Tag Archives: tire-allaitement

Le point laiterie

22 Août

Depuis mon retour au bureau, je tire mon lait tous les jours pour alimenter Tizozio en mon absence. Trois traites par jour au départ, puis deux (en gros, quand on a entamé la diversification, vers 5 mois et demi). Bizarrement, tirer mon lait au bureau me pèse plus que me relever à 3h du matin pour une tétée, alors que c’est peu contraignant : je dispose de mon propre bureau, j’ai juste à fermer la porte, brancher l’appareil, continuer à bosser grâce aux vêtements d’allaitement qui maintiennent les téterelles en place, tout ranger dans la glacière une fois fini.

Je crois que c’est de voir mon bébé engloutir des quantités solides de plus en plus importantes*, qui me font sentir moins nécessaire le tire-lait (certains jours, il n’a tété qu’une fois aux heures où je suis habituellement hors de la maison). Mais voilà, chaleur, poussée dentaire (coucou les deux premières incisives !) ou autre, il s’est remis à demander un peu plus (deux à trois fois), et donc j’oublie l’idée de ranger le tire-lait pour l’instant. Je vise tout de même de rendre l’appareil d’ici son premier anniversaire, pour ne garder que la (les) tétée(s) de nuit qui a dit « maso » ?. Passés 12 mois, plus besoin de lait artificiel pour remplacer le lait maternel (du moins en théorie le lait 1er âge c’est de la naissance à la diversification – environ 6 mois, et le lait 2ème âge de la diversification à 12 mois ; ce sont les seuls laits réglementés, le « lait de croissance » n’est qu’une pompe à fric), donc on évitera de se ruiner à acheter du lait en poudre dont il ne veut pas (parce qu’à ce jour, on a ouvert deux boîtes dans lesquelles il a bu à peine un biberon à chaque fois, et comme ça se périme vite… ça fait quasiment deux boîtes parties pleines à la poubelle).

En tout cas, déjà deux tiers d’année écoulés avec mon Tizozio au sein, les difficultés du début me semblent bien loin ! Bon actuellement il lui arrive de me mordre (aïeuh !), mais dans ce cas je lui retire le sein sans remords : sein ou biberon, quand il a vraiment envie de téter, il tète, il ne joue pas avec !

 

* en ce moment, 4 à 5 pots de 130g ! Par contre, les préparations avec morceaux passent mal, je pense que je vais le laisser s’entraîner encore un moment avec des boudoirs avant d’y revenir.

Sein, biberon, allaitement mixte et tire-allaitement

5 Nov

La plupart des futures mères se posent la question de l’alimentation au sein ou au biberon. Il y a eu la mode du lait en poudre, on revient vers une mode de l’allaitement naturel.

Je ne comprends pas très bien (voire pas du tout) les raisons qui peuvent pousser une femme à choisir le biberon avant même la naissance de son enfant, mais j’admets ce choix ; je choisis pour mes enfants, les autres peuvent bien choisir pour les leurs. Je trouve dommage par contre qu’une jeune mère qui souhaite donner le sein doive y renoncer.

Allaiter est naturel et pourtant ce n’est pas simple ! Des tas de raisons peuvent freiner l’allaitement, mais il y a presque toujours une solution.

Il faut d’abord savoir pourquoi on fait ce choix : pour le côté câlin ? pour le moindre coût ? pour faire profiter son enfant de ses défenses immunitaires ?

J’ai été nourrie au biberon, comme mes sœurs avant moi. Cause : « vous n’avez pas de lait ». J’ai toujours eu dans un coin de ma tête un sentiment d’échec par rapport à ça. Ma mère n’avait pas pu nous allaiter, ça me donnait une sorte d’angoisse indéfinissable. Ma sœur a eu deux beaux bébés qu’elle a allaités jusqu’à environ 2 ans, ce qui m’a un peu rassurée ; elle pouvait, je pourrais probablement aussi. D’autant que depuis que je lis des informations sur l’allaitement, je constate que « vous n’avez pas de lait » est souvent une affirmation vite lancée face à un bébé qui pleure, par des gens qui ne connaissent pas les mécanismes de l’allaitement. J’y reviendrai plus loin, je sens que je me disperse :-p .

