Perturbée [TW : grossesse, deuil périnatal]

26 Déc

Le calendrier a parfois de curieux hasards.

Mercredi, c’était l’anniversaire de Tizozio. J’ai à peu près évité de repenser aux jours qui ont précédé sa naissance, et me suis concentrée sur le bonheur qu’il est aujourd’hui, ses sourires, sa joie de vivre (ses colères magistrales aussi, ben oui, « deuzans »).

Jeudi, j’envoyais un mail maladroit à C. pour lui souhaiter, pas vraiment un « joyeux » Noël, 4 mois après la perte de son Alice, mais de bons moments tout de même avec ses aînés. Cela faisait plusieurs jours que j’essayais d’imaginer ce que pourrait être ce Noël entre rire et larmes, et que je tentais de trouver une formulation satisfaisante pour lui exprimer un peu de soutien. Je n’ai pas l’impression d’avoir réussi.

Vendredi, j’apprenais que S. allait bientôt être père. À l’époque où on était un peu plus qu’amis, il ne voulait absolument pas d’enfants, et je n’aurais jamais cru qu’il changerait d’avis. Depuis il m’est arrivé d’imaginer apprendre une telle nouvelle (je voyais ça comme de la science-fiction^^), et je m’imaginais me sentir un peu trahie, entendant résonner les paroles de ma tante « Il dit qu’il veut pas d’enfants parce qu’il n’a pas encore la bonne compagne, mais ça changera ». Finalement, ma réaction a été un mélange abasourdissement et joie : j’ai relu trois fois le message, me suis demandé s’il blaguait et parlait d’adopter un chien, puis une part de mon esprit s’est mise à sautiller en mode « ouaaaaaaaaaaaaais un bébé » – à peu près comme quand ma sœur et mes meilleures amies m’avaient annoncé leurs grossesses respectives au cours des 15 dernières années quoi.

Cette annonce m’a tout de même bizarrement remuée. Parce que comme toute annonce de grossesse, elle a généré un réflexe « quelle expérience partager à une future maman pour faciliter ses débuts ? », et du coup j’ai replongé dans mes souvenirs d’accouchements, d’allaitement (mais j’ai été forte, je n’ai pas tout déballé, parce que bon, je connais pas sa femme, et c’est pas lui qui va accoucher ni allaiter ^^). En même temps, j’ai la satisfaction de ressentir une vraie joie à cette annonce, ce qui signifie que, sans que je m’en sois vraiment rendu compte, notre relation amicale un temps bancale a repris sa bonne place dans ma tête (vous me direz, après presque 10 ans c’est mieux !). Et après, mon côté superstitieux s’est demandé « et s’il lui arrivait un drame ? » ; statistiquement, à moins de travailler dans une maternité, quelle est la probabilité de connaître plusieurs couples confrontés à une grossesse qui se termine mal dans le dernier mois ? En vrai, je sais que le drame de C. n’immunise pas les autres gens que j’aime. Et du coup, une angoisse est née qui ne me lâchera que quand je lirai l’annonce d’une naissance bien déroulée. Je me demande aussi quel prénom portera sa fille : et s’ils avaient choisi Alice ? Cette petite fille finirait-elle par effacer dans ma mémoire l’ange de C. ? Ou au contraire m’y ferait-elle toujours penser ? J’ai failli lui demander si le prénom était déjà choisi, et puis je me suis dit que 1) beaucoup de gens préfèrent garder cette annonce pour après la naissance 2) normalement il me reste à peine trois semaines avant de le découvrir.

 

Parfois, le calendrier a de curieux hasards.

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Salarié·es d’H. Reinier en grève

11 Déc

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Tout vient à point…

6 Nov

Avril 2017, je vais voir un courtier pour faire racheter mon prêt immobilier.

