Le maquillage et moi

28 Juil

Après lecture de ce billet de la Maman des P’tits Pois, j’ai eu envie de livrer moi aussi mon cheminement par rapport au maquillage.

J’ai certainement été influencée par le fait de n’avoir absolument jamais vu ma mère maquillée. Elle l’était peut-être pour son mariage, mais comme les photos sont en noir et blanc, je suis incapable de le déceler. Et puis elle nous a appris dès l’enfance à privilégier le confort à l’esthétisme (choix des vêtements « oh Maman c’est joli ça ! – oui mais ça se lave à la main ; tu t’achèteras ce genre de tissu quand tu feras ta lessive toi-même » je précise, jamais dit méchamment, un simple constat : c’est joli, mais pas pratique, je préfère t’acheter autre chose).

Petite, j’ai quand même joué avec des échantillons de parfums et des montagnes de bijoux en toc, surtout grâce à une de mes tantes qui nous fournissait de nouvelles babioles chaque fois qu’on se voyait.

Au collège, certaines de mes copines se maquillaient, avec plus ou moins de succès, et bien sûr j’ai eu un jour la remarque « Pourquoi tu te maquilles pas ? tu devrais essayer ça ou ça, je suis sûre que ça t’irait bien !« . Yves R offrait chaque semaine des méga-promotions-offres-d’essai dans le programme télé ; je me suis mise à les regarder avec envie, à discuter avec ma sœur du khôl qui nous irait le mieux, jusqu’à ce qu’une de nous ose demander à notre mère « On pourrait commander quelques produits ? ». Accord pour des produits discrets tout d’abord (crayon pour les yeux et rouge à lèvres), le mascara vint un peu plus tard, de même que le fard à paupières. Quelques tests validés par les copines, l’aide d’un magazine pour ado « apprenez en cinq minutes tout l’art de se maquiller », je m’installais vite dans une certaine routine : tous les jours, crayon+fard à paupière+rouge à lèvre (discret le rouge à lèvre, puisque le magazine précisait bien de faire ressortir les yeux ou la bouche pas les deux sinon ça fait pute).

Jamais de fond de teint – j’ai horreur de m’étaler des crèmes sur la peau ; pour y échapper alors que ma correspondante allemande me pomponnait pour la fête d’anniversaire de sa meilleure amie, j’avais même prétexté une allergie.

Comme j’alternais des périodes « maquillage tous les jours » et des périodes « 100% nature », mon père se moquait gentiment quand je commençais une période « avec » : « tiens, t’as mis tes peintures de guerre ? ». Il n’avait pas tort : le collège et le lycée, c’est la guerre des apparences, et le maquillage était une béquille pour me sentir jolie et donc fréquentable, et un jour mon Prince viendra. Ayant des copines très fans de maquillage et manucure, je partageais avec elles une période d’expériences variées avec le vernis à ongle (une couleur pour chaque doigt, une petite fleur par ci, des rayures par là… non le ridicule ne tue pas). De plus, il me signalait ainsi quand je loupais l’effet « maquillage discret » (mon fantasme était que le maquillage me rende jolie sans qu’on voie que j’étais maquillée ; quand il me faisait cette boutade, je savais que c’était raté). J’étais typiquement prise dans les injonctions de la société : une fille femme doit être belle naturellement, ne pas forcer (sinon « ça fait pute »), mais on lui fournit quand même 36 289 produits in-dis-pen-sa-bles pour être belle. Heureusement pour le porte-monnaie de ma mère, je n’ai pas cédé aux sirènes des anti-rides qu’il-faut-commencer-dès-16-ans-sinon-après-c’est-trop-tard, ni aux crèmes de massage anti-cellulite…

Je zappais toujours le démaquillage, ayant trouvé un jour que finalement, le maquillage des yeux après une nuit de sommeil rendait mieux que la version juste après application (pour la version sans mascara en tout cas). J’abandonnais relativement tôt (enfin, avant le Bac quoi) le rouge à lèvres, peut-être à cause de mes lèvres toujours sèches et de l’inconfort qui en découlait, ou des traces sur les verres, même avec le rouge « tenue impeccable garantie qui ne laisse pas de traces nulle part ». Mais les yeux, c’était mon petit plaisir, et aussi une vague tentative de me vieillir un peu (c’est-à-dire en fait de paraître mon âge, vu qu’on me rajeunissait tout le temps de 4-5 ans).

En prépa, le temps m’a manqué pour me peinturlurer chaque matin, sans compter que je me lassais d’utiliser toujours les mêmes couleurs (ça dure super longtemps un boîtier de fard). J’ai commencé à réserver le maquillage aux « grandes occasions ». Le côté positif, c’est qu’on me faisait généralement des compliments quand je me maquillais, ce qui me donnait le sentiment de ne pas l’avoir fait pour rien. Objectivement, si je choisissais la façon de me maquiller en fonction de ce que je trouvais joli dans le miroir, le fait de me maquiller venait avant tout d’un besoin de plaire.

Maintenant, ma fréquence de maquillage doit avoisiner les deux jours par an. M. Moineau n’aime pas plus que ça la façon dont j’aime maquiller mes yeux, du coup je préfère ne rien faire ; malgré tout il arrive de temps qu’en apercevant la palette de maquillage dans l’armoire de la salle de bain, je sois prise d’une envie subite de peinture. Cela devient alors un vrai plaisir, une façon de retomber en enfance adolescence. Marrant comme finalement on commence à se maquiller pour se vieillir, puis on continue pour se rajeunir…

 

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