Une autre étape

Hier, nous étions convoqués au tribunal pour faire établir l’ordonnance de non-conciliation (à propos de procédure, et du divorce en général, je recommande chaudement la lecture de http://www.payetondivorce.fr/). En gros, c’est la première étape du divorce : le juge demande si vraiment on est sûr qu’on veut divorcer, et si oui à quelle sauce (amiable, ou pour faute). Pour accepter de divorcer à l’amiable, il faut être accompagné·e d’un·e avocat·e : parce qu’on ne peut pas changer d’avis ensuite, donc la Justice veut s’assurer que vous ne prenez pas une décision allant contre vos intérêts parce que vous êtes sous emprise, ou que vous n’avez pas tout compris…

M. Moineau n’avait pas d’avocat (mais au moins il a réussi à venir, c’est déjà pas mal).

Du coup, ça a été très rapide : on était convoqués à 9h, à 9h35 je disais au revoir à mon avocate.

C’est quand même un moment un peu difficile, même en étant averti·e des questions qui seront soulevées.

D’abord, comme c’est moi qui demande le divorce, c’est moi que la juge a reçue en premier : c’était vraiment express, « bonjour, vous avez déposé une requête de demande en divorce, vous maintenez ?

– oui (on sait jamais je suppose, j’aurais pu réaliser au bout de deux mois que ça me manquait de pas me faire traiter de sous-merde tous les jours ? bon, c’est la procédure)

– d’accord, et bien maintenant je vais recevoir votre mari, et lui expliquer la procédure puisqu’il n’a pas d’avocat ». Ah oui elle a vérifié mon adresse aussi.

Hop, je ressors, je retrouve mon avocate, nous sommes rappelées deux ou trois  minutes plus tard.

C’est là que ça devient un peu plus éprouvant. Mon avocate rappelle les éléments clés de notre dossier (date du mariage, âge des enfants, revenus de chacun, prêts en cours…). Sur une feuille, la juge a préparé deux colonnes : à gauche elle note au fur et à mesure nos demandes. Elle fait la traduction français juridique -> français courant pour M. Moineau, et lui demande ensuite sur chaque point s’il est d’accord (bon il a dit oui à tout). Quand on évoque les visites des enfants, elle insiste sur le fait que s’il n’est pas en état de les recevoir (s’il est bourré quoi), je ne dois pas les lui laisser bien sûr, mais je dois le faire constater (ô joie d’imaginer appeler la gendarmerie pour qu’ils viennent le faire souffler dans le ballon) ; en même temps, elle lui dit « Bon mais évidemment, si vous êtes ivre vous n’allez pas porter plainte contre Madame pour non-présentation des enfants ». Elle a beau dire les choses avec beaucoup de douceur dans la voix, ça fait drôle d’entendre décrire la situation de façon aussi crue.

Et puis, à propos de mes revenus, « Excusez-moi, mais je dois vous poser la question : vous vivez seule ? » « Ben oui, enfin avec mes enfants quoi… » « Vous n’avez pas de conjoint ? » « Ben non… » Ça fait juste deux mois que je suis partie de la maison… bon je suppose qu’elle doit voir des gens qui se sont barrés avec quelqu’un, mais c’est quand même assez surréaliste de répondre à cette question alors que je suis dans l’optique que si jamais un jour j’ai un autre homme dans la vie, chacun gardera son chez-soi.

Elle encourage vivement M. Moineau à prendre un·e avocat·e pour ne pas faire traîner la procédure (minimum deux ans sinon), puis nous annonce que l’ordonnance de non-conciliation sera rendue d’ici environ un mois. Et voilà, c’est fini (pour aujourd’hui).

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