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Lecture : J’ai tout essayé !

23 Mar

J’en entends parler depuis des mois et des mois ; quasiment dans chaque discussion sur l’éducation non violente, je croisais le nom d’Isabelle Filliozat. Comme ces derniers temps, l’ENV s’estompait pour laisser la place aux cris et aux larmes, j’ai franchi les portes de la FN*C locale, et j’en suis ressortie avec deux livres de cette auteure :

J’ai tout essayé !

Ce livre illustré par Anouk Dubois présente des tas de situations quotidiennes, les réactions habituelles des adultes, explique ce que ces réactions entraînent dans le cerveau de l’enfant, et propose des alternatives. Acheté lundi midi, fini de lire mardi midi. Avec une interrogation : « mais bord*l pourquoi je ne l’ai pas lu plus tôt ??? ». Alors bien sûr, ce livre ne vous transforme pas instantanément en wonder-parent. Mais ça fait du bien d’avoir un regard différent de l’éducation « à l’ancienne » sur l’enfance. Je n’ai jamais cru qu’un bébé de 6 mois soit capable de faire un caprice ; avoir des explications sur ce qui se passe dans son cerveau dans telle situation me confirme ce qui me semble tellement intuitif  – mais ne l’est pourtant pas pour la génération de nos parents notamment ! Apprendre à se détacher des commentaires de l’entourage « tu devrais ceci / tu vas en faire un tyran / tu ne devrais pas cela…. ». L’auteure nous engage à ne pas écouter de conseils, mais à écouter notre enfant, et nous écouter nous-mêmes.

 

Au cœur des émotions de l’enfant

Non-illustré celui-ci c’est pour ça que je ne l’ai pas encore fini, mais plus détaillé dans la compréhension de l’enfant, son mode de fonctionnement. Il nous appelle également à guérir de notre propre enfance ; si pour ma part je ne traîne pas de grosse valise de ce côté-là, il y a tout de même certaines choses qui font écho en moi. Ce livre illustre aussi combien l’enfer peut être pavé de bonnes intentions, par exemple quand on veut consoler « trop vite » un enfant, avec un « ce n’est pas grave » ou un « mais non, il n’y a pas de raison d’avoir peur ! » : on veut que l’enfant retrouve le sourire, parce que ses larmes nous touchent (ou que ses cris nous énervent, aussi hein, ne nous mentons pas), mais au lieu de le rassurer, on lui envoie le message que ses émotions n’ont pas lieu d’être, qu’elles n’ont pas d’importance, voire nous dérangent. L’enfant enfouit ses émotions… jusqu’au moment où elles explosent (on peut les traîner comme ça jusqu’à l’âge adulte !).

Dans la semaine, j’ai constaté à trois reprises que j’arrivais à diminuer la durée d’une « crise » de Zozio, voire à éviter d’arriver à l’état de crise, en essayant la démarche empathique de l’auteure. Ça ne résout pas tout (une fois que je l’ai poussé à verbaliser qu’il est déçu de ne pas pouvoir rester plus longtemps dans le jardin, ben je veux toujours le faire rentrer à la maison, et il veut toujours rester dehors… et je manque de patience pour l’amener à considérer d’un meilleur œil le retour au chaud), mais je me dis qu’avec un peu de pratique, j’arriverai à instaurer une communication plus apaisée, et à être une meilleure mère.

La fessée

3 Mar

On en reparle ces jours-ci, suite à une info selon laquelle le Conseil de l’Europe reproche à la France de ne pas interdire les châtiments corporels.

À ce propos, je vous invite à (re)lire cet article de lelfe : il n’y a pas de petite claque (et éventuellement à rechercher d’autres articles sur cette campagne de la Fondation pour l’Enfance).

 

Un article republié sur Slate.fr nous donne un petit schéma pour savoir quand donner ou non une fessée :

ENV le retour

2 Mar

J’en ai déjà un peu parlé, j’essaie de pratiquer l’éducation non violente (ENV) avec mon Zozio. Ces derniers temps, c’est le zéro pointé : je m’énerve, je crie, j’ai très envie de l’assommer… et c’est réciproque.

Je viens de découvrir un article sur la gestion des situations difficiles : comment encaisser les mots blessants d’un enfant et éviter de lui répondre sur le même mode. Alors ça rejoint des trucs que j’ai déjà lus, pas de révolution là-dedans, mais ça me fait du bien de voir certains principes exposés différemment. Je pense qu’il est important de relire régulièrement sur les méthodes/astuces de l’ENV, car même si on a l’impression d’avoir bien enregistré les principes de base, au quotidien on est vite débordé par les situations nouvelles. Par exemple, jusqu’à récemment quand je disais à Zozio « je te laisse dormir, je vais me coucher », il me répondait direct « non, pas dodo ! ». Maintenant, il arrive qu’il me dise « oui oui, je dors »… et qu’il éclate de rire en me voyant quitter la chambre : ça a marché, je l’ai cru, je m’en vais, il va pouvoir se relever (sauf que non je ne l’ai pas cru, je l’ai testé, mais la subtilité lui échappe encore :-p ). Du coup, les émotions que je ressens sont un peu différentes : avant, c’était surtout de la frustration « et meee*deuh, encore raté, quand est-ce que je vais pouvoir aller dormir ? », alors que maintenant c’est plus nettement « il m’emmeeeee*deuh », bref de la rancœur contre lui). Le fait qu’il grandisse et parle de mieux en mieux est assez traître finalement : j’ai envie qu’il tienne compte de mes demandes et explications, et ça m’énerve qu’il ne le fasse pas… parce que je perds de vue qu’il ne comprend pas réellement ce que j’exprime. Il enregistre, il me répète certaines phrases mot pour mot… mais ce n’est pas pour autant qu’il comprend vraiment ce qu’il y a derrière ; et en particulier, même s’il entend mes besoins (« je dois aller dormir »), il ne voit pas pourquoi les faire passer avant les siens (« j’ai besoin que Maman s’occupe de moi »).

Je crois qu’il faut que je me mette à la méditation zen. Quand je maîtriserai la lévitation, l’ENV devrait devenir facile, non ?