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B12

1 Sep

Le passage au végétarisme s’accompagne (chez moi en tout cas ^^) de plein d’interrogations « santé » : comment faire pour rester en bonne santé en supprimant des choses de son alimentation ? Finalement, j’ai vite été rassurée, le simple végétarisme ne présentant aucune difficulté et a priori pas de nécessité de complémentation, et le végétalisme, qui demande une supplémentation en vitamine B12, n’étant pas encore à l’ordre du jour.

Malgré tout, étant en projet grossesse et ayant un mari légèrement flippé par tout ce qui touche à ma santé, je me suis dit qu’une cure de B12 ne ferait pas de mal. J’avais demandé au début de l’été dans ma pharmacie habituelle un complément de B12 : « On n’a pas de B12 seule, par contre je peux vous proposer ça* qui en contient ». Sur le moment, je me suis dit tant pis, je vais faire une cure multi-vitamines. Arrivée à la maison, j’ai consciencieusement mis un comprimé dans chaque case « petit déjeuner » de mon pilulier, et j’ai commencé à regretter : il s’en dégageait une odeur atroce (M. Moineau avait cru que quelque chose était en train de pourrir dans le placard, pour vous donner une idée). Bref à la fin de la semaine, j’ai renoncé à avaler cette horreur.

Récemment, j’ai remarqué que j’avais très souvent des hématomes. Et paf, sur vegeweb, on évoque un lien possible avec un manque de B12. Théoriquement, avec tout le lait et les œufs que j’avale, je ne devrais pas en manquer, mais comme il n’y a pas d’hypervitaminose à la b12, je me dis que ça vaut le coup de faire une cure (« Si ça fait pas de bien, ça fera pas de mal non plus ! »). Nouvelle pharmacie, cette fois je prends soin de préciser que je souhaite de la B12 seule. « Ah je sais pas si on en a… je cherche ». La dame pianote sur son ordi, cherche parmi une longue liste, puis finit par dire « Ah y’a ça, et on doit même en avoir un en stock ! ». Elle se dirige vers le 42ème tiroir, et en extirpe ça :

La notice indique de prendre un comprimé par jour pendant 15 jours en traitement « d’attaque » (carence constatée), un comprimé tous les dix jours le reste du temps. C’est à dire qu’en régime de croisière, la boîte de 24 comprimés dure 8 mois ! Pas de mauvaise surprise à l’ouverture, j’entame donc ma cure sereinement. Par contre quand j’arriverai à la fin de la boîte, j’ai intérêt à demander à l’avance à la pharmacie d’en recommander !

 

*Si je ne vous dis pas quel est le « ça » en question, c’est que je ne suis plus sûre de la marque, du coup je ne veux pas risquer de diffamer le mauvais labo :-p

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Pex ta diplomatie !

25 Avr

Vous l’aurez sûrement remarqué, j’ai plutôt un bon fond. Je n’aime pas blesser les gens, quand un comportement me choque j’essaie le plus souvent de faire l’avocat du diable, de comprendre avant de juger. Il n’empêche que j’ai aussi facilement des pensées désobligeantes qui me viennent à l’esprit.

Le végétarisme est un bon moyen de s’exercer à la diplomatie, notamment en ne disant pas aux personnes qui vous proposent du thon – après que vous ayez mentionné votre alimentation – que le poisson ne pousse pas dans les arbres.

La diplomatie, c’est facile quand on est détendu, plus délicat quand on est stressé/contrarié. Hier, j’ai été mise à l’épreuve, et je m’en suis pas trop mal sortie (les fleurs sont pas chères, profitez, offrez-vous-en !).

L’épreuve : trouver un déjeuner dans un quartier que je ne connais pas, alors que je n’ai quasiment rien mangé le matin – la faute aux placards et frigo vides.

Quittant le bureau, je me dirige vers la station la plus proche pour racheter une carte de transports, ayant épuisé mon stock. J’aperçois une boulangerie un peu plus loin, je m’y rends, pleine d’espoir.

« Bonjour, qu’est-ce que vous avez comme sandwiches ?

