Élever son enfant : de la théorie à la pratique

13 Nov

J’ai relu récemment cet article de la Poule Pondeuse ; j’ai aussi découvert récemment les blogs de Mamaours et de MelyNaë, qui parlent beaucoup d’éducation, et d’une façon qui me plaît.

Avant même de rencontrer M. Moineau, j’avais une vague idée du genre d’éducation que je voulais donner à mes enfants : dans les grandes lignes, celle que j’ai reçue, qui m’a plutôt bien réussi, tout en sachant, ayant deux sœurs, que la même éducation (à peu près) pouvait donner des résultats très différents sur des individus distincts. M. Moineau quant à lui, avait selon ses dires « l’exemple-même de ce qu’il ne faut pas faire » avec sa mère.

Quand Zozio est arrivé, nous sommes donc passés à la pratique, avec parfois des désaccords, mais dans l’ensemble une vision commune de notre nouveau rôle de parents.

Une des premières questions qui se pose est « faut-il le laisser pleurer ? »

Pour ma part, la réponse a très vite été « non », et je ne sais toujours pas comment font les gens qui répondent « oui » (à moins d’avoir un cœur de pierre et/ou la possibilité de s’isoler de bébé sur le plan sonore – faut une sacrée grande maison pour ça). Impossible de rester dans une autre pièce à attendre que mon fils s’endorme d’épuisement à force de hurler sous prétexte que « il ne faut pas lui donner de mauvaises habitudes / il va devenir capricieux / etc etc » * : c’est juste une torture pour tous les deux, que j’ai parfois pu supporter 48 secondes quand les « bons conseils » des voisins me faisaient douter de moi. Alors certes, il arrivait que Zozio continue à hurler dans mes bras, mais au moins je ne me rongeais pas de culpabilité en pensant que peut-être il suffirait d’un câlin pour l’apaiser.

Il m’est arrivé de le faire attendre parce que c’était quand même plus pratique d’aller aux toilettes sans lui, ou qu’à 16h vraiment j’avais absolument besoin de prendre une douche, ou tout simplement quand mes nerfs menaçaient de lâcher et qu’il valait mieux le laisser seul que le bercer près du mur. Mais le plus souvent dans ces cas M. Moineau était là pour prendre le relais.

Avec maintenant 21 mois de recul, je suis encore plus convaincue qu’un enfant dans sa première année ne fait pas de caprices : il exprime des besoins et non des envies que l’on peut raisonner.

*j’ai particulièrement apprécié les gens qui me disaient « il faut le laisser pleurer, sinon il va devenir tyrannique », puis enchaînaient avec « ah mais je te comprends, moi non plus avec les miens j’étais incapable de les laisser pleurer » : pourquoi n’ai-je jamais osé demander si leurs enfants étaient tyranniques ?

Une autre grande question : « où faire dormir bébé ? »

Avant la naissance de Zozio, je m’étais intéressée aux berceaux « cododo », mais les tarifs m’ont dissuadée d’investir dedans. Nous disposions du lit antique dans lesquels mes sœurs et moi avions dormi bébé, et nous l’avions installé dans notre chambre (l’autre chambre étant souvent occupée par les chats). Le « vrai » cododo (bébé dans le lit des parents) nous tentaient un peu mais nous faisait beaucoup trop peur pour que nous le mettions en pratique.

La cohabitation a cessé dès que j’ai repris le travail : même sans se réveiller lui-même, Zozio nous maintenait éveillés par moults soupirs, grognements et gémissements, et avec un réveil à 6h du matin, mes nuits auraient été beaucoup trop courtes pour conserver ma santé mentale si nous l’avions gardé avec nous (je rappelle que la privation de sommeil est une méthode de torture bien connue). Zozio a donc emménagé dans la seconde chambre, tandis que la nôtre a été réouverte aux chats (ben oui, ils ont besoin d’espace, faut pas les traumatiser). Par ailleurs, comme il fallait que je me lève pour tirer mon lait quand il se réveillait pour manger, un des gros avantages du cododo était de toute façon hors de ma portée.

