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Week-end de rêve

15 Déc

(Attention : ce post contient des moments MILK)

Quand je suis rentrée en France, après 5 années d’expatriation, j’avais le moral à zéro. C’est donc pour mon douzième anniversaire que j’ai commencé à détester les derniers mois de l’année : toutes ces injonctions à être souriants, heureux, parce que « c’est Noël ! ». M. Moineau n’étant pas non plus fan de cette période, nos premiers Noëls communs ont été très ordinaires – tout juste un menu amélioré, puis une soirée PC. J’avais quand même maintenu la tradition du calendrier de l’Avent – toute excuse pour manger du chocolat est bonne à prendre.

Depuis que nous sommes dotés d’un Zozio, l’intérêt pour les fêtes renaît (plus vite chez moi que chez M. Moineau je dois dire), d’autant plus cette année qu’à bientôt 3 ans, il commence à comprendre un peu ce qui se passe.

Il y a trois semaines, nous avons sorti le sapin et toutes les décorations : Zozio était très fier de placer lui-même les boules sur les branches (même s’il a fallu aider un peu), et s’est même assis sur son petit fauteuil une fois le travail fini pour contempler son œuvre. M. Moineau m’a ensuite fait remarquer que le sapin était un peu nu dans sa partie supérieure (oh bah ça alors), mais comme on n’avait pas tout mis, on a pu rééquilibrer ça ensuite.

Il y a deux semaines, j’ai ressorti mon calendrier de l’Avent et l’ai garni de pâtes d’amande et pâtes de fruits (j’ai déjà dû retourner en acheter depuis parce que M. Moineau avait pioché dans les dernières cases, père indigne). Une pâte de fruit le matin, une pâte d’amande le soir, plus le chocolat du calendrier acheté par sa mamie, mon petit bonhomme a vite compris le principe d’une case par jour : même s’il tente régulièrement de prendre de l’avance, il accepte sans broncher la réponse « non, demain ».

Samedi, ma chorale était en concert dans mon village. J’avais dit à M. Moineau que j’aimerais qu’il amène Zozio – c’est pas le tout de l’abandonner une fois par semaine pour « aller chanter à la chorale », j’aimerais bien qu’il profite du résultat. Pas enthousiaste, M. Moineau a passé son samedi à me lister toutes les contre-indications qui lui venaient à l’esprit : trop froid, pis si ça se trouve il va pleuvoir, et c’est tard (20h30 – c’est pas comme si on n’arrivait jamais à coucher le Zozio avant 22h), j’ai pas fini mon ménage*, pas eu le temps de prendre ma douche, et cerise on ze cake, Zozio a boycotté la sieste, pour finir par me dire du bout des lèvres que bon il verrait, mais qu’il valait mieux considérer qu’ils resteraient au chaud à la maison. « Pis vous en ferez plein d’autres des concerts ». Grmmmph.

*oui oui, véridique. Alors que la vraie raison, c’est son agoraphobie, mais ce serait trop simple de le dire.

Un peu avant 19h, je quitte le Nid pour me rendre à l’église, où nous répétons une dernière fois avant le concert. Il fait froid, heureusement on aura les spots pour nous réchauffer un peu 😉 Au passage, je remarque que notre chef de cœur fait une poussée d’acné : soit elle est comme moi et fleurit tous les mois, soit elle nous annoncera bientôt un heureux événement… soupir intérieur, mais bon elle est tellement gentille que je ne peux que lui souhaiter plein de bonheur s’il s’avère qu’elle est vraiment enceinte.

20h30, naturellement nous sommes en retard ! tant pis, l’entrée en scène manque un peu d’ordre, mais l’essentiel c’est que personne n’ait raté une marche (c’était pas gagné, y’a des petites marches traîtresses dans c’t’église). Premier chant, pendant le couplet de la soliste, je parcours la nef du regard, espérant apercevoir malgré tout mes deux amours… néant. Changement de partition, nouveau coup d’œil, rien. Après le troisième chant, je renonce à chercher. A la fin de notre prestation, nous rejoignons le côté de l’église pour écouter jouer l’orchestre qui nous succède. Je papote avec mes camarades, quand j’entends « Coucou ! » puis « c’est Maman ! ». Mon Zozio est visiblement épuisé, mais aussi émerveillé par les illuminations (il aime déjà l’église en temps normal, alors là avec un sapin et une crèche en plus…). Ils ne restent pas écouter l’orchestre, mais je suis déjà heureuse qu’ils soient venus !

