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Raaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ma belle-mère !!!

28 Juil

Vendredi, belle-Maman est passée à la maison, et elle a répété à M. Moineau des propos échangés avec son véto à propos de notre chat…
Je ressitue : Peluche a déclaré un diabète il y a deux mois, ce n’est toujours pas équilibré, l’espoir d’une rémission diminue de jour en jour. Nous venons de déménager donc nouveau véto, mais l’ancien est juste à côté de chez elle, et elle y a amené sa chatte dans la semaine (qui a une légère hyperglycémie mais pas besoin d’insuline). Bref elle commence à comparer avec notre chat (en mode « vous savez, c’est vous qui l’avez soigné… »), et la véto lui dit que les deux cas n’ont rien à voir, que pour notre chat c’est plus grave, et qu’il a probablement autre chose qu’on n’a pas identifié.

Ce qu’elle répète à M. Moineau : « Elle a dit qu’ils avaient pas d’espoir pour Peluche, que d’ailleurs ils pensaient qu’il avait autre chose, mais qu’il va sûrement pas vivre longtemps. »
Résultat : j’ai récupéré un mari furax, persuadé que notre chat ne passera pas la semaine, qui a passé la soirée à déblatérer sur « ces connards de véto qui font des soins juste pour prendre de la thune alors que la chat est foutu » (etc etc, je ne vais tout redire), et qui m’incendie quand je tente d’expliquer que c’est de médecine qu’il s’agit, pas d’une science exacte, et que même si aujourd’hui ils le croient foutu, ce n’était peut-être pas le cas avant le bilan d’il y a dix jours, ce qui expliquerait qu’ils ne me l’aient pas dit comme ça.
Bref, soirée de merde, la pire depuis des années (pas réussi à me souvenir d’un moment aussi horrible depuis qu’il n’est plus sous lexomyl, ça fait bien 4 ans).

Hier elle venait avec son ami passer l’après-midi chez nous, on a réabordé la question… et le récit diffère légèrement :
« Elle a dit « Ah oui bien sûr on se souvient de Peluche, le pauvre, il a un fort diabète déjà à son âge, il ne vivra sûrement pas vieux ; il y a probablement une autre pathologie associée ». Il n’a qu’un an et demi à peine, son espérance de vie tourne plutôt à dix ans qu’à vingt si son diabète ne guérit pas… ce n’est pas la même chose que nous annoncer sa mort prochaine !!!
Après la véto est en faute sur le fait d’avoir parlé à ma belle-mère de NOTRE chat, surtout que sauf si j’ai zappé un truc, elle ne parlait pas encore lors de la dernière consultation de rechercher d’autres causes à son état. Peut-être que dans sa tête c’était la prochaine étape et qu’elle a cru me l’avoir dit plus clairement, mais en plus je lui avais annoncé qu’avec notre déménagement on allait changer de cabinet…
Mais surtout j’en veux à ma belle-mère d’avoir répété ça à mon mari alors qu’elle est théoriquement bien placée pour savoir dans quel état ça peut le mettre (il l’a souvent engueulée pour bien moins que ça…). Et hier elle allait remettre ça sur le tapis, que les deux vétos hommes sont bien mais la fille je l’aime pas, pis en plus ils sont plus chers que l’autre véto que j’avais avant, je vous ai apporté les factures….   J’ai fait un bond en entendant ça, heureusement M. Moineau était parti mettre Zozio au lit, j’ai eu le temps de placer que je ne voulais surtout jamais voir ces factures, et que j’aimerais qu’elle s’abstienne de reparler de ces vétos… elle n’a pas compris pourquoi. Je ne comprendrai jamais comment on peut aussi mal connaître son fils de 44 ans (bon on en reparlera dans 42 ans peut-être…).

 

On a quand même passé une bonne après-midi, mais je n’ai pas hâte qu’elle revienne à la maison (ça se voit là que je lui en veux ?).

Et en parlant de véto sympa…

12 Juin

Quand j’avais une dizaine d’années, mon Papa travaillait dans un service vétérinaire. Je ne sais plus exactement comment a commencé mon stage là-bas. Je suppose que la première fois que j’y suis venue, c’était en attendant l’heure d’aller chez le kiné ou bien le tortionnaire dentiste (juste en face), puis comme je m’y suis plu, mon père m’a emmenée tous les mercredis ; au moins l’après-midi, parfois la journée entière. Alors que ma sœur, qui allait chez le kiné toutes les semaines sans exception, prenait le bus le plus souvent. Bref, j’avais l’impression d’avoir mon Papa rien que pour moi, même s’il travaillait, et je déambulais librement dans les locaux.

Le mercredi, c’était chirurgie le matin, consultations l’après-midi.

…mais je parlerai d’abord des consultations, pour pas faire simple :-p

Il faut avouer que le défilé de patients était sensiblement toujours le même  : chiens et chats défilant pour leurs rappels de vaccins ou de petits bobos, la programmation de leur stérilisation, le retrait de l’encombrante collerette post-opératoire… Je connaissais par cœur le délai entre la primo-injection et le rappel des vaccins, au point que le jour où le véto, pour plaisanter, a dit à une de ses clientes « quoi ? mon assistant [mon père] vous a dit de revenir dans un mois ? mais non ce n’est pas la peine, ralala je suis pas aidé », je l’ai regardé avec de grands yeux, en me demandant « qu’est-ce qu’il lui prend ??? » ; il a laissé la dame (qu’il connaissait bien) quelques secondes à son étonnement, puis a dit en riant « mais non je plaisante, c’est tout à fait ça, il va vous redonner un rendez-vous ».

Je n’ai mémorisé qu’assez peu de consultations précises : je me rappelle avoir croisé un briard sortant de la salle avec une collerette, dont j’apprendrai plus tard que c’était celui de Claire. Et puis je me rappelle d’un chat noir, et des larmes de son humaine. Je ne me souviens plus ce dont il souffrait, mais l’heure était venue pour elle de faire ce terrible choix : endormir son compagnon de 19 ans pour ne plus qu’il souffre. Je la revois, caresser son chat tandis que les larmes roulaient sur ses joues ; les mots du vétérinaire ne pouvaient guère adoucir ce moment. Elle a continué à caresser son chat après même que l’injection ait fait effet, puis il a bien fallu partir. J’ai pleuré aussi. 20 ans après, les larmes me viennent encore en revoyant ces adieux.

Un autre souvenir de consultation, plus heureux : en fin de consultation, une cliente demande combien elle doit régler : rien, les consultations sont offertes aux civils. Elle s’étonne, insiste, lui persiste dans son refus. Elle n’a pas vu sur le bureau la petite « boîte à pourboires » partagée entre les deux vétos. Alors qu’il la précède d’un cours instant dans le couloir, je prends mon courage à deux mains et attire l’attention de la dame sur la fameuse boîte. Elle me dit merci avec un clin d’œil complice, et glisse son billet à l’intérieur.

 

Les chirurgies, même si j’y ai assisté moins souvent, m’ont laissé des souvenirs plus marquants.

J’étais petite et avais du mal à distinguer ce qui se passait sur la table (rester des heures sur la pointe des pieds, c’est pas confortable !), mais j’adorais ces moments. Et le vétérinaire, appréciant ma curiosité, m’expliquait tout ce qu’il faisait. J’ai ainsi vu nombre de stérilisations, et parfois participé à l’événement.

Mon véto préféré était parfois d’une distraction incroyable. Il pouvait ainsi se rappeler au milieu de la matinée que sa chienne était dans sa voiture… mon père attrapait alors les clés du véhicule et allait libérer l’animal, pendant que la chirurgie se poursuivait.

Il est aussi arrivé qu’au moment de recoudre, le kit de suture soit absent du plateau d’instruments ; ma toute première participation a été d’ouvrir le tiroir pour prendre un sachet de suture, et de l’ouvrir avec précaution de manière à ce que son contenu tombe sur le plateau stérile, sans que j’y touche moi-même.

Une autre de mes participations a donné quelques sueurs froides au véto. Mon père avait dû s’absenter, or il aurait dû tenir les écarteurs pendant le travail (une simple stérilisation de mémoire – chienne, chatte ?). Qu’à cela ne tienne, on déniche la paire de gants la plus petite possible (seulement deux fois trop grande pour moi), et après m’être soigneusement lavé les mains, je les enfile. Je vous le dis : enfiler des gants stériles, ce n’est pas évident, mais les garder stériles ensuite, c’est carrément galère ! Je passe sur les premières explications qui m’ont permis de triompher de l’étape « enfiler les gants », pour passer à l’obstacle suivant : j’ai dix ou onze ans, je suis plutôt petite pour mon âge, je dois tenir les écarteurs sans que mes bras ne touchent la table d’opération… vous visualisez ? Le véto opère tout en surveillant que je ne faiblisse pas, un œil dans la plaie et un œil sur mes manches. L’opération est entrecoupée de tout un tas de « tention ! » « bouge plus ! » « remonte ! ». Je terminerai avec tous les muscles des bras crispés, mais l’immense fierté d’avoir aidé « pour de vrai » mon véto. Bizarrement, il ne reconduira pas cette expérience ^^.

Une autre fois, alors que le caniche de la meilleure amie de ma sœur dit adieu à ses attributs mâles, le véto me tend le bistouri pour le coup final ! Le premier testicule a déjà été ôté, le second est sorti et n’est plus retenu que par un « fil » : « bah tiens, depuis le temps que tu me vois faire… bon tu vois, tu coupes là, d’un coup sec : c’est important car s’il n’était pas bien anesthésié, un cisaillement pourrait provoquer un influx nerveux mortel ; enfin là ça craint rien vu qu’il est très profondément endormi ». Je le regarde, un peu incrédule, regarde mon père, puis me saisis du scalpel ; positionne la lame près de la base, inspire à fond, puis tranche. Je sens une légère résistance mais ça y est, c’est coupé. Une petite goutte de sang s’est envolée vers mon père, ratant de peu son uniforme (l’avait qu’à mettre sa blouse aussi :-p ). Ma sœur pourra plus tard annoncer à sa copine que c’est moi qui ai castré son chien (exagération ? bof, à peine).

Quelques chirurgies ont eu des fins malheureuses. Je me rappelle un boxer ayant une tumeur de la taille d’un citron à la gorge. Le véto avait fait appel à un anesthésiste de l’hôpital pour effectuer une anesthésie gazeuse. Si ma mémoire est bonne, c’est parce que ça offre un meilleur sommeil pour des opérations longues, l’effet du produit étant géré au fil de l’eau. La mise en place est délicate, il faut intuber l’animal, vérifier qu’on est dans le bon tuyau… l’anesthésiste avoue avoir le trac. L’opération démarre, je suis un peu plus loin que d’habitude car il y a du monde et je ne dois pas gêner les déplacements. L’ablation de la tumeur progresse, mais tout à coup tout s’affole : on passe en mode « urgences », l’animal faiblit, faiblit. Je me retire dans la salle de pause voisine ; peur de gêner dans une situation où, je le sens confusément, chaque seconde compte, et sentiment terrible d’impuissance. Je fais les cent pas, m’assois, me relève, prie n’importe quelle divinité qui aurait une oreille dans le coin de sauver ce chien, de ne pas rendre vains tous ces efforts qui ont été déployés. Je n’ai apparemment pas parlé assez fort dans la bonne oreille, car l’animal décède. Au milieu de la consternation générale, je me sens bien moins à ma place que d’ordinaire.

L’anesthésiste participera à une autre opération malheureuse, au point qu’il dira au véto qu’il semble lui porter la poisse (mais je crois qu’un troisième essai le démentira). Je ne sais plus s’il était présent pour l’opération d’une hernie diaphragmatique sur un chat. Probablement suite à un choc, le diaphragme du malheureux s’était rompu, laissant échapper les viscères vers la cage thoracique : il ne lui restait qu’environ 2/3 de poumon pour respirer. L’opération consistait à ramener les viscères à leur place, refermer le diaphragme. Alors que la couture avançait bien, le chat a brutalement « plongé ». Le vétérinaire n’a pas pu le ranimer. Il m’avait expliqué ensuite que le corps du chat s’était probablement déjà plus ou moins habitué à fonctionner avec une capacité pulmonaire réduite, et que la libération de la cage thoracique avait provoqué un changement de pression qu’il n’avait pu supporter…

 

Evidemment, j’ai envisagé pendant un certain temps de devenir vétérinaire. Heureusement, je me suis rendu compte à temps que je n’étais pas faite pour les métiers de soins. Mais mon orientation découle tout de même, de façon plus lointaine, de cette expérience formidable.

Bernard, si jamais tu tombes sur ces lignes… merci. MERCI.

Soigner son animal… à quel prix ?

27 Oct

Un excellent article du Dr Fourrure : ici.

Les visites de routine chez le véto coûtent « cher » malgré le tarif « famille nombreuse » (le véto ne nous facture qu’une consultation pour les trois), mais bon c’est deux fois par an…

Mais quand un des trois a un souci particulier, on n’hésite pas à consulter, même si on grimace éventuellement ensuite devant la facture ; parce qu’ils sont des membres de la famille, et qu’il est impensable de refuser des soins au prétexte que « ce ne sont que des chats » et que ça va coûter cher. Nous nous sommes rendus responsables d’eux en les amenant vivre sous notre toit ; nous leur imposons un mode de vie, certes dans le but premier de les protéger des autres humains, mais cela nous donne des devoirs envers eux.

Récemment, un quatrième pensionnaire s’est invité chez nous. Déjà trois visites chez le véto, encore deux à venir pour en finir avec une infection récalcitrante, on en est à pas loin de 200€… pour un chat qu’il va en plus falloir stériliser rapidement.

Pour nous aider à faire face aux dépenses, plusieurs options se posent :

  1. nous inscrire comme famille d’accueil auprès d’une association : le chat reste avec nous en attendant que l’asso trouve un adoptant, mais les frais véto sont pris en charge.
  2. nous l’adoptons via une association, qui prendra en charge la stérilisation et l’identification.
  3. nous l’inscrivons à une mutuelle pour animaux pour obtenir le remboursement des soins courants.

Les plus observateurs auront noté que les options 2 et 3 peuvent se combiner.

La grande question est donc : voulons-nous le placer, voulons-nous le garder ?

Bon honnêtement, comment voulez-vous résister à ça ?

Bon honnêtement, comment voulez-vous résister à ça ?

Alors à la base, nous voulons le placer, mais plus le temps passe, plus nous savons que ce sera difficile… donc autant évaluer tout de suite le moyen de faire face aux dépenses supplémentaires qui seront dues à sa présence parmi nous. En attendant que nous soyons décidés, Junior savoure la vie de pacha.