Malgré ce réaménagement, il m’est arrivé quelques fois de me précipiter en pleine nuit au chevet de Zozio et de m’apercevoir… qu’il avait crié dans son sommeil, et que c’est moi qui l’avait réveillé en entrant dans la pièce. J’ai donc appris à me freiner quelques secondes, le temps de mesurer l’ampleur des cris, pour savoir si je devais ou non aller le voir (on en revient à la question précédente).

Les couches : lavables, jetables, on s’en passe ?

M. Moineau et moi-même avons une petite fibre écologique. Nous avons donc envisagé les couches lavables, mais avons eu un peu peur de la mise en pratique (stock à avoir, lessives à faire – déjà qu’on a toujours un panier à linge en retard). Honte à nous, nous avons donc sacrifié à la sacro-sainte Pa***s.

Quant à l’hygiène naturelle infantile, je n’en ai entendu parler que plusieurs mois après la naissance de Zozio ; l’idée a fait tilt car j’avais remarqué que Zozio pleurait souvent avant de faire pipi, et j’avais demandé au médecin si ça ne pouvait pas être un signe d’infection urinaire… j’étais loin du compte ! Là encore, l’aspect matériel nous a bloqué (l’idée d’inévitables ratés sur la moquette hors de prix des chambres dans notre location par exemple).

Aujourd’hui, je regrette. Car si pendant les premiers mois, le liniment oléo-calcaire a suffi à sauver les fesses de Zozio du célèbre érythème, nous avons aujourd’hui souvent recours au non moins célèbre Mitosyl. Zozio refuse parfois énergiquement le changement de couche, à grands coups de pied et à grands cris (parfois parce qu’il n’a pas fini, parfois pour une raison indéterminée qui me fait penser qu’il n’est juste pas à l’aise dedans et aimerait s’en passer… peut-être que je fabule). Je pense que l’apprentissage de la « propreté » sera un soulagement pour lui, mais je pense aussi que cette étape serait beaucoup plus facile à aborder si nous avions pratiqué l’HNI auparavant.

L’alimentation : maison vs industriel

Pendant ma grossesse, nous avons augmenté la part de produits bio dans notre alimentation, puis quand est arrivée la diversification, nous avons commencé par des petits pots bio (de la marque Hipp). Le choix de produits industriels était là encore dicté par la flemme : sachant que notre alimentation n’est pas équilibrée, il fallait soit nous mettre à manger mieux, soit nous fier à la règlementation pour garantir que les produits du commerce permettraient d’équilibrer les apports de notre Zozio.

Depuis quelques temps, Zozio mange tout seul et préfère être servi dans nos assiettes plutôt qu’avoir un plat spécial ; nous commençons donc doucement à améliorer nos repas pour éviter de le nourrir uniquement de patates sautées (même s’il adore ça). Une chance, avec l’hiver qui débute M. Moineau est bien motivé pour nous faire des soupes maison. J’attends tout de même avec impatience que nous ayons une maison bien à nous avec une vraie cuisine où on peut s’étaler, et de racheter un four pour faire moi-même les gâteaux de ses goûters (tant qu’à faire, je pourrai même végétaliser les recettes habituelles).

L’autorité – éducation non violente

Zozio grandit, et au fur et à mesure qu’il gagne en autonomie, il doit aussi faire l’apprentissage de la frustration :

  • non, ne bois pas l’eau du bain, tu risques d’avoir mal au ventre
  • non, ne te mets pas debout sur ta chaise haute, tu risques de  tomber et te blesser
  • non, je ne veux pas que tu ailles vers la rivière si tu ne me tiens pas la main
  • non, ne tire pas la queue du chat, ça lui ferait mal
  • non, ne me tires pas les cheveux, ça me fait mal
  • etc, etc

J’essaie de toujours lui expliquer pourquoi je lui refuse ceci ou cela, car je pense que cela l’aide mieux à appréhender son univers qu’un simple « non / ne fais pas ça / ne touche pas ci » ; je n’attends pas qu’il obéