réalise l’injection pendant qu’il les croque. Il ne tressaille même pas.

Jour 10

Journée tranquille, le soir venu je révise ma stratégie pour faciliter l’injection : je commence à préparer le stylo, puis je donne la pâtée, puis je pique pendant qu’il mange. Réussite totale, un vague sursaut lors de l’insertion de l’aiguille mais pas de grognement ni morsure. Il me semble bien que le véto avait précisé que les aiguilles du stylo injecteur étaient parfaitement aiguisées, ça joue peut-être aussi.

Combien de trous avant d’avoir mon brevet d’infirmière ?

Le week-end s’est fort bien passé, notre chat est à nouveau en pleine forme, les injections se passent bien. Alors j’espère quand même que ça ne va pas durer toute sa vie, parce que c’est quand même assez pénible (et onéreux, ça compte aussi), mais maintenant je sais que je suis capable de soigner mon chat.

Ce que j’ai retenu à propos du diabète chez le chat

Attention : je dis bien ce que j’ai retenu/compris de toutes les explications qui m’ont été données (par en tout 3 vétérinaires et 2 ASV). Les conseils m’ont été donnés par rapport à la situation de MON chat, en tenant compte de son âge, ses antécédents, ses résultats d’analyse… la façon de répartir les repas sur la journée par exemple n’est pas forcément adaptée à un autre animal. Si votre animal est diabétique, suivez les conseils de votre vétérinaire, reposez-lui 10 fois les mêmes questions s’il le faut.

  1. Ce n’est pas forcément définitif. Ce qui est quand même la meilleure nouvelle dans tout ça.
  2. Une hyperglycémie ou une hypoglycémie, ça peut fortement se ressembler. Quelques indices quand même :
    1. si c’est deux heures après l’injection de l’insuline, y’a des chances que ce soit une hypo
    2. dans le doute, on peut mettre quelques gouttes d’un sirop de sucre (sirop d’agave, sirop d’érable…) dans la gueule du chat : si après dix minutes il se remet à gambader tranquillement, c’était bien une hypo, sinon on peut appeler le véto en sachant qu’on n’a pas non plus donné la goutte de sucre qui va faire déborder le vase clamser le chat.
    3. les symptômes qui, observés chez l’humain, feraient dire « il est bourré lui » sont plutôt liés à l’hypo, tandis que l’apathie est plutôt un signe d’hyper. Mais comme il peut faire le yoyo entre les deux, ça ne nous avance pas des masses.
  3. L’hyperglycémie tue lentement, par usure des organes ; l’hypoglycémie tue très vite, par sous-alimentation du cerveau (et/ou du muscle cardiaque ?). Voilà pourquoi il ne faut JAMAIS faire une seconde injection d’insuline tout de suite après une ratée : le surdosage est très dangereux.
  4. Le chat doit faire un gros repas lors de l’injection d’insuline, comme ça la phase d’action maximale de l’hormone correspond à l’arrivée massive de sucre dans le sang, et il peut donc stocker son sucre pour plus tard. À deux injections par jour, on peut faire une injection = un repas et rien entre les deux. Avec une seule dose par jour, c’est plus délicat car il ne peut pas tenir toute la journée avec un seul repas. Ici, avec une ration théorique de 2.5 boîtes/24h, nous avons adopté le schéma : 18h injection+une boîte de pâtée puis dans la soirée un quart de boîte, puis quand on va se coucher un nouveau quart, puis trois quarts de boîte au petit-déjeuner et le dernier quart en milieu de journée.

 

Je ne saurai jamais exprimer toute ma reconnaissance envers le personnel de la clinique, aussi bien vétos qu’ASV : des personnes à l’écoute, patientes, pédagogues, qui ont su m’encourager et m’apporter une aide immense pour la mise en place du traitement de Peluche.

 

 

 

 

Chat, chat, chat

30 Nov

Honte à moi, je m’aperçois que je n’ai pas fait de présentation détaillée des membres de la famille.

Les humains attendront, honneur aux CHATS.

