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J’ai dû mal entendre.

29 Mai

Il y a quelques temps, Véro m’a appelée pour me demander de l’argent. 300€, parce qu’elle avait dû faire venir un plombier, pis elle devait de l’argent à son chirurgien, et je-ne-sais-plus-quoi-d’autre. Je lui ai dit que j’étais actuellement à mi-temps, ce qui entame sérieusement toutes mes économies, et que donc ce n’était pas possible. Elle a enchaîné en me demandant si je pourrais quand même participer au cadeau d’anniversaire de son mari – un bouquet de fleurs. Imaginant envoyer 10€, je lui dis que ça devrait être possible.

Ce week-end, elle m’a rappelée pour me demander confirmation. Alors que le matin-même j’avais acheté un bouquin pour l’anniversaire de M. Moineau (alors qu’il aurait nettement plus besoin d’un nouvel ordi), je lui répète que je suis vraiment juste, mais que dans la semaine je vérifierai mes comptes et lui ferai un virement selon mes possibilités.

« Oui oui oh c’est pas grave, même si c’est que cent z’euros… »

WHAAAAAAT ???

À ce moment-là, clairement, mon cerveau a buggué.

J’ai forcément mal entendu.

Elle a dû dire 5 ou 10.

Sauf qu’il me semble impossible de faire une liaison erronée en « z » avec « cinq », et que je ne vois pas comment mes oreilles auraient pu détourner le « i » de « dix » en un son « en ». Donc… elle croit vraiment que je compte envoyer 100€ ou plus pour l’anniv de son mec (que je peux pas encadrer soit dit en passant mais bon), pour qu’elle lui achète « un bouquet de fleurs » ??? Purée, je veux une photo du bouquet…

Sachant qu’elle m’a dit que mes parents et son parrain « participaient » au cadeau… et que pour la Fête des Mères j’ai acheté une orchidée moins de 30€ pour ma mère (pot et cache-pot compris)… oui voilà, la conclusion est : elle nous prend tous pour des cons.

Déjà la première fois qu’elle m’avait parlé d’un bouquet, je trouvais ça un peu nul comme cadeau (mais bon peut-être qu’il adore les fleurs et que je le sais pas), et je voyais pas trop pourquoi elle avait besoin que toute la famille l’aide à financer le truc… mais là…

Bref, me voici devant trois – non, quatre options :

  1. lui faire un virement de 5 ou 10€ avec un « désolée, je peux vraiment pas faire mieux » (à la fois vrai et hypocrite dans le sens où je ne veux pas faire « mieux »)
  2. lui envoyer un message « désolée je viens de mater mes comptes c’est plus grave que je pensais, je peux rien t’envoyer du tout »
  3. donner 5 ou 10€ à ma mère et dire qu’on s’est groupées pour la participation (idée soufflée par mon homme, qui sait être carrément faux-jeton diplomate parfois)
  4. lui dire que je veux bien qu’elle me prenne pour une conne mais que là, vraiment, ça se voit trop (je ne pense pas être capable de faire ça, sans pouvoir toutefois trouver de bonne raison de ne pas le faire)
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Vieillir… et l’anticiper

19 Mar

Récemment, l’oncle de M. Moineau, 80 printemps depuis déjà deux ou trois ans, a dû être hospitalisé, et son retour à domicile est inenvisageable. Depuis, c’est le branle-bas de combat pour lui trouver une place dans une structure adaptée : il n’était inscrit nulle part en attente. L’occasion pour M. Moineau de me redire « tu devrais convaincre tes parents de venir nous rejoindre, ils ne rajeunissent pas ; si dans quelques années tu fais des aller-retours tous les quatre matins pour aller les dépanner, je vais vraiment pas aimer ». Sachant qu’une de mes sœurs est à 15km d’eux mais pas fichue de s’occuper d’elle-même, et l’autre deux fois plus loin que moi à une queue de vache près, effectivement s’ils restent dans leur village le scénario qui se dessine c’est que je fasse le trajet quand ils auront besoin. Or, je n’aime pas prendre la route, encore moins avec mon Zozio. Pis ce serait tellement chouette pour ce dernier d’avoir ses grands-parents à quelques (dizaines de) minutes à pied, plutôt qu’à 2h30-3h de route…

J’ai du mal à imaginer mes parents quitter la maison qu’ils ont fait construire il y a 30 ans, où ils ont accumulé des souvenirs… notamment parce que ça implique de se séparer de plein d’objets qui n’auraient pas leur place dans un déménagement (surtout que le logement d’arrivée serait probablement plus petit que leur maison). Mais tout de même, s’ils pouvaient venir par ici… d’ailleurs, on l’avait déjà (trèèèèès) vaguement évoqué avec ma mère, et elle avait dit que s’ils devaient vendre, ce serait plutôt pour prendre une location par la suite que pour racheter. Preuve que l’idée de partir l’avait déjà effleurée, car c’est un choix qui se réfléchit.

Alors j’ai regardé les annonces du Bon Coin pour mon village. Et puis tiens, je tombe sur la maison voisine de la nôtre ! Je regarde le descriptif, je sais que ça ne conviendrait pas, mais je leur transfère tout de même l’annonce – par curiosité, pour voir s’ils vont me dire « mais on ne veut pas bouger » ou bien « c’est trop petit / trop cher / pas assez… ».

Et hier, j’ai eu ma Môman au téléphone. Qui a déjà étudié un peu les arguments de M. Moineau. Qui trouve que oui, ce serait mieux d’être près de moi que de Véro. Pis en plus de se mettre juste à côté de Zozio, ça les rapprocherait de leurs autres petits-enfants. Puis maintenant que mon père ne fait quasiment plus rien, un jardin plus petit ce serait mieux. Et tant qu’à faire, pas d’escaliers nulle part, il risquerait de moins graves blessures quand il tombe.

Parce que Papa Moineau tombe. Souvent, sans avoir le temps de se rendre compte de quoi que ce soit. Tous ses gestes sont lents. Le neurologue vient de lui expliquer, en regardant son  IRM, que son cerveau a 15 ans de trop… alors bientôt, il devra probablement arrêter de conduire. Comme ma mère ne conduit déjà plus depuis longtemps, ils vont se retrouver isolés dans un village de 3000 habitants, avec peu de services. À vue de nez, ils ont une espérance de vie d’encore 20 ou 30 ans.

Donc voilà, Maman Moineau semble convaincue que mon village est la meilleure option pour eux (pis y’a une maison de retraite sur place, ils pourraient se mettre sur liste d’attente assez vite). Papa Moineau par contre n’a semble-t-il pas très envie d’affronter la réalité, pas envie de quitter ce nid qu’ils se sont aménagés depuis 30 ans. À sa place, je n’aimerais pas non plus. Mais je cherche quand même des arguments pour le convaincre.

 

Protégé : J’ai beau savoir…

27 Jan

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