Livraison en 58 heures (jour 3)

19 Jan

Réveil vers 7h30, dommage, l’atarax marchait bien. On m’annonce que le médecin décidera du début des hostilités bientôt, il faut que je prenne ma douche avant. En attendant nouveau TV, au passage on enlève le tampon de propess.

Je vais m’asseoir sous la douche, je me sens épuisée, je n’ai encore pas le droit de manger, j’ai bu de l’eau même si théoriquement je ne devais pas non plus, je n’ai pas assez dormi. Je regarde le flacon de bétadine d’un oeil morne, je laisse l’eau couler, couler, couler… peut-être que si je reste cachée là, personne ne viendra me chercher ? Au bout d’une demi-heure, je me résigne tout de même et sort de la salle de bain dûment bétadinée. Je commence à ranger mes affaires, puisque cette fois je vais quitter cette chambre définitivement. J’échange des textos avec mon homme pour l’informer des horaires, afin qu’il estime quand partir de la maison.

En piste

La SF qui m’installe en salle de naissance se présente, me demande comment je me sens, puis attaque les sujets techniques :

  • « Vous voudrez une péridurale ? – Non. » Elle me regarde : « Mais enfin pourquoi ? Vu votre dossier, c’est fortement recommandé… ». Je lui explique ; les décharges électriques ressenties pendant 5 jours après la naissance de Zozio, et surtout l’angoisse des trois premiers jours que cet effet secondaire dure à vie – jusqu’à ce qu’enfin quelqu’un sache m’expliquer la cause et me rassurer sur le fait que ça allait disparaître « rapidement ». Elle est un peu décontenancée ; me dit que malgré tout, elle me conseille la péridurale, mais admet qu’elle n’a pas mon vécu et me dit que la décision m’appartient, qu’elle m’aidera au mieux de toute façon, et que je peux changer d’avis à tout moment.
  • « Maintenant, on va installer toutes les perfusions… y’en aura sur les deux bras donc vous ne pourrez pas vous déplacer non… mais vous pouvez au moins vous mettre debout à côté du lit entre deux examens ». Ouf. Je ne vais pas rester clouée sur la table toute la journée.
  • « Bien pour lancer les choses, je vais percer la poche des eaux et… – NON ! » Je vois l’impatience monter chez elle en même temps que l’incompréhension. Pour Zozio, j’avais eu l’ocytocine d’emblée et on m’avait dit qu’on ne perçait pas pour éviter que les douleurs deviennent insupportables (finalement ça n’avançait pas donc on y était venu quand même), donc dans ma tête, on ne perce pas cette fois non plus. La SF me dit qu’au contraire, elle ne met pas d’ocytocine au début, et que la rupture de la poche permet un démarrage plus progressif, qui laisse au corps le temps d’adapter la production d’endorphines. Je lui fais répéter pour être sûre d’avoir bien compris, puis lui donne mon accord pour la manip.

Il est environ 11h, M. Moineau est là, le monito rythme les minutes… j’ai trouvé une position confortable : debout, appuyée sur le lit qui est monté au maximum, je me rasseois seulement pour les TV. Les contractions sont toutes les 5 minutes environ, j’ai aussi mal au dos, j’essaie de me concentrer sur ma respiration et de bouger un peu le bassin comme vu en préparation. Je perds la notion du temps, j’ai mal et j’espère que cette fois ce n’est pas pour rien.

Quand j’indique que j’ai envie d’uriner, je m’attends plus ou moins à ce qu’on me cale un bassinet entre les jambes… mais non, je dois m’asseoir, m’incliner vers l’arrière ; je dis que je ne peux pas « mais si avec le bassin c’est comme ça ». Les larmes montent, je ne peux même pas décider dans quelle position pisser… J’ai hyper mal au dos dans cette position, je renonce, d’ailleurs si ça se trouve, je n’ai pas vraiment besoin de faire pipi, c’est peut-être juste la vessie qui est un peu comprimée…

Un peu plus tard, le TV fait voir un col à 3,5. C’est le coup de massue. J’ai hyper mal, y’en a encore pour des heures, je ne vais jamais tenir… je laisse passer encore deux contractions puis demande la péridurale. La SF me dit qu’elle appelle tout de suite l’anesthésiste, que c’est déjà très bien d’avoir « résisté » jusque-là et que je ne dois pas avoir de sentiment d’échec.

Anesthésie

L’anesthésiste arrive et fait sortir M. Moineau. Encore une habitude locale, pour Zozio on ne l’avait pas viré…

Je m’asseois sur le bord de la table, essaie de prendre la position demandée (« relâchez les épaules » euh oui bien sûr mais là voyez-vous j’ai mal, je suis un peu crispée…). Finalement je sens l’aiguille s’enfoncer (je n’avais absolument rien senti pour Zozio), je flippe car j’ai l’impression qu’elle part vachement à gauche, je me dis qu’avec ma chance je vais être à moitié anesthésiée seulement… encore quelques contractions avant que l’effet se fasse sentir, puis le soulagement : je sens toujours les contractions monter, mais sans la douleur. Quand je suis détendue, la SF m’examine à nouveau et m’annonce… 9,5 ! P*tain en fait, j’aurais peut-être pu finir sans… argh. Plus question d’être debout désormais, je m’installe sur le côté quand la position sur le dos devient trop inconfortable. Plutôt, je me fais installer, car j’ai du mal à bouger toute seule (mais c’était déjà le cas avant la péri).