– Ah on ne fait pas de sandwiches ; vous désirez peut-être autre chose ? »

Coup d’œil à la vitrine : « quiches » sans précision, je les suppose lorraines, et tartines couvertes de mélange fromage/dés de jambon/autre trucs non identifiables. Je risque quand même :

« Vous avez quelque chose de végétarien ?

– Végétarien ?

– Ni viande, ni poisson, ni fruits de mer. Comme dans « végétarien » quoi.

– Ah non, je n’ai rien qui convienne (air désolé de circonstance).

– Ah, dommage. Tant pis, bonne journée, au revoir ! »

Bon. Aucune idée d’où trouver la boulangerie suivante. Je poursuis mon chemin, aperçois une supérette bizarrement vide (des produits sur tous les murs, mais aucun îlot dans la pièce, pourtant spacieuse). Pas l’ombre d’un sandwich en sous plastique, et l’idée d’un repas exclusivement composé de chips ne me tente guère. Je ressors, reprend mon chemin. Je marche, je marche, j’ai trop chaud, et super faim. Je me retrouve en terrain connu : devant la gare. Pas envie de dépenser 10€ pour mon repas, je délaisse donc la gare elle-même et me dirige vers une boulangerie située pas loin. J’y suis déjà allée une fois, mais c’était avant d’être végétarienne ; je ne sais pas si je trouverai mon bonheur, mais le temps passe et il faut bien tenter.

« Bonjour ! »

Coup d’œil à la vitrine : jambon-beurre, poulet-crudités, etc. On ne sait jamais, elle peut peut-être faire un crudités tout court…

– Vous avez un sandwich végétarien ? Ni viande, ni poisson, ni fruits de mer…

– Ah non, j’ai jambon, poulet, thon…

Est-ce bien la peine de m’énumérer tout ce que je viens de mentionner comme étant exclu de mon alimentation ??? Ah dommage…

– Vous ne mangez pas du tout de viande ?

– Non.

– Oh. (accompagné du regard « est-elle humaine ? » puis très vite : ) Enfin c’est votre choix hein. (tiens, le sens du commerce reprend le dessus ; va falloir travailler la forme quand même, parce que le « hein » de ponctuation est lourd de sens)

– Tout à fait et je n’ai effectivement pas envie d’entendre tout le mal que tu en penses. »

J’aperçois des pizzas à côté, pas franchement enthousiasmantes mais je n’ai vraiment pas envie de tenter une troisième boutique…

« Et vos pizzas, elles sont à la viande aussi ?

– Ah non, au fromage.

(tiens, elle fait le lien entre viande et fromage ; je ne suis peut-être pas la première extra-terrestre qu’elle croise)

– Ah ben ça va alors, je vais en prendre une. »

J’ai donc finalement réussi à m’alimenter, même si la pizza tomate-fromage était un peu légère.

Je reste un peu étonnée par ce réflexe (déjà observé dans d’autres boulangeries/snacks) de m’énumérer les produits disponibles que je viens pourtant clairement d’écarter. Je sais bien que le commerçant, une fois que je suis dans sa boutique, souhaite que j’en ressorte avec quelques euros en moins, mais ce n’est quand même pas tout à fait pareil de proposer une tarte à la fraise parce qu’il n’y a plus de tarte à la framboise, que de proposer un jambon beurre parce qu’il n’y a pas de sandwich sans viande… prendre une demi-seconde pour analyser la demande du client, quitte à se la faire préciser, c’est bien aussi.

Ainsi, je suis retournée plusieurs fois dans une boulangerie juste parce qu’à ma première visite, quand j’avais demandé un sandwich végétarien, la patronne avait tout de suite su me proposer une quiche aux légumes à la place ; en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, elle avait trouvé le bon substitut au produit que je cherchais et qu’elle n’avait pas (bon et en plus, après ça je savais qu’elle avait toujours une voire deux sortes de quiches convenables, donc au lieu d’explorer de nouveaux horizons, j’avais ici mon joker « repas assuré »).

J’essaie toujours de me retenir de répondre sèchement, parce que je n’aime pas qu’on me parle mal donc je ne dois pas non plus manquer de respect aux gens ; mais parfois, j’ai vraiment envie de suggérer deux secondes de réflexion à mon interlocuteur…

Bilan végétarien

9 Avr

Environ un mois et demi que j’ai franchi le cap, et j’ai envie de faire le point sur les bons côtés et les difficultés liés à ma nouvelle alimentation.

