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I love ma toubib

30 Oct

Hier soir, j’ai donc consulté ma généraliste. On ne se connaît pas très bien, ça ne fait qu’un an que j’habite le village, je vois parfois elle / parfois son associé, plus souvent pour mon fils que pour moi. Mais j’ai un bon feeling avec elle. Ce qui ne m’empêche pas d’appréhender légèrement le moment d’exposer le motif de consultation.

« Je voudrais un deuxième avis sur mes glycémies. » J’avoue, j’ai un peu peur qu’elle me dise « si le diabétologue dit que… c’est lui le spécialiste » ; mais je me dis qu’à défaut d’être parfaitement au point sur le diabète gestationnel, elle suit sûrement quelques patients diabétiques, et aura donc son propre avis.

Elle ouvre mon dossier, lit le courrier de l’hôpital (ah zut, y’a celui d’après la journée diabéto, mais pas le compte-rendu de la dernière consultation), et me demande de décrire de mon point de vue l’histoire depuis le diagnostic de diabète gestationnel. Je reprends les différentes étapes, sors mon carnet de suivi. Elle y jette un œil, commence un commentaire puis… « attendez, je vais venir m’asseoir à côté de vous, ce sera plus simple pour suivre ». Hop, la voilà assise à mes côtés, examinant les valeurs, écoutant mes questions/remarques, (ré)expliquant les mécanismes qui peuvent amener les valeurs qui m’ont semblé incohérentes.

Finalement, elle me propose de changer le protocole donné par l’hôpital : au lieu de faire de l’insuline systématiquement matin et midi, faire une injection en fonction de la glycémie avant le repas. Avec deux seuils et deux quantités à injecter selon que je suis entre les deux ou au-dessus du plus élevé.

La consultation a duré en tout une demi-heure. Deux fois la durée de celle avec la diabéto. Sur cette demi-heure, à part la prise de tension et l’auscultation, tout le temps a été consacré à l’explication.

On a conclu aussi que je pourrai bénéficier du reste de congé « patho » (déjà 3 jours consommés), mais que j’étais encore assez en forme pour ne pas mettre un arrêt classique entre aujourd’hui et dans dix jours.

J’ai quitté son bureau apaisée, légère. Merci Docteur.

 

Noces de bois

28 Août

Il y a peu, c’était notre anniversaire de mariage.  Comme d’habitude, j’avais posé ma journée (pis ça tombait un vendredi, encore mieux), sans rien prévoir de particulier.

Le mardi précédent, alors que je rentre du boulot, Zozio dit à son père qu’il veut « donner la surprise à maman ». Moment de gêne, M. Moineau lui dit que ce n’était pas pour tout de suite, Zozio se met à pleurer en comprenant qu’il a gaffé… du coup M. Moineau lui dit que c’est pas grave, on peut me montrer quand même la surprise. Ils vont chercher un petit paquet que Zozio me tend en disant « Bon anniversaire ». Je mets 3 plombes à comprendre (c’est dans deux mois mon anniversaire…), jusqu’à ce que mon homme me dise « 5 ans c’est les noces de bois, alors on a choisi un objet en bois… mais je voulais faire un truc avec, alors je le reprends et je te le redonnerai quand ce sera fini ».

Le lendemain, je fonce à N*ture&découvertes pour trouver quelque chose moi aussi, honteuse de ne pas y avoir pensé plus tôt.

Le jeudi soir, M. Moineau me demande si j’ai une idée de la surprise qu’il m’a préparée. « Absolument aucune ! ».

Vendredi matin, Zozio se lève à 9h, M. Moineau me dit « reste au lit, je me lève de toute façon j’ai des trucs à faire ». Gnéééééééééé ? Levé à 9h un jour de congé ? Je suis plus qu’étonnée mais bien contente de pouvoir traîner au lit. Mes deux amours descendent donc prendre leur petit-déjeuner. Je me lève trois bons quarts d’heure plus tard, et pendant mon petit-déj, M. Moineau propose à Zozio « Tu viens, on va chercher la surprise de Maman ? – Ouiiiiiiiiiiiii ! ». Je suppose qu’ils vont dans la cabane du jardin chercher un paquet cadeau. Mais en me rendant à la salle de bain, je constate que la porte d’entrée n’est plus verrouillée. o_O Qu’est-ce qu’ils sont partis faire dehors ??? Je les entends revenir un peu plus tard, Zozio causant avec animation.

« Tu es où ?

– dans la salle de bain !

– tu peux venir ?

– j’arrive dans deux minutes, je me coiffe. » (me demande pourquoi il semble si pressé, il sait bien que je ne vais pas rester deux heures dans la salle de bain ?!?).

J’arrive dans le salon et trouve… MA GRANDE SŒUR 😀 Et oui, depuis notre emménagement, elle n’avait pas encore pu venir voir notre chez-nous, et M. Moineau a pensé que c’était une bonne occasion. Du coup, alors que la veille il m’avait dit « on pourrait aller se balader à tel endroit », il nous a laissées y aller entre filles (enfin presque, avec Zozio), et quand on est rentrées, il avait fini de dégager tout le bazar qui encombrait le rez-de-chaussée.

Voilà, le meilleur homme, c’est le mien, je vous autorise à être jalouses :-p

Départ

11 Juin

Avant-hier soir, je vois que j’ai raté un appel de ma mère. Je suis vaguement inquiète mais il est tard, j’écouterai le message après avoir dormi…

Hier matin. 6h30, mon portable repasse du mode « avion » au mode « normal ». Tout en préparant mon petit-déjeuner, j’appuie sur les touches qui conduiront à mon répondeur.

« Marie m’a appelée hier soir, Nanette est morte hier… »

Oh merde. Marie, la meilleure amie de ma grande sœur, depuis la maternelle. Nanette, c’est sa mère. Notre voisine, avant que nous nous installions dans la maison que mes parents ont fait construire.

Quand j’étais au CP, l’institutrice nous avait fait citer tous les termes désignant des membres de la famille. Papa, maman, frère, cousine, mamie… ça fusait de tous les côtés, et moi je me demandais pourquoi personne ne citait nanette. Je pensais que tout le monde avait une Nanette. Je n’ai rien dit parce qu’il aurait fallu expliquer quel était le lien de parenté entre soi-même et une nanette, et je n’en avais aucune idée. Mais il devait bien exister…

Nanette, elle gardait mes sœurs pendant que ma mère me donnait naissance.

Nanette, elle nous gardait quand nos parents voulaient faire les courses sans avoir trois gosses (sages, mais quand même) dans les pattes.

Nanette, tous les mercredis, elle nous accueillait chez elle, et au goûter nous demandait « tu veux du pâté ou du Nut*ll* sur ta tartine ? ».

Nanette, elle était pleine de tendresse.

Nanette, elle a élevé quasiment seule ses quatre filles, vu que son mari était alcoolique. Est toujours d’ailleurs : lui est toujours là.

Nanette est partie en ce début de semaine, emportée par une paire de crabes aux pinces acérées. Elle est partie, mais son sourire est toujours dans nos cœurs.