Oh tiens voilà quelqu’un !

6 Fév

Pour celles et ceux qui ont désormais en tête le générique de Petit Ours Brun, ne me remerciez pas, c’est de bon cœur.

J’ai parlé lecture pour enfants précédemment, j’ai envie de développer un peu sur les héros préférés de Zozio : Petit Ours Brun et Bébé Koala (que j’appellerai POB et BK par la suite – on est feignasse ou on ne l’est pas).

Nous avons fait la connaissance de Petit Ours Brun

grâce à Youtube, après avoir écouté x comptines pour enfant et visionné 8 millions de fois les Trois Petits Cochons. Dans l’ensemble, j’aime beaucoup ce dessin animé, d’une part parce que mon Zozio s’identifie facilement au héros et moi ça me rassure de constater à quel point il est parfaitement semblable à tout enfant de trois ans, d’autre part parce que le modèle éducatif de Papa et Maman Ours est plutôt bienveillant (pas des cris ni de punitions, mais un froncement de sourcil éloquent et on fait réparer les bêtises).

D’autre part, même si le design est très années 70 (normal, POB est né en 1975), l’environnement de POB n’est pas trop sexiste : certes, c’est Maman Ours qui fait la cuisine (quand Papa Ours fait les crêpes, ce n’est pas une franche réussite), mais Papa Ours participe au ménage, et on ne le voit pas aller au travail – on n’est pas dans le binaire « Papa gagne l’argent Maman s’occupe de la maison ». Je n’ai pas regardé tous les épisodes disponibles mais pour l’instant, aucune mention d’un travail à l’extérieur, Papa et Maman apparaissent à peu près aussi souvent. Pas non plus de caricature « Papa est sévère Maman fait des câlins » : les deux font des câlins, les deux se fâchent parfois. Par contre, POB joue à la poupée avec sa cousine, et aux Indiens avec son cousin (personne n’est parfait).

L’antispéciste que je suis apprécie, dans l’épisode « Petit Ours Brun va à la pêche », la réflexion « Moi, je crois qu’il est mieux dans l’eau le poisson » quand le poisson attrapé s’échappe.

Quelques trucs que j’apprécie moins :

  • des comportements dangereux qui ne sont pas montrés comme tels (sauter sur le lit, le canapé, le fauteuil… ça peut conduire aux urgences, si en tombant on se fend le crâne sur la table de chevet)
  • dans la même veine, j’ai hésité avant de montrer l’histoire « Petit Ours se perd au marché » (si j’emmène mon Zozio au marché il est juste impensable que je le lâche en même temps des yeux et de la main) ; et puis quand POB fait un caprice pour avoir un gâteau à la boulangerie, Maman Ours le laisse sur place ; puis quand il cesse de bouder, ils se retrouvent pour faire un câlin… au milieu du passage piéton !!!!
  • parler de peurs qui n’ont pas lieu d’être : « Petit Ours a peur du loup ». Bon ben si les gosses ont peur du loup, c’est d’abord parce qu’on leur raconte des histoires avec de grands méchants loups… mais au moins, pour les gosses qui effectivement auraient une angoisse par rapport au loup, je trouve l’histoire plutôt bien faite pour rassurer.
  • à l’école, POB est triste parce que sa meilleure amie joue avec un autre ourson. Quand il dit à la maîtresse venue le voir « Petite Ourse Grise ne m’aime plus », elle répond « Oh, je suis sûre que ça va s’arranger ». Hé Patate, c’est si difficile de dire « Tu sais, ce n’est pas parce qu’elle ne joue pas qu’avec toi qu’elle t’aime moins » ? Non, laisse le gosse penser que son amie ne l’aime plus, mais qu’elle l’aimera « sûrement » à nouveau plus tard…
  • quand une amie de Maman Ours vient à la maison avec son bébé, celui-ci est nourri au biberon (N*stlé et cie remercient les auteurs).

Bon je chipote, mais c’est tout de même une série que je recommande 🙂

 

Notre première histoire de Bébé Koala

nous a été offerte par les grands-parents de Zozio. Côté positif, on retrouve une héroïne également très représentative de son âge (2-3 ans), les livres permettent donc d’aborder des sujets utiles (Bébé Koala va sur le pot… oui mon trésor j’aimerais beauuuuuuuuuucoup que tu en fasses autant). Son hamster est un personnage à part entière, tout autant humanisé que la famille Koala (tellement qu’au début j’avais même du mal à comprendre pourquoi un koala aurait un hamster pour petit frère). Les personnages sont attachants, par contre il y a plus de choses qui me gênent que chez POB :

