Livraison en 58 heures (jour 1)

15 Jan

J’ai donc cédé, sans aucune conviction, à l’équipe médicale qui veut me déclencher… je suis certaine que ça n’a rien de nécessaire, mais je sais aussi que si j’attends plus et que quelque chose tourne mal, je passerai le reste de ma vie à me demander « et si je les avais écoutés ? ».

Taxi

Réveil à l’aube, le taxi vient me chercher à 7h00. Ma mère est la seule levée, nous prenons rapidement notre petit-déjeuner, j’ajoute à la dernière minute deux livres de Patricia Briggs dans mon sac… On frappe à la fenêtre de la cuisine, il est temps de partir. Le chauffeur fait un brin de causette, bavard sans être saoulant, et j’apprécie sa conduite, le trajet est donc plutôt calme. À l’arrivée, rien à régler, il me dit que si jamais mon bon de transport est refusé, il sera toujours temps pour lui de revenir me voir. Nous échangeons les voeux de fin d’année et j’entre dans l’hôpital.

Administration et protocoles

L’accueil administratif n’est pas encore ouvert, je monte donc aux urgences gynéco. Une sage-femme m’accueille et commence à remplir quelques documents, puis m’envoie aux toilettes car une analyse d’urine est au programme. Quand je reviens dans la pièce, c’est une autre sage-femme qui y arrive, et avec qui je passerai toute la matinée. Elle est tellement douce que j’en oublie de me montrer désagréable – après tout, ce n’est pas elle qui a décidé de me faire venir… C’est elle par contre qui m’annonce la première mauvaise nouvelle :

« Vous êtes à jeûn ?

– Ben non, j’ai pris mon petit-déjeuner avant de venir…

– Zut, il faut être à jeûn pour la pose du ballonnet.

– On ne me l’avait pas dit… et ça ne m’est pas venu à l’idée non plus, vu que c’est mécanique et pas médicamenteux.

– Ah oui mais c’est une sécurité… bon, vous avez mangé quoi ? je vais prendre l’avis du médecin. »

Elle revient un moment plus tard m’annoncer que le ballonnet ne sera posé qu’à 11h. J’ai envie de hurler.

En attendant, un monito… la matinée s’écoule, j’alterne musique et lecture. 11 heures arrivent, je me dis que ça va enfin commencer, mais le temps de réunir la SF, l’interne et la senior, il est midi. J’ai déjà fini la préquelle d’Alpha et omega et attaqué le tome 1. L’interne me demande si je suis prête ; c’est gentil de sa part, mais maintenant que je suis là, à quoi bon tergiverser ? Pendant qu’elle pose le ballonnet, la sage-femme pose sa main sur mon bras. Elle se méprend peut-être sur la cause de mon mal-être, peu importe, son humanité me soulage de façon indicible. Cathy, si vous tombez sur ces lignes : vous êtes merveilleuse, ne changez rien. L’opération est vite terminée et parfaitement indolore (à part que la position gynéco est une torture pour mes os mais elles ont fait aussi vite que possible pour que je puisse me rasseoir). Après ça… un petit monito, « et si tout va bien vous pourrez manger ensuite ». Je fulmine. J’ai poireauté 4h parce que j’avais mangé, pour finalement déjeuner dès que c’est fini (enfin, au bout de deux heures). Argh.

14h environ, on m’apporte un plateau « C’est de la blanquette de veau, ça ira ? – ben je suis végétarienne mais tant pis, je mangerai le riz et puis le yaourt, ça ira. » On me présente des excuses, mais de toute façon je ne m’attendais pas à un repas végé et j’ai quand même de quoi manger, je ne leur en veux pas. Je me dis que c’est quand même bizarre de donner à manger des morceaux de bébé à une femme sur le point d’accoucher ; en même temps, je me rends bien compte que pour mon premier accouchement, ça ne m’aurait pas du tout choquée.

Service « grossesses à risques »

Après le repas, on me transfère dans une chambre – OK, rien n’est donc censé se passer dans les heures à venir (le repas était déjà un indice). C’est reparti pour des heures d’attente. J’appelle mon homme, maintenant que je suis installée il va pouvoir venir me voir. En attendant, monito de temps en temps, montrant très peu de contractions, que je ne sens pas ; ambiance morose. En fin d’après-midi, on me dit que j’ai le droit de dîner mais qu’ensuite je serai à jeûn à partir de minuit (ben en fait, à partir de 20h hein, parce que le dîner n’est pas débarrassé plus tard que ça). Un dernier monito ne montre toujours aucune contraction, alors qu’entre le précédent et celui-là j’avais cru ressentir quelque chose… quand la sage-femme vient l’arrêter, je m’effondre en larmes. Elle me demande ce qui se passe ; ben il se passe qu’il ne se passe rien en fait, je suis là depuis plus de 12h pour rien, sans mon mari, sans mon fils, contre ma volonté. « On ne peut pas dire que ça ne fonctionne pas, même si on ne voit pas de contractions au monito, de toute façon c’est juste pour faire maturer le col, donc faut pas vous en faire ». Mouais. Peut-être. M’en fous, je voudrais rentrer chez moi (et accessoirement, avaler un ou deux kg de chocolat).

Au lieu de chocolat, une soignante viendra programmer les repas pour mon séjour ; elle me donne le détail des menus et m’indique les substituts possibles pour chaque plat. Enfin quelque chose qui fait vraiment plaisir : au moins quand j’aurai le droit de manger, j’aurai des repas consistants (alors que dans d’autres maternités, on sert du poisson dans le menu végé, n’est-ce pas la Reine ?).

« Et puis demain si le travail ne démarre toujours pas, on passera au propess pour accélérer les choses ». Je me dis que le lendemain matin, je tirerai sur le tuyau du ballonnet pour le faire sortir pour que le tampon d’hormones soit posé plus tôt tellement l’attente me gave. Finalement pas besoin : vers 21h, le ballonnet tombe de lui-même dans les toilettes. J’en pleure presque de soulagement : c’est plus gros que je l’imaginais, s’il a pu tomber c’est que le col s’est quand même un peu ouvert. Je suis quand même loin d’être zen, car on m’a apporté des serviettes de toilette et un flacon de bétadine avec consigne de faire une douche ce soir et une autre le lendemain matin.

/!\ Douche de bétadine + à jeûn = chirurgie /!\

Je commence donc naturellement à imaginer que l’équipe médicale envisage de me césariser le lendemain matin… bizarrement, j’ai du mal à m’endormir (et pourtant, je ne sais pas trop pourquoi, je décline l’offre de médicaments pour dormir qui m’est faite dans la soirée).

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4 Réponses to “Livraison en 58 heures (jour 1)”

  1. tittounett 16 janvier 2016 à 10 h 17 min #

    Oh la la le titre de ton article n’augure rien de bon. Je compte juste sur le happy end.

  2. ptbichon 17 janvier 2016 à 11 h 00 min #

    Tu es la première que je « connais » qui a au un déclenchement au ballonet. J’avoue professionnellement parlant ça m’intrigue.
    Est ce que tu sais pourquoi ils ont pas opté pour un propess dès le début?

    • Moineau 17 janvier 2016 à 12 h 56 min #

      Non je ne sais pas ; je suppose que c’était par rapport à l’état de mon col lors de la dernière consultation.

      • ptbichon 17 janvier 2016 à 13 h 42 min #

        Ok. Merci.

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