Les bons conseils

16 Oct

Les dernières nouvelles de Mme Pimpin me donnent envie de replonger dans les premiers moments avec bébé, et les bons et mauvais conseils reçus de la part de personnes censées être référentes.

Quand on attend son premier enfant, et une fois qu’il est là, on se pose une multitude de questions (vu que la cigogne, déjà qu’elle affiche des retards de livraisons invraisemblables pour certains foyers, oublie en plus de laisser le mode d’emploi).

Alimentation, sommeil, déplacements, santé… on veut tout ce qu’il y a de meilleur, mais on se heurte parfois à des difficultés, et on ressent l’envie / le besoin de faire appel à des personnes expérimentées :

  • Maman, Mamie, la belle-mère… qui par définition sont passées par là (problème : leur expérience peut être un peu périmée, et leur mémoire sélective)
  • les sœurs / belles-sœurs / copines déjà pourvues de marmots (problème : elles n’ont pas forcément encore résolu le problème, elles ont peut-être des idées différentes sur la façon d’élever un enfant, elles ne sont de toute façon pas dispo à 3h du matin pour vous aider à rendormir votre ange)
  • les internautes (gros avantage : quasiment à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, il y a toujours quelqu’un pour poster un message d’encouragement, à défaut de proposer une solution ; problème : on recueille facilement des avis complètement contradictoires sur notre souci, et beaucoup de propositions ne sont pas scientifiquement éprouvées)
  • le corps médical (avantage : théoriquement, il ne vous recommandera pas la gnôle dans le biberon pour endormir bébé ; problème : disponibilité variable, et actualisation des pratiques pas toujours meilleure que celle de votre grand-mère).

 

J’en ai déjà parlé, ma bible pendant la grossesse, c’était avant tout le forum Puériculture. Mais bien sûr, j’ai aussi fait appel à

différents professionnels de santé, surtout pendant les premiers mois.

  • mon médecin traitant (que je regretterai encore longtemps) : une visite mensuelle pendant les 6 premiers mois, l’occasion de peser-mesurer-palper-ausculter et « ah bah voilà un bébé en pleine forme ! »
  • ma kiné (qui était aussi jeune maman) et son collègue kiné-ostéopathe (dès fois que les problèmes de tétée de mon Zozio eussent été dues à un torticolis)
  • l’antenne PMI de mon secteur, parce qu’à la maternité on m’avait présenté ça comme une évidence : il faut aller à la PMI environ une fois par semaine le premier mois pour une pesée)
  • le SAMU (quand les hurlements de Zozio me rendaient folle d’impuissance) : même que les gens au bout du fil étaient hyper compréhensifs, et m’avaient envoyé le médecin de garde « ce sera forcément utile : même s’il n’y a rien de grave, il  vous rassurera et c’est important ». La conclusion du jour avait été que le ventre de Zozio était « une usine à gaz » : massage et paracétamol, bon courage et rassurez-vous, quand ils grandissent ça finit bien par passer !

Je suis allée trois fois à la PMI  : comme préconisé à la maternité, pour faire des pesées entre les visites chez le médecin.

La première fois, j’y allais avec une vague appréhension, liée au fait que je ne connaissais pas les lieux et ignorais exactement le rôle de la personne que j’allais rencontrer. Je fus reçue par une jeune puéricultrice, environ mon âge, souriante, bienveillante : après la pesée, quelques questions sur l’alimentation / le sommeil, des encouragements pour mon tire-allaitement, un mot rassurant sur le rythme des repas… J’étais ressortie de l’entretien bien reboostée, et enthousiaste à l’idée d’y retourner.

La semaine suivante, même personne, entretien tout aussi agréable.

Comme j’avais traîné pour prendre le premier rendez-vous, le suivant est pris après la visite programmée chez le médecin, soit vers 1 mois et demi pour Zozio.

