Le Don

17 Jan

Quand j’ai accouché, j’ai bien vu tout l’intérêt des deux heures (ou plus si affinités) de surveillance postnatale. J’étais dans un état de faiblesse que je n’aurais jamais pu imaginer, j’avais mal à la tête, j’étais dans une position inconfortable mais incapable d’en changer, j’ai pleuré ou pas loin tellement je me sentais impuissante. La machine qui surveillait mon cœur n’arrêtait pas de hurler – ben oui, réglée pour une alarme à 120 ou 130 battements/minute, quand j’oscillais entre 150 et 175… J’étais sous perfusion (de sérum phy je suppose), au fur et à mesure que mon volume sanguin augmentait mon cœur reprenait un rythme honnête, mais je me sentais toujours dans les choux. Comme je m’en plaignais à la sage-femme, elle me dit qu’on allait vérifier mon taux de [je ne sais plus quel composant sanguin], qui était peut-être trop bas, et si c’était le cas on me transfuserait et ça irait vite mieux.

Il a fallu attendre un peu le résultat de l’analyse : j’étais dans les clous, mais la sage-femme préféra interroger l’anesthésiste sur la conduite à tenir, vu que je n’étais manifestement pas en forme. Docteur Piqûre conclut que peut-être en temps normal j’étais au-dessus des clous, et que donc la valeur en bas des clous était insuffisante pour moi : allez hop, transfusion (c’est bien pour ça qu’on vous fera établir une carte de groupe sanguin pendant votre grossesse, et qu’il faut l’avoir avec vous le jour J). Pendant qu’on attendait l’arrivée de la pochette rouge (qui venait de l’hôpital, à quelques kilomètres), la sage-femme me consolait en me disant que je sentirais très vite l’amélioration quand la transfusion aurait commencé. Vite, c’est subjectif, mais il est vrai en tout cas que mon état s’améliora bien plus vite avec la pochette magique qu’avec l’eau salée.

Si je vous raconte ça, c’est pour deux choses :

  • d’abord, merci à vous qui avez donné votre sang, une fois ou cent fois. MERCI, MERCI, MERCI.
  • ensuite, j’ai découvert depuis d’autres sortes de dons, moins connus, pour lesquels je souhaite faire un peu de pub :
    • don de lait maternel
    • don du sang de cordon
    • don de gamètes

Mon statut de bénéficiaire de transfusion sanguine m’interdit désormais de faire don de mon sang, et je m’en veux de ne l’avoir jamais fait avant.

A l’issue de ma prochaine grossesse, je pourrai peut-être donner du lait (l’association des lactarium de France ne mentionne aucune contre-indication, pourtant le lactarium de Nantes indique qu’une transfusion interdit le don), je vérifierai d’ici là si ce critère est appliqué partout ou non.

Je n’ai pas beaucoup réfléchi au don du sang de cordon ; le prélèvement n’était pas pratiqué dans la clinique où j’ai accouché, et je ne sais pas ce qu’il en est de l’hôpital qui verra arriver N°2. Il faudra aussi le consentement de M. Moineau, mais je pense que si le don est possible on le fera.

Quant au don d’ovocytes, je n’ai pas encore réussi à savoir si une transfusion sanguine y faisait obstacle ou non, mais l’absence de centre de prélèvement à moins de 100km de chez moi m’embête un peu, car il faut a priori s’y rendre plusieurs fois. Pis il faut le consentement du conjoint, ce que j’ai un peu de mal à comprendre : si un enfant naît d’un don que j’ai fait, ce ne sera pas mon enfant. Si toute la démarche pouvait se faire dans mon département, je ne pense pas que M. Moineau s’y opposerait, mais si je dois faire plusieurs fois 200km pour ça, il ne va pas être franchement ravi (et l’idée de prendre les transports en commun ne m’enchante qu’à moitié, entre la flexibilité toute relative des horaires et le prix du billet de train…).

 

Et vous, avez-vous déjà fait et/ou reçu un don ?

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5 Réponses to “Le Don”

  1. Peuvent-ils souffrir ? 17 janvier 2014 à 21 h 25 min #

    J’aimerais faire un don du sang et un don de lait maternel dès que j’en aurai l’occasion.
    Le don d’ovocyte, j’avoue que je bloque.

    • Moineau 17 janvier 2014 à 22 h 52 min #

      C’est sûr que le don d’ovocyte a une portée particulière, vu qu’il s’agit quand même de transmettre notre patrimoine génétique, et que nos enfants aient des demi-frères ou sœurs biologiques. Pour ma part je ne l’aurais jamais envisagé avant d’avoir lu des blogs traitant de l’infertilité.

  2. Chokadelika 17 janvier 2014 à 21 h 42 min #

    Je trouve ton article utile et j’espère aidera des personnes à franchir le cap du don, quelque soit sa forme.
    En ce qui me concerne, je donne mon sang. Je n’ai pas encore pris de décision pour une autre forme de don. A méditer.

    • Moineau 17 janvier 2014 à 22 h 53 min #

      Donner ton sang est déjà beaucoup. Encore une fois, merci.

  3. Polina 19 janvier 2014 à 9 h 45 min #

    Que chacun fasse le don de ce qui lui semble juste, et ce à quoi il est lui-même prêt psychologiquement. Je bloque un peu pour les ovocytes personnellement, ne voulant pas « forcer la main » à la nature : une fois ouverte, cette porte peut mener à bien des dérives.

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