Quand mon fils est né, je voulais l’allaiter, à la fois pour le côté médical (il n’y a pas d’anticorps dans le lait industriel), et le côté câlin (j’ai toujours aimé les câlins). Le papa pensait que ça n’avait pas d’importance, oui le côté défense immunitaire, mais lui aussi a grandi au biberon et s’en porte bien, alors si ça me fait plaisir OK mais c’est tout. Mais voilà, mon zozio n’arrivait pas à téter. Pourquoi ? mystère. Le personnel de la maternité nous a fait tester différentes positions et accessoires, en vain. Pendant ses quatre premiers jours de vie, on le réveillait toutes les quatre heures pour le mettre au sein, il a tété une seule fois (dans la position la plus basique et sans accessoire d’ailleurs). Une des puéricultrices m’a alors interrogée sur mes motivations, et m’a proposé le tire-lait. Ça m’a semblé un bon compromis, j’ai donc eu en prêt un tire-lait pour le dernier jour de mon séjour, puis un autre en location une fois rentrée à la maison.
Chez moi, j’ai réessayé quelques fois de mettre zozio au sein, mais sans résultat : soit il avait trop faim et braillait, soit il n’avait pas faim et ne s’y intéressait pas. J’ai donc adopté mon petit « robot de traite » et allaité mon fils via un biberon. Exclusivement pendant trois mois, puis en alternance avec du lait artificiel quand j’ai dû reprendre le travail. J’ai complètement arrêté quand il a eu 5 mois et demi. Je n’ai pas complètement digéré la déception, mais j’ai fait aussi longtemps que j’ai pu ce qui me paraissait le meilleur pour mon enfant.

Voici les avantages et inconvénients que j’ai trouvé au tire-allaitement et au lait artificiel :
Les bons côtés du tire-allaitement :

  • donner le meilleur à son enfant
  • n’avoir jamais les seins engorgés (sinon avec un bébé qui fait vite des nuits de 9h et plus, aïe)
  • pouvoir prendre son petit -déjeuner en même temps que lui (ben oui, c’est papa qui donne le biberon)
  • pouvoir préparer à l’avance le biberon, même pour les sorties (le lait maternel se conserve très bien)

Les inconvénients du tire-allaitement :

  • passer deux fois plus de temps pour nourrir son enfant : 20 minutes pour tirer le lait, 20 minutes (ou plus) pour qu’il le boive (ce désagrément disparaît quand Papa donne le biberon), et deux minutes à nettoyer le matériel à chaque fois
  • difficulté pour maintenir la lactation, surtout lors des pics de croissance (il faut tirer à chaque fois que bébé mange, ça peut revenir très souvent)

Les avantages du lait industriel :

  • vous pouvez confier votre enfant une semaine entière à quelqu’un, il pourra le nourrir ; en allaitement classique ou tire-allaitement, il y a une limite à la quantité de lait maternel que vous pouvez fournir à la nounou
  • il ne faut quasiment pas plus de temps pour faire un biberon de 270mL qu’un biberon de 60mL

Les inconvénients du lait industriel :

  • on ne peut pas le préparer à l’avance (sur la boîte il est écrit qu’une fois reconstitué, le lait doit être consommé dans l’heure, et qu’il ne faut pas le mettre au frigo). Pour les sorties, il faut donc emporter la poudre d’un côté et l’eau de l’autre, et trouver un endroit où on ne risque pas de tout renverser pour reconstituer le lait
  • ses qualités nutritionnelles sont très encadrées mais il n’apporte pas de défense immunitaire
  • c’est cher (et encore, je ne prends pas de lait bio)
  • si votre bébé a des difficultés à digérer (plus que la moyenne des bébés j’entends), vous aurez le plaisir de tester 32 marques avant de trouver que la 33ème semble lui convenir