/roulements de tambour

Par ordre d’apparition dans notre foyer :

Pépé

Né en 1997, il a séduit mon mari parmi ses frères et soeurs en venant innocemment à la rencontre du doigt qui s’agitait au bord de la cage… et en se heurtant le museau à la vitre de ladite cage. « Il est trop bête lui, je le veux ! » M. Moineau ramena alors chez lui ce petit chaton, devenu aujourd’hui cet adorable vieux chat… celui qui vient dès qu’on l’appelle, qui demande à ce qu’on le prenne sur nos genoux, qui ronronne dès qu’on l’approche et encore plus fort dès qu’on le caresse. Qui supporte patiemment qu’on le brosse, qu’on le déplace alors qu’il n’avait rien demandé, qu’on l’éclabousse en faisant la vaisselle ou en prenant notre bain (vous me direz, c’est lui qui vient dans la salle de bain à des moments critiques aussi). Il est en forme pour ses quinze ans, malgré des « becs de perroquet » au niveau des lombaires qui diminuent sa mobilité. Il monte sur le canapé en prenant un escalier (une boîte à outils fait l’affaire). Ce problème s’est quand même amélioré après des séances de massage  kiné ostéo faites par le véto. Au passage, heureux détenteurs de bêtes à poils, je vous informe qu’il existe aujourd’hui des mutuelles pour animaux (qui ne recrutent plus passé 8 ou 10 ans, pensez-y quand l’animal est jeune) ; vu le prix des séances véto, ça vaut le coup de se pencher sur la question.

Mademoiselle

M. Moineau ne résiste pas à la souffrance animale. C’est un miracle que nous n’ayons que trois chats à la maison.

Mademoiselle s’est invitée dans sa vie il y a environ 8 ou 9 ans (enfin ça fait quatre ans qu’il me dit qu’elle a environ 5 ans). Monsieur entendit donc un jour une sorte de pépiement d’oiseau (mais non ce n’était pas moi) venant d’une voiture garée près de chez lui. Il finit par repérer un tout petit chaton blotti sur une roue (panique : et si la voiture venait à démarrer alors que le chat était toujours là ?), et tente de l’attraper, sans succès. Il renonce, va faire ses courses et plus tard… les cris viennent cette fois de la bouche d’égout. Il s’allonge au bord du trottoir et tente de convaincre le chaton de venir, sans succès. Par chance, le boucher qui a vu un petit attroupement depuis sa vitrine en face (et a probablement été renseigné par ses clients), vient avec un morceau de viande, tenu par une ficelle, proposer son aide. Victoire, l’animal tente de mordre la nourriture et se retrouve dans la main de M. Moineau, qui le ramène à la maison. Un examen rapide lui apprend qu’il s’agit d’une chatte, qui se trouve être couverte de fange et de puces ; direction, la douche ! Puis présentation à Pépé… qui crache sur l’arrivante. Bienvenue !

Au poids que faisait Mademoiselle, on peut estimer qu’elle avait moins d’un mois à ce moment là. Heureusement, Pépé lui a servi de maman, et d’ailleurs aujourd’hui elle est toujours collée à lui (parfois d’ailleurs, il en a un peu marre). Mademoiselle est magnifique, avec son pelage gris et son ventre blanc, elle a du caractère (ne vient pas quand on l’appelle mais vient si on appelle son frère), peut parfois être très câline (« euh ? ben tiens, j’ai un chat sur les genoux, j’l’ai pas vu arriver »), plus souvent distante (« je vous aime bien, mais de loin »). Quand même, le soir, elle aime bien venir dormir blottie contre nous (mais, faut pas pousser, à nos pieds, hors de portée de caresses, sauf si elle a envie de câlins).