Dimanche, réveil à 10h30, je bouscule un peu mon Zozio pour le convaincre d’aller acheter du pain, parce que je veux lui montrer le marché de Noël mais je n’insiste pas là-dessus parce que je l’avais déjà emmené la veille pour m’apercevoir une fois sur place que les cahutes étaient vides : en fait c’est uniquement ce dimanche -_- Il fait un temps radieux, au moins si le marché est décevant, on aura fait une belle balade. Passage à la boulangerie donc, en ressortant nous tombons sur la fanfare qui ouvre la route au Père Noël dans son traîneau (tiré par un cheval, les rennes doivent être en grève annuelle). Le Barbu jette quelques poignées de bonbons, les gosses se ruent dessus pour les ramasser. Zozio est dans mes bras, il regarde surtout le cheval 🙂 Une petite fille, d’environ 6 ans, s’approche de nous et lui tend un bonbon, sans oser rien dire ; même si peut-être sa mère lui a soufflé l’idée de partager sa collecte, je suis touchée par le geste et la remercie chaudement. Nous avançons ensuite sur le marché. J’achète quelques bricoles décoratives, un bonnet pour Zozio puisque nous avons perdu le sien, puis nous suivons la fanfare qui redémarre (sans le Père Noël cette fois, il a peut-être été kidnappé). Quand les musiciens posent leurs instruments, nous allons les féliciter pour leur prestation ; une dame propose à Zozio de tester son tambourin, mais il est intimidé et n’ose pas taper dessus. Une autre nous informe qu’ils rejoueront dans l’après-midi. Le retour à la maison est difficile : tous les 20 pas, Zozio veut faire demi-tour pour « aller voir les musiciens ». Je répète que les musiciens se sont arrêtés, qu’ils vont aller manger, faire la sieste pour être en forme ben quoi ?, mais qu’on pourra revenir les voir l’après-midi. En arrivant, Zozio explique donc à son papa qu’il a vu les musiciens, que ceux-ci sont allés manger et faire la sieste, mais que lui ne va pas faire la sieste, ben non parce qu’il est pas fatigué zut, raté.

Après longues négociations, j’arrive finalement à coucher l’oiseau vers 14h45, et je m’offre une petite sieste également. À 16h tout le monde est réveillé, je propose donc à Zozio de retourner voir les musiciens (mais faut se presser, ils devaient reprendre à 16h !). Quand nous arrivons sur la place, nous entendons un dernier morceau, puis la musique cesse. Il est relativement tôt, je me dis qu’ils vont peut-être reprendre… en attendant, j’emmène Zozio faire un tour de manège après moultes hésitations (keuuuwwwwa ? il faut que je lâche la main de mon gosse pendant plus de 20 secondes d’affilée ????). Dès le premier tour, son sourire est étincelant. Je redoute l’arrêt du manège, mais finalement il acceptera facilement de le quitter. Nous enchaînons avec la recherche de la fanfare : je l’ai vue s’éloigner pendant le dernier tour du manège, elle ne doit pas être rendue bien loin… mais la musique diffusée par les hauts-parleurs m’empêche de repérer les musiciens. À tout hasard, je prends la même direction que le midi… bingo ! Nous les retrouvons un peu plus loin ; la prestation est finie, mais certains jouent les prolongations, à mon grand soulagement. Cette fois, Zozio ne se fait pas prier une fois les musiciens dispersés pour rentrer à la maison.

Nous rentrons suffisamment tôt pour donner à ce week-end un épilogue gourmand : des crêpes ! Zozio mélange les ingrédients, on prend le bain pendant que la pâte repose, on dîne léger puis on fait cuire les crêpes !

Ces deux jours ont concentré beaucoup d’activités inhabituelles, et mis des étoiles dans les yeux de mon bébé ; j’en ressors avec un moral au plus haut. Je vous souhaite à tous de connaître bientôt ces instants de bonheur.

 

 

 

Langage et communication

2 Avr

« Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre. » (B. Werber)

Le plus difficile pour moi* dans la maternité, c’est la frustration de ne pas comprendre mon enfant. Cela fait déjà deux ans que j’attends avec impatience que Zozio sache parler, afin de rendre notre compréhension mutuelle meilleure. Depuis quelques mois, il a fait des progrès spectaculaires mon fils est un génie comme tout enfant de son âge, tout d’abord en volume de vocabulaire, en prononciation, et surtout depuis quelques semaines (en gros depuis son anniversaire), il associe des mots pour faire passer des idées (« maman, mange » « papa, tousse » « croquettes, chat » etc).

Cela nous permet de mieux mesurer ce qu’il comprend de nos discussions : par exemple, il y a dix jours, nous avons appris que Mademoiselle avait des tumeurs à une mamelle, avec probabilité élevée de cancer. Le pessimisme de M. Moineau s’étant heurté à mon refus d’envisager le pire, le ton est un peu monté, en présence de Zozio. Pour rassurer un peu celui-ci, j’ai dit « Nous sommes inquiets parce que Mademoiselle est malade ». Zozio m’a répondu en répétant « Mademoiselle » puis en imitant le bruit d’un chat en train de vomir. Je vous le dis, mon fils est un génie.

