Pex ta diplomatie !

25 Avr

Vous l’aurez sûrement remarqué, j’ai plutôt un bon fond. Je n’aime pas blesser les gens, quand un comportement me choque j’essaie le plus souvent de faire l’avocat du diable, de comprendre avant de juger. Il n’empêche que j’ai aussi facilement des pensées désobligeantes qui me viennent à l’esprit.

Le végétarisme est un bon moyen de s’exercer à la diplomatie, notamment en ne disant pas aux personnes qui vous proposent du thon – après que vous ayez mentionné votre alimentation – que le poisson ne pousse pas dans les arbres.

La diplomatie, c’est facile quand on est détendu, plus délicat quand on est stressé/contrarié. Hier, j’ai été mise à l’épreuve, et je m’en suis pas trop mal sortie (les fleurs sont pas chères, profitez, offrez-vous-en !).

L’épreuve : trouver un déjeuner dans un quartier que je ne connais pas, alors que je n’ai quasiment rien mangé le matin – la faute aux placards et frigo vides.

Quittant le bureau, je me dirige vers la station la plus proche pour racheter une carte de transports, ayant épuisé mon stock. J’aperçois une boulangerie un peu plus loin, je m’y rends, pleine d’espoir.

« Bonjour, qu’est-ce que vous avez comme sandwiches ?

– Ah on ne fait pas de sandwiches ; vous désirez peut-être autre chose ? »

Coup d’œil à la vitrine : « quiches » sans précision, je les suppose lorraines, et tartines couvertes de mélange fromage/dés de jambon/autre trucs non identifiables. Je risque quand même :

« Vous avez quelque chose de végétarien ?

– Végétarien ?

– Ni viande, ni poisson, ni fruits de mer. Comme dans « végétarien » quoi.

– Ah non, je n’ai rien qui convienne (air désolé de circonstance).

– Ah, dommage. Tant pis, bonne journée, au revoir ! »

Bon. Aucune idée d’où trouver la boulangerie suivante. Je poursuis mon chemin, aperçois une supérette bizarrement vide (des produits sur tous les murs, mais aucun îlot dans la pièce, pourtant spacieuse). Pas l’ombre d’un sandwich en sous plastique, et l’idée d’un repas exclusivement composé de chips ne me tente guère. Je ressors, reprend mon chemin. Je marche, je marche, j’ai trop chaud, et super faim. Je me retrouve en terrain connu : devant la gare. Pas envie de dépenser 10€ pour mon repas, je délaisse donc la gare elle-même et me dirige vers une boulangerie située pas loin. J’y suis déjà allée une fois, mais c’était avant d’être végétarienne ; je ne sais pas si je trouverai mon bonheur, mais le temps passe et il faut bien tenter.

« Bonjour ! »

Coup d’œil à la vitrine : jambon-beurre, poulet-crudités, etc. On ne sait jamais, elle peut peut-être faire un crudités tout court…

– Vous avez un sandwich végétarien ? Ni viande, ni poisson, ni fruits de mer…

– Ah non, j’ai jambon, poulet, thon…

Est-ce bien la peine de m’énumérer tout ce que je viens de mentionner comme étant exclu de mon alimentation ??? Ah dommage…

– Vous ne mangez pas du tout de viande ?

– Non.

– Oh. (accompagné du regard « est-elle humaine ? » puis très vite : ) Enfin c’est votre choix hein. (tiens, le sens du commerce reprend le dessus ; va falloir travailler la forme quand même, parce que le « hein » de ponctuation est lourd de sens)

– Tout à fait et je n’ai effectivement pas envie d’entendre tout le mal que tu en penses. »

J’aperçois des pizzas à côté, pas franchement enthousiasmantes mais je n’ai vraiment pas envie de tenter une troisième boutique…

« Et vos pizzas, elles sont à la viande aussi ?

– Ah non, au fromage.

(tiens, elle fait le lien entre viande et fromage ; je ne suis peut-être pas la première extra-terrestre qu’elle croise)

– Ah ben ça va alors, je vais en prendre une. »

J’ai donc finalement réussi à m’alimenter, même si la pizza tomate-fromage était un peu légère.

Je reste un peu étonnée par ce réflexe (déjà observé dans d’autres boulangeries/snacks) de m’énumérer les produits disponibles que je viens pourtant clairement d’écarter. Je sais bien que le commerçant, une fois que je suis dans sa boutique, souhaite que j’en ressorte avec quelques euros en moins, mais ce n’est quand même pas tout à fait pareil de proposer une tarte à la fraise parce qu’il n’y a plus de tarte à la framboise, que de proposer un jambon beurre parce qu’il n’y a pas de sandwich sans viande… prendre une demi-seconde pour analyser la demande du client, quitte à se la faire préciser, c’est bien aussi.

Ainsi, je suis retournée plusieurs fois dans une boulangerie juste parce qu’à ma première visite, quand j’avais demandé un sandwich végétarien, la patronne avait tout de suite su me proposer une quiche aux légumes à la place ; en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, elle avait trouvé le bon substitut au produit que je cherchais et qu’elle n’avait pas (bon et en plus, après ça je savais qu’elle avait toujours une voire deux sortes de quiches convenables, donc au lieu d’explorer de nouveaux horizons, j’avais ici mon joker « repas assuré »).

J’essaie toujours de me retenir de répondre sèchement, parce que je n’aime pas qu’on me parle mal donc je ne dois pas non plus manquer de respect aux gens ; mais parfois, j’ai vraiment envie de suggérer deux secondes de réflexion à mon interlocuteur…

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