L’arrivée

Au bout d’un moment, la SF me propose de pousser « pour voir ». Il a fallu une échographie pour s’assurer de la position de Tizozio, on sait qu’il est bien placé donc allons-y…

Elle me demande de pousser en bloquant ma respiration et non en soufflant (si mon périnée craque comme la première fois, j’achète une poupée vaudou). Tizozio est encore haut, mais il progresse timidement. La SF s’absente, j’en profite pour pousser en soufflant (namého). Au bout d’un moment, je m’arrête, j’ai l’impression de sentir mon bébé prêt à sortir « Chéri, sonne s’il-te-plaît, faut qu’elle revienne là ». Elle arrive rapidement, je lui dis que je pense Tizozio prêt à sortir « OK on va voir ça ». Je suis réinstallée sur le dos, elle me dit de pousser à la prochaine contraction et… « ohlala ne poussez plus ! ». Il est vraiment prêt à sortir, mais elle n’est pas prête à l’attraper… du coup elle lui fait obstruction, tout en demandant à M. Moineau de sonner « deux fois même ». L’auxiliaire de puériculture arrive et installe tout pour accueillir Tizozio, puis la SF me signale que je peux à nouveau pousser… encore quelques contractions et le voilà. Il est à peine 18h30, cela fait un peu plus de 58h que je me suis présentée aux urgences gynéco.

 

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8 Réponses to “Livraison en 58 heures (jour 3)”

  1. margoublog 19 janvier 2016 à 9 h 39 min #

    Quel dommage que tu n’aies pas été plus écoutée mais tu as fait du bon. Boulot et tizozio est la en pleine forme et c’est le plus important.

    • Moineau 21 janvier 2016 à 16 h 21 min #

      Oui entre la communication foireuse au début sur ce qui allait se passer, et les « on va faire ça » (euh consentement du patient ça vous parle ???), les choses auraient pu être beaucoup plus faciles psychologiquement, mais une fois que c’est terminée, sans être oublié, ça perd beaucoup d’importance.

  2. ptbichon 19 janvier 2016 à 9 h 52 min #

    Il est fort probable que ton col est « lâché » sous l’effet de la péridural. C’est très souvent qu’on voit des cols qui « avancent » doucement et qui s’ouvrent d’un coup avec la péridural (d’une les produits qu’on utilise agissent sur les fibres de l’utérus et de deux un corps qui n’a plus mal relâche ses muscles : l’utérus et son col en sont)
    Les déclenchements sans peri sont très rares. (Ça m’est arrivé qu’une seule fois d’y « arriver »)
    Bref 58h c’est énorme! Les déclenchements font parti de mon quotidien et ça m’est jamais arrivé que ça dure ne serait-ce que 48h…

    • Moineau 19 janvier 2016 à 10 h 00 min #

      Merci pour les explications ! J’ai reçu du spasfon aussi à un moment, la SF m’a dit que ça permettait que le col réagisse mieux au contractions (et là je me suis demandé pourquoi j’en avais pas eu dès le début !!!)

      • ptbichon 19 janvier 2016 à 12 h 29 min #

        C’est difficile à expliquer quand mettre du spasfon ça se « sent ». Parfois au début tu sens que le col est souple et se laisse « faire » par les contractions. Et puis lors d’un autre examen les « sensations » ont changés et tu sens un col plus résistant. A ce moment ça vaut le coup de mettre du spasfon (perso je l’associe même avec du magnésium). Tant que tu n’as pas ce sentiment, le spasfon serait inutile.
        (Je sais pas si c’est très clair ce que je dis…)

  3. Peuvent-ils souffrir ? 20 janvier 2016 à 21 h 54 min #

    Félicitations et bravo pour cet accouchement de combattante ! 🙂
    Bienvenue à Tizozio !

    Rapport au commentaire précédent, j’aurais bien aimé que la péri fasse lâcher mon col à moi aussi, mais au lieu de ça mes contractions ont quasiment stoppé… et puis au final la péri ne faisait même plus effet (alors qu’il restait bien du produit). Bref le gros fail.

    Repose-toi bien en tout cas 🙂

    • Moineau 20 janvier 2016 à 22 h 05 min #

      Pour Zozio la péri n’avait pas non plus eu cet effet-là, j’avais eu encore 10h de travail derrière… là du coup ça a été parfait pour la suite, du coup je ne suis finalement pas trop déçue d’avoir « craqué ».

  4. tittounett 22 janvier 2016 à 20 h 08 min #

    Les médecins savent mieux que nous c’est bien connu … ça m’énerve c’est dingue !
    Bon c’est fini et tout va bien j’espère.
    Félicitations !

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