‘Oméo pa’ti ? Oh, pôv’ Juliette !

7 Jan

Voilà voilà, sur ce jeu de mot pourri, j’attaque le sujet du jour : l’homéopathie.

J’espère ne pas heurter de sensibilités en vous avouant ça, mais quand je lis ou entends « oh prends de l’homéopathie pour ton problème de [tout voire n’importe quoi], ça fait des miracles », ça me hérisse le poil.

Je n’exclus pas tout à fait la possibilité de miracles, même si je ne suis pas croyante, mais l’homéopathie prônée comme remède miracle à tout, ça se cogne aux limites de ma tolérance naturelle.

C’est quoi l’homéopathie ?

L’idée originale est en gros « combattre le mal par le mal » : prendre une molécule qui induirait chez une personne saine les symptômes du malade, la diluer, diluer, diluer, administrer la potion résultante au malade et supposer que cela va aider son organisme à lutter contre l’origine des symptômes. En gros, j’ai de l’urticaire, je vais boire une décoction ultra-light d’ortie, et ça va aller mieux. Mouais. Tout ça ne colle pas vraiment avec mes cours de biologie, mais à la rigueur, pourquoi pas… sauf quand je vois le degré de dilution.

« La plus courante, la dilution CH, s’exprime très simplement mathématiquement : x CH = 10 (-2x ) exemple: 5 CH = 10 (-10 ) soit un dixmilliardième=0.0000000001″ (c’est sur wiki).

Je prends donc une goutte (1mL) de ma tisane d’ortie, je la verse dans un volume de 10 000 hL d’eau, je brasse, je bois une gorgée et j’espère que ça fasse de l’effet. Là je dis, Ouate ze Phoque ?

Ma concierge a testé, ça a marché !

Euh… non. Mme Concierge avait un souci, qui a disparu après qu’elle a eu recours à l’homéopathie ; la succession dans le temps de deux événements n’est pas la preuve irrévocable d’un lien de cause à effet entre les deux. Enfin je dis ça, mais je suis tombée enceinte après avoir mangé un carré de chocolat… allez savoir si mon fils n’est pas en fait l’héritier de Kinder®.

Ce biais de raisonnement m’a surtout fichu en rogne le jour où une collègue m’a évoqué le risque du sport lors d’une grossesse, via sa propre fausse couche « j’ai fait une balade en vélo, et… pis voilà quoi, dans l’après-midi j’ai fait une fausse couche ». Sur le moment, je n’ai su que dire ; je me suis retourné la scène des dizaines de fois dans ma tête par la suite, mais finissant toujours à la même conclusion : cette fille pourtant intelligente était persuadée que si elle n’avait pas fait de vélo, ce jour-là, sa grossesse se serait poursuivie. Après coup, je n’ai pas osé revenir sur le sujet. Peur d’être maladroite, en réabordant un épisode douloureux. Aurais-je été capable de trouver les mots pour laver cette vaine culpabilité qui transparaissait dans son récit ? Aurais-je pu faire le poids face à la « sagesse » populaire qui liste 36000 choses à faire ou à ne surtout pas faire pendant une grossesse, sur la base de « ma mère/ma cousine/la belle-mère de ma grand-tante a vécu ça » ? Trois ans après, je m’en veux de ne pas avoir au moins tenté.

Dans le même genre, une ancienne collègue avait raconté à une autre, en apprenant en plein hiver la grossesse de cette dernière « Faut faire attention hein, j’ai une amie qui a eu un rhume enceinte, ben elle a fait une fausse couche ». Non mais sans déconner ??? Pendant 9 mois, on est enrhumé combien de fois en moyenne, enceinte ou pas ?

Au moins, si ça t’fait pas de bien, ça t’fera pas de mal non plus !

Peut-être encore une fois dû à mon manque de foi, mais je ne vois pas comment un truc qui agit sur l’organisme ne pourrait avoir qu’un effet bénéfique et aucun risque, chez personne, de détraquer autre chose : pas d’effet secondaire, pas d’effet du tout oui !

Sans compter que l’innocuité du remède homéopathique est limitée par celle de ses excipients (je laisse Jaddo vous expliquer).

Bon y’a quand même un truc bien dans l’homéopathie…

L’effet placebo ! D’ailleurs, ma première expérience d’effet placebo, c’était avec des granules d’arnica.

Je devais avoir 5 ou 6 ans, je m’étais coincée le petit doigt en claquant une porte (jamais compris exactement comment ce malheureux petit doigt avait pu se trouver au mauvais endroit à ce moment-là, bref), et je pleurais, pleurais devant ma phalange virant au violet foncé. Ni une ni deux, ma mère m’entraîna à la pharmacie, toujours sanglotante, montra le problème à la gentille dame au comptoir, qui me dit qu’elle avait un truc qui allait vite me soulager : et hop ! elle sort un tube de granules d’arnica, en fait tomber trois dans le capuchon (oh en plus c’est rigolo ces petites billes), je les mets dans ma bouche… et instantanément, oubliée, la douleur ! Ma mère a eu la gentillesse de ne pas me dire que ça faisait cher le morceau de sucre (encore moins devant la pharmacienne, elle est diplomate), et m’a laissée croire à la guérison miraculeuse. Ce n’est que de nombreuses années plus tard, en y repensant, que j’ai réalisé qu’aucun médicament ne pouvait agir avant que la moindre de ses molécules ait pu être assimilée (que ce soit par la salive ou plus loin dans le processus de digestion).

Avec tout ça, quand Zozio a souffert des affres dentaires de son âge, que j’ai demandé au pharmacien s’il y avait un truc moins fort que le paracétamol (parce que bon, ça me chagrine aussi de filer des vrais médocs trop souvent à mon rejeton), et qu’il m’a proposé de l’homéopathie, j’ai pris. Je me suis dit qu’avec un peu de chance, la combinaison « goût sucré + maman dit que ça va me soulager » apporterait un léger mieux, et effectivement, ça n’a pas été pire 😉

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Une Réponse to “‘Oméo pa’ti ? Oh, pôv’ Juliette !”

  1. Peuvent-ils souffrir ? 7 janvier 2014 à 22 h 48 min #

    Ah je suis bien d’accord.
    Je ne sais pas grand chose sur l’homéopathie (j’en sais tout de même un peu plus grâce à toi), mais je me rappelle avoir été dégoutée et interloquée après avoir regardé la composition du tube d’oscillococcinum qu’on m’avait conseillé une fois pour un rhume.
    Un truc archi archi diluée et en plus si je me rappelle bien le truc en question c’était un extrait de foie de je sais plus quel bête ! Moi qui croyait que l’homéo, c’était une petite dose de plantes, j’en croyais pas mes yeux.
    C’était la première et la dernière fois que j’en ai pris.

    Pour les fausses couches c’est un sujet tellement délicat. Je crois qu’on psychote à force sur ce qu’il faut faire ou pas. Au final on sait rarement vraiment pourquoi une grossesse s’interrompt tout à coup.

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