Troisième séance :

M. Moineau décide de m’accompagner, et j’ai hâte qu’il entende de la part de quelqu’un de qualifié que non, ce n’est pas parce que je me jette sur le berceau au premier cri de Zozio que celui-ci deviendra capricieux. Pas de bol, ce n’est pas la même personne… et pas du tout la même attitude. Une dame plutôt de la génération de nos parents, qui pose les questions d’usage et grimace quand on explique que non, on ne compte pas le nombre de repas par jour – à mon tour de grimacer quand elle me demande

« mais quand même, est-ce qu’il y a au moins 2h entre deux tétées ? »

(Je lui ai expliqué en début d’entretien que je n’allaitais pas au sein vu les difficultés du départ, or pour moi le terme de « tétée » évoque forcément le sein, pas le biberon ; puis comme elle insiste sur le fait qu’il faut espacer les « tétées », je suppose que le terme est pour elle générique, et me demande si elle a bien compris que le biberon contient MON lait et pas du lait artificiel). M. Moineau évoque alors le fait que depuis peu, Zozio réclame souvent mais pour boire très peu, vu qu’il est gêné par un muguet pour lequel on vient de débuter un traitement. Madame PMI est convaincue que malgré ça, Zozio devrait boire normalement (et toutes les 2 ou 3h comme un bon petit soldat), et suggère qu’on insiste pour qu’il finisse ses biberons.

Et d’ailleurs, elle va nous faire une démonstration…

ratée, car Zozio ne coopère pas malgré ses gouzi-gouzi pour lui faire ouvrir la bouche (mon fils, ma merveille). Elle admet que le muguet peut gêner, mais quand ce sera fini, il faudra lui imposer un rythme « parce que quand même, vous devez être fatiguée là ? ». Comment dire… j’ai un bébé d’un mois et demi : oui je suis fatiguée, connasse ! Et alors ? C’est une raison pour ne pas respecter son rythme biologique ??? Je bredouille que oui certes je suis fatiguée, mais bon avec le tire-allaitement mon mari arrive à me relayer pour certains biberons, ce qui me permet de dormir un peu plus. « Peut-être mais il faut quand même lui donner un rythme à cet enfant,

sinon comment vous allez faire quand vous allez reprendre le travail ? »

Alors là, bravo quoi. Me parler de retour au boulot, c’était exactement ce dont j’avais besoin à plus d’un mois de l’échéance, merci -_-   J’ai à la fois envie de pleurer et de partir en claquant la porte. Nous terminons en disant « oui-oui » et en pensant « cause toujours » à ses dernières recommandations. J’ai ensuite décidé que les visites mensuelles chez notre médecin habituel suffiraient amplement pour suivre l’évolution des mensurations de Zozio.

Morale de l’histoire : heureusement que je n’avais pas eu affaire à cette personne dès le départ, et que, concernant l’allaitement, j’avais fait le plein d’informations sur le forum cité plus haut, car avec son attitude, elle aurait pu complètement miner ma confiance en mes capacités à être une bonne mère. Elle SAVAIT qu’il fallait faire comme-ci ou comme-ça, alors que nous étions de jeunes parents ignorants – limite, d’une dangereuse incompétence pour notre enfant. Je plains les mamans allaitantes qui ont vu leur lait se tarir parce qu’elles auront écouté « celle qui sait » qu’il faut espacer les tétées. Tout comme il faut se méfier des connaissances des vendeurs de puériculture en matière de sièges-auto, il ne faut pas prendre pour argent comptant les conseils de tous les professionnels de santé… certains oublient de se mettre à jour ! Dommage, car la relation de confiance dans le soin est primordiale.

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2 Réponses to “Les bons conseils”

  1. madamepimpin 16 octobre 2014 à 16 h 19 min #

    ♡ qu’il fait du bien à lire cet article dans ma petite mare de doutes ! En effet cette dame aurait pu faire des gros dégâts. « Dangereuse incompétence », je tremble à l’idée qu’un professionnel puisse poser ce regard sur moi et tu vois j’en aurais affamé mes petits (qui semblent survivre à leur nouveau dosage 🙂 )
    Bises Petit Moineau !

    • Moineau 17 octobre 2014 à 7 h 00 min #

      Et pour te rebooster encore un peu, un autre petit mot qui fait du bien, du médecin de garde qui était venu : il me demande si Zozio a mal, et où (parce que bien sûr quand il est arrivé, Zozio était calme et souriant), et je bredouille que je crois qu’il a mal au ventre, mais en fait je suis pas sûre, ça pourrait aussi bien être à l’orteil pour ce que j’en sais… « Faites-vous confiance : vous êtes sa maman, vous SAVEZ. » Après examen il a confirmé qu’il y avait plein de gaz et que ça pouvait être trèèès douloureux (surtout pour un pauvre petit bout qui était encore dans un monde de confort merveilleux quelques semaines plus tôt). Heureusement qu’il y a aussi des soignants comme ça !

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