Les mauvais côtés :
  • à la cantine, je passe parfois du temps à scruter la salade composée si appétissante pour savoir si des dés de jambon ou des miettes de thon ne s’y sont pas glissés : sur je crois 8 entrées proposées chaque jour, rarement plus de deux sont exemptes de produits carnés. Heureusement, les recettes reviennent souvent donc pour certaines je sais d’emblée que je peux me servir (mais parfois, qu’elle est jolie celle du saladier voisin… et les miettes de thon ne se voient pas toujours bien). Il y a aussi quelques erreurs du cuistot au stand végé (lardons dans les lentilles), et des plats proposés là parce qu’il n’y avait plus de place ailleurs (j’ai cru que le cake au thon était un poisson d’avril, mais le menu de cette semaine annonce un « risotto pêcheur »)… ou alors, ce n’est pas une légende, il y a vraiment des gens qui croient que le poisson et les crevettes se récoltent dans les champs.
  • à la maison, je ressens toujours de l’envie quand M. Moineau se fait cuire son steak ou son bout de poulet. Et quand j’ouvre le frigo en quête d’un truc à grignoter, le pâté me fait de l’œil. Heureusement, je suis particulièrement obstinée.
  • en restauration extérieure, il faut du temps pour trouver le seul sandwich végé proposé parmi 36 recettes. Au moins, comme je retourne souvent aux mêmes endroits, je ne cherche plus. Quand les sandwichs ne sont pas faits à l’avance, on peut toujours demander le jambon crudités sans jambon, mais souvent il faut se contenter de ce qui est en vitrine.
  • quand je lis des témoignages d’ados qui sont déjà vegan (parfois malgré leur entourage), j’ai honte de ne pas m’y être mise plus tôt.

 

Les bons côtés :
  • manger végé, ça coûte moins cher (en tout cas à la cantine, je gagne au moins un euro chaque jour, et encore, je m’autorise plus d’extras – deux desserts – alors que sinon le prix du plateau me ferait me contenter d’un plat et un dessert).
  • comme je fais des économies en ne mangeant plus de viande, je réinvestis celles-ci dans le bio.
  • on peut jouer au bingo du végé : mes collègues m’ont déjà permis de cocher quelques cases (un jour, je leur avouerai… peut-être), mon homme fait beaucoup d’efforts pour compléter.
  • j’ai gagné en cohérence avec moi-même : avant, j’aurais mangé sans sourciller du cheval ou de l’éléphant, mais si on m’avait proposé du chien ou du chat, je n’aurais pas voulu y toucher. Or un veau ou mouton sont tout aussi mignons qu’un chat, si je ne mange pas l’un, il n’y a pas de raison que je touche aux autres.
  • j’ai gagné en estime de moi-même : parfois, en prenant une salade composée que j’aurais tout aussi bien pu manger avant d’être végé, je réalise qu’aujourd’hui, je fais ce choix pour épargner des vies, et ça efface mon hésitation face au riz-thon-pêche qui m’a fait de l’œil ; sur le plan gustatif, les tomates-concombres-poivrons sont tout aussi satisfaisants, et ils ont même un petit goût de bonne action qui fait que je les savoure un peu plus. Alors certes, il faudra un jour que je m’attaque aussi aux produits laitiers, mais je suis déjà fière d’avoir franchi une première étape.
  • j’ai l’admiration de mon mari. Parce que oui, il se moque de moi sans arrêt, mais en vrai il aurait voulu faire fi du regard des autres et devenir végé il y a déjà longtemps ; du coup, il y a des chances qu’il me rejoigne dans quelques mois.
  • j’ai appris à me méfier des avis censés être scientifiques sur l’alimentation, et du coup aussi à avoir un regard plus critique sur tout ce que je lis, quel que soit le sujet.

 

Conclusion :
  • je suis ravie d’être devenue végétarienne
  • je regrette juste d’avoir mis 30 ans à le faire !
  • contrairement à ce que j’ai pu lire plusieurs fois, je ne dirais pas qu’il est facile dans l’absolu de devenir végétarien, mais que ça dépend énormément du milieu dans lequel on évolue.