Pour finir, quelques mots sur le fonctionnement de l’allaitement et les mauvaises raisons de ne pas allaiter / arrêter d’allaiter.
A la fin de la grossesse, les seins produisent du colostrum, que bébé tètera dans les premières heures après sa naissance. Ensuite, l’équilibre hormonal étant modifié par l’accouchement, et les seins stimulés par le bébé, le colostrum sera remplacé par le lait. Le mouvement de succion déclenche au niveau des aréoles une réaction qui stimule la production du lait. Plus bébé tète, plus il y a de lait (la nature est bien faite !). Au fur et à mesure que l’enfant grandit, ses besoins augmentent. La plupart des enfants passent par des « pics » de croissance, pendant lesquels ils vont téter plus souvent ; la mère produira alors plus de lait, et le nombre de tétées diminuera ensuite, mais pour des repas plus importants. Dans ces moments, les mamans mal informées croient ne plus avoir de lait, ou plus assez : c’est faux ! Mais il faut alors savoir fermer ses oreilles à la belle-mère et à la grand-tante qui affirment « pff, tu n’as pas assez de lait, donne-lui donc un biberon au lieu de le laisser crever de faim ! » (ou bien décider de passer au lait industriel si on n’arrive pas physiquement à suivre le rythme – il n’y a pas de honte).

Les mauvaises raisons de ne pas/plus allaiter :

  • les gens qui vous disent que vous n’avez pas assez de lait (mon enfant ne peut pas encore prendre en seulement trois repas les nutriments dont il a besoin pour 24h ; il mange souvent parce que c’est mieux pour lui, et je vous zute*)
  • les gens qui vous disent que votre enfant deviendra capricieux (et je ne le laisse pas hurler pendant un quart d’heure non plus quand il a faim/froid/mal quelque part / n’arrive pas à dormir…  bouh la mauvaise mère qui essaie d’avoir un enfant équilibré)
  • les gens qui vous disent que votre fils deviendra pédé (si l’allaitement rendait les enfants homosexuels, l’espèce humaine se serait éteinte il y a longtemps, crétin*)
  • les gens qui vous disent « mais tu as la grippe ! il va l’attraper ! » (oui, mais si je ne l’allaite pas, il l’attrapera aussi mais n’aura pas mes défenses pour le protéger)
  • les gens qui vous vantent les biberons « anti-coliques » (c’est au sein que les bébés avalent le moins d’air en mangeant et risquent moins les tracas intestinaux)
  • les gens qui vous disent … tout un tas de conneries ; la seule chose qui compte, c’est ce que veulent les parents (comme dit ma cousine, « devenir parent, c’est devenir sourd »)

Les raisons de ne pas/plus allaiter qui me semblent acceptables (chacun voit midi à sa porte) :

  • pas envie. Oh ben y’a d’autres façons de donner de l’amour à un bébé, si vous n’avez pas envie, pas la peine de vous forcer.
  • la fatigue. Oui allaiter donne faim et fatigue, et un tas de raisons peuvent faire que physiquement, on n’en peut plus.
  • une vraie contre-indication médicale (il y en a trèèèèès peu, voir cet article sur le sujet).
  • une allergie ou intolérance de votre zozio à votre aliment préféré. Il est très fréquent qu’un bébé soit intolérant aux protéines de lait de vache ; si ç’avait été le cas du mien, je n’aurais pas eu le courage de faire un régime d’éviction alors que je bois un chocolat chaud chaque matin et parfois un autre le soir, que je mange un yaourt ou une crème dessert à la fin de chaque repas…

édit : je viens de tomber sur cet article sur le tire-allaitement. L’auteure est dans une situation bien plus difficile que la mienne, sortez vos mouchoirs avant d’aller la lire… Elle parle pour rebondir, écoutons-la.

* vous aurez noté les efforts de langage faits par l’auteure. En tant que jeune maman, je me dois de parler un français le plus correct possible, afin d’éviter que les premiers mots de zozio ne soient « put*** » ou « mer** » au lieu de « papa » et « maman ».