  • amis carnistes bonjour ! Les amis de BK sont des lapins, des chiens, des rhinocéros… qui sont donc anthropomorphes, mais quand elle va à la ferme, les animaux d’élevage ne parlent pas. Je me demande d’ailleurs si les enfants se rendent compte de la différence qui est faite entre Lapinou la meilleure amie de BK, et les lapins de la ferme qui sont beaucoup plus petits. À la ferme aussi, BK remercie les poules pour leurs œufs, et demande à la vache si elle peut lui prendre du lait pour son goûter… mais ni les poules ni la vache ne répondent. Et on ne mentionne pas, évidemment, pour quoi sont élevés les cochons et les lapins. Ce qui me rappelle ce dessin d’Insolente Veggie : .
  • Papa et Maman Koala ne sont évidemment pas des tortionnaires, mais ils ne sont pas aussi bienveillants que les Ours Bruns. Dans « BK a peur du noir », on nous dit « Maman a bien essayé de la rassurer, mais BK ne veut rien écouter » (je reformule systématiquement par « Maman a bien essayé de la rassurer, mais elle n’y arrive pas »). M*rde quoi un gosse qui a peur veut être rassuré au contraire, si l’angoisse reste ce n’est pas qu’il le décide pour emm*rder les adultes, c’est que ceux-ci n’ont pas trouvé comment bien présenter les choses !
  • ici encore, le biberon est la norme (à votre avis, le lait en poudre des koalas, c’est du lait d’humaine ?). Qu’on montre des biberons, OK c’est normal, ça fait partie du quotidien pour beaucoup d’enfants en bas âge… mais ce serait bien de montrer aussi l’allaitement, b*rdel de m**** !

Allez, je l’aime quand même bien, Bébé Koala.

 

Un petit mot sur un autre livre : Gros Nigaud le requin

Dans le bain aussi, on aime lire ! Mais là, on n’est pas super bien tombé… Je vous cite le mot de l’éditeur (depuis la page Am*zon linkée ci-dessus) :

Bain-marie est la première collection de livres de bain publiée par Milan. Ces trois histoires jouent pleinement le registre de l’humour et de la dérision. Chacune met en scène un anti-héros, dont les mésaventures surprendront et feront rire les tout-petits.
Gros Nigaud est un requin qui voudrait bien un bisou ou un câlin. Mais des petits poissons à la géante pieuvre, en passant par un pauvre baigneur, tout le monde a bien trop peur des requins ! Seul un crabe audacieux accepte de lui faire un câlin… mais Gros Nigaud découvrira à ses dépens qu’un bisou de crabe, ça fait mal !
(…) Les histoires de cette collection, qui jouent avec le thème de l’eau, sont toujours servies par une chute amusante et inattendue.

Dit comme ça, c’est plutôt sympa… sauf que. Reprenons :

  • le requin s’appelle « Gros Nigaud » : on nous dit donc qu’il n’est pas très malin, mais pourquoi pas, je rapproche plus « nigaud » de « naïf » que de « stupide ».
  • il a envie de câlins : ça, c’est a priori un sentiment que les enfants connaissent
  • après, on passe aux différentes rencontres qu’il fait, et à tous les refus qu’il essuie sur la base de « les requins sont méchants/dangereux/vilains ». Bon éventuellement, ça peut être l’occasion d’apprendre à l’enfant qu’on ne doit pas juger un individu sur le fait qu’il appartient à tel groupe.
  • enfin, le requin rencontre quelqu’un qui n’a pas peur de lui : le crabe. Ravi, le requin s’approche et… se fait pincer le nez ! On ne sait pas trop si le crabe a conscience ou non qu’il va faire mal au requin (on peut supposer qu’entre crabes, un pincement peut être amical) mais si oui, ce crabe est bêtement méchant.
  • La conclusion du livre est : « Et oui, un bisou de crabe, ça fait mal… tout le monde le sait, sauf Gros Nigaud ! ». Je résume : le requin est bête (nigaud), il ne sait pas quelque chose que tout les autres savent. Oh oui, apprenons à nos enfants à se moquer de leurs camarades qui n’ont pas les mêmes connaissances qu’eux !!!
  • A la fin, le requin est revenu à sa situation de départ (pas d’amis), en pire (il a mal) : on aurait pu au moins finir avec la rencontre d’un autre requin qui serait venu le consoler (ou d’une autre bestiole, pour éviter de renforcer l’idée qu’on n’est bien qu’avec ses semblables), mais non.

Conclusion : quand je raconte l’histoire, je ne nomme pas le requin, et je ne dis pas non plus la conclusion du « tout le monde le sait ». Mais du coup je termine en disant que le requin est très triste, alors que je préfèrerais une happy end (je rappelle que le public va sur ses trois ans).

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