Commence une ère de communication, donc, mais à l’aube de laquelle je m’efforce de me rappeler que même les mots peuvent être traîtres, et que le gouffre peut être grand entre ce que dit un enfant et ce que comprend l’adulte, et vice-versa, notamment parce que l’enfant n’a pas autant de repères, de recul sur lui-même quand il s’agit d’exprimer des émotions, ni la capacité à distinguer ce qui est évident pour tout le monde de ce qui ne l’est que pour lui. J’ai deux exemples à ce sujet.

  1. Enfant, 5 à 6 ans environ. Je trouve fascinant le système de verrouillage/déverrouillage des portières de la voiture, et avec ma sœur, nous nous chamaillons souvent pour être celle qui soulèvera ou enfoncera le petit loquet (je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans…). Un jour, retour de courses, je descends la dernière, ma mère est déjà sur le pas de la porte avec des paquets. Je tiens la porte ouverte, le doigt sur le loquet (mais d’où est ma mère, ça ne se voit peut-être pas), et je demande « est-ce que je ferme la portière ? ». Pour moi, il est évident que la question porte sur le fait de fermer à clé, puisqu’il n’y a aucune raison de laisser la portière grande ouverte. Et donc, après le « oui » de ma mère, d’appuyer sur le verrou puis de claquer joyeusement la portière. Quelle déconfiture, quand je me fais gronder pour avoir fermé à clé alors que le trousseau est toujours sur le contact ! « Mais j’ai demandé tu m’as dit oui… » (trémolos dans la voix et sentiment d’injustice).
  2. 10 ans, en classe, j’emprunte des feutres à une copine pour un coloriage : la veinarde, elle a la super boîte avec – au moins- 40 couleurs, quand je n’ai que le traditionnel étui de douze. Zut, le cours se termine, je n’ai pas fini de colorier mon serpent. En rentrant à la maison, je plaide pour l’achat d’une nouvelle boîte de feutres « pour avoir les mêmes que [prénom de la copine] ». « Qu’est-ce qu’ils ont de spécial, ces feutres ? » ravie, je pense qu’on me demande un signe distinctif pour les reconnaître en magasin, et réponds tout naturellement « le bouchon ; y’a des rayures dessus ». Ma mère hésite entre rire et légère impatience « Mais enfin, on n’écrit pas avec le bouchon ! ». Sa question se résumait en fait à « pourquoi veux-tu ces feutres ? », mais je croyais avoir déjà évoqué le fait que je n’avais pas les mêmes couleurs parmi mes feutres, donc ce point était pour moi réglé ; alors que pour ma mère, même si j’avais mentionné les chouettes couleurs des crayons empruntés, c’était anecdotique : je pouvais bien finir avec d’autres couleurs (oui, ma mère n’a pas exactement une âme d’artiste). Sur le moment, j’avais eu toutes les peines du monde à réargumenter pour l’obtention de ces feutres, car je ne comprenais absolument pas la réponse que j’avais obtenue, et pourquoi on se moquait de moi.

Ce genre de malentendus peut également survenir entre adultes, quand nos neurones sautent d’un sujet à l’autre pour des raisons non partagées par notre interlocuteur : il se demande pourquoi nous sommes passés de la tarte aux fraises de ce midi à l’allergie au pollen du petit voisin qui l’a conduit à l’hôpital récemment ; il n’est pas dans notre tête pour savoir que les fraises nous évoquent l’urticaire qu’elles provoquent chez Mamie, lequel urticaire nous ramène à l’allergie, puis au voisin.

D’un côté, je me réjouis donc des progrès de mon rejeton en expression, mais de l’autre je sais qu’un langage partagé est également source d’incompréhension. J’espère réussir à toujours garder à l’esprit que, si ce que mon fils me dit me semble ridicule/aberrant, c’est probablement parce qu’il me manque des éléments de son contexte, et qu’il faut que j’aille les chercher.

 

 

 

* Attendu que Dame Nature m’a livré un Zozio en parfaite santé, sans quoi l’importance de tout ça deviendrait toute relative.

Pieux mensonges

14 Juin

Billet extra-court juste pour faire de la pub au blog Mange ta soupe !, qui recueille les petits (ou gros) mensonges que l’on raconte à nos enfants pour se faciliter la vie. Le site semble être en sommeil depuis un moment, je ne sais pas si c’est fautes de lecteurs envoyant des anecdotes ou faute de temps des admins pour faire la mise en ligne, mais il y a déjà de quoi égayer quelques minutes.

Bonne lecture !