Empereur

J’ai connu Empereur dans un logement où je venais d’arriver, alors que M. Moineau habitait à 250km de moi  et que nous nous voyions tous les quinze jours. L’appartement était auparavant habité par une vieille dame amoureuse des chats, qui laissait un peu de nourriture sur son balcon. Dès qu’il entendait le grincement des stores qui se relevaient, Empereur arrivait pour quémander sa pitance. Quand j’ai pris possession du logement, il a continué. J’ai craqué. D’abord, la fin de mon sandwich au pâté. Quelques jours plus tard, une demi-boîte de thon. Quelques jours plus tard, M. Moineau m’a dit, moqueur : « tu ferais aussi bien de lui acheter des croquettes ». Ce que je fis. Dès lors, tous les jours je laissais une portion dans un coin du balcon.  Au bout de quelques temps, une voisine sonna à ma porte, un peu gênée « Bonjour, j’ai vu que vous aviez mis de la nourriture sur votre balcon, c’est pour Noiraud ? »  il est noir oui, je suppose qu’on parle du même. « Je demande parce qu’avec une amie, on lui donne à manger deux fois par jour ». Ah. Je me suis faite avoir par ses miaulements déchirants « j’ai faim !  j’ai froid ! » (oui, en plein mois de juillet), et j’apprends qu’il est déjà nourri, le vilain.

Finalement, nous continuons toutes à le nourrir, et discutons de temps en temps, de chats et d’autres. Après quelques mois, M. Moineau emménage avec moi. Pendant la journée, alors que je suis au boulot, il fait connaissance avec Empereur. Quelques mois encore plus tard, nous trouvons un logement plus grand, et c’est la grande hésitation : trois chats, ce n’est pas raisonnable, mais il est tellement mignon… les voisines seront tristes si on l’emmène, non ? Bah oui mais elles ont aussi dit qu’elles seraient contentes qu’il trouve une famille… Bon et bien on va déjà l’emmener chez le véto, on avisera après.

Visite chez le véto donc. « Un peu maigre oui  mais ça va… il a des puces… oh tiens il a été castré ! prise de sang… pas de maladie grave ». Et ben voilà, rien ne s’oppose à ce qu’on l’emmène… il sera donc du voyage.

A l’arrivée, nous l’isolons des deux autres (avec qui l’entente est moyenne… Pépé lui crache dessus, Mademoiselle voudrait jouer avec lui mais il a l’habitude de se battre, pas de jouer) et attendons. Le véto a conseillé de ne pas le laisser sortir avant trois semaines, pour qu’il s’habitue bien à la maison. Au bout de dix jours, M. Moineau craque. Il est 21h30, je suis en train de bouquiner quand il vient me voir, défait : « J’ai laissé sortir Empereur… je pensais qu’il allait juste observer un peu autour et rentrer, mais il a foncé, sauté sur la maison d’en face et je ne le vois plus… » ANGOISSE. Va-t-il tenter de retourner à son ancien logis et mourir écrasé au troisième carrefour ? Les minutes passent, par dizaines, interminables. Je pleure, je pense qu’on ne le reverra jamais, qu’on aurait dû le laisser là-bas… mais finalement, deux heures environ après être parti, Empereur revient ! Ben oui, il a le ventre vide, et il sait qu’auprès de nous il aura toujours à manger !

Depuis ce jour, même si ses sorties ont parfois été trop longues à notre goût, il est toujours resté avec nous. L’hiver il ne sort quasiment plus, il préfère monter la garde devant le radiateur 😉

Empereur aime bien les câlins, mais pas trop (il a une réputation à tenir), a toujours un boyau vide, n’aime pas le chat de la voisine ; n’aime aucun chat, il s’est habitué à Pépé et Mademoiselle parce qu’ils étaient là avant lui, c’est tout. Il y a parfois encore quelques chamailleries entre eux mais rien de grave.

Tous les trois se sont bien habitués à l’arrivée de Zozio en début d’année : Empereur fait comme s’il n’était pas là, Pépé, après une période d’observation, continue les câlins même si ça veut dire se trouver à une distance dangereuse des petits doigts (il a frôlé l’épilation sauvage une ou deux fois), et Mademoiselle l’observe avec curiosité, parfois de près, le plus souvent en assurant une distance de sécurité de 2 mètres.

Zozio est hypnotisé quand il voit passer un des chats, il essaie de les appeler « aaahhhiiiiii » (bizarrement, ils ne viennent pas).

Tous les quatre, avec M. Moineau, font mon bonheur.