Mai 2017, je rencontre un conseiller de ma future nouvelle banque pour monter le dossier. Je pensais que ça allait être simple : j’ai donné toutes les informations chiffrées, il m’a indiqué le montant des mensualités, je pensais naïvement qu’en quelques semaines ce serait réglé. Que nenni ma pauvre Moineau.

En fait, premier couac : ma mutuelle, qui cautionne mon prêt, m’impose son assureur ; la banque veut bien que je m’assure ailleurs que chez elle, mais elle est un peu déçue, quand même. Bref, je transmets à ma mutuelle la nouvelle offre de prêt, pour obtenir une nouvelle attestation de caution et d’assurance. Au passage, je demande s’il est possible de n’assurer que moi-même, vu que Monsieur n’a pas de revenu : oui, pas de souci (cool on va économiser 10€/mois encore en plus).

Refaire le dossier de caution prend du temps, heureusement encore il n’y a pas à refaire le dossier médical pour l’assurance, et finalement en août la mutuelle me dit que tout est bon. Super, le rachat avait été calculé pour le mois de septembre, on est dans les temps, impeccable. Entre-temps quand même, Nouvelle Banque m’a déjà ouvert un compte et rapatrié toutes les opérations habituelles de mon compte Ancienne Banque (y compris le prélèvement pour le prêt immobilier… paf, Ancienne Banque me facture 60€ pour avoir modifié le compte qui rembourse le prêt).

Fin août donc, j’arrive comme une fleur chez Nouvelle Banque avec les papiers de caution/assurance et dit « donc on est bon là, ça y est ? ». Pas si simple ! Me répond-on : « on va présenter votre dossier au service financier, et si tout va bien on vous envoie l’offre de prêt définitive ». Comment ça « si tout va bien » ??? je croyais que le dossier était bon depuis le début moi… Bon, pas de panique, ce n’est qu’une formalité, une semaine de plus à attendre.

Septembre : « On est d’accord pour le rachat de prêt à condition que Monsieur soit également assuré à 100% en cas de décès. » Pardon ???? Tout en me préparant à gueuler, je rappelle ma mutuelle pour savoir si on peut passer finalement à 100, combien ça coûte… « si vous augmentez la garantie (de 25% initialement à 100%), il faut refaire un dossier médical. » Aaaaaaaaaaargh. Je réponds de m’envoyer quand même le dossier, même si j’espère pouvoir maintenir une assurance à 25% maximum. Rappel à Nouvelle Banque, explication de texte, et finalement « OK pour 25% alors. » Plus besoin de refaire de dossier médical, trois jours plus tard j’ai la nouvelle attestation d’assurance dans ma boîte-aux-lettres.

Mon courtier, qui m’envoie régulièrement un mail pour savoir où ça en est (il ne touchera sa commission qu’une fois l’affaire signée), m’appelle à ce moment-là, car il relance aussi la banque régulièrement, et donc il vient d’apprendre qu’il y avait discorde autour de l’assurance de Monsieur. Je lui explique le tout, y compris que je suis prête à accepter 25% pour en finir plus vite, il me dit qu’il est étonné parce que je lui avais dit dès le départ que je comptais passer à 0% pour Monsieur, c’était dans le dossier donc pourquoi y revenir maintenant ? (très bonne question) il va aller à la pêche aux infos.

Deux jours plus tard : « Bonjour Mme Moineau, M. Courtier à l’appareil, j’ai eu Nouvelle Banque, apparemment c’est le garant qui exige une assurance. »

Alors… Non. Le garant (ou caution) m’a bien précisé par mail que vu les revenus du foyer, je pouvais être la seule assurée. Essayer de faire passer ses exigences sur le dos des autres, c’est moche. Je lui transfère le mail en question.

Novembre 2017, pour mon anniversaire, Nouvelle Banque m’envoie enfin l’offre de prêt.

Bref, les banquiers sont des emmerdeurs, mais à partir du mois prochain je vais quand même économiser environ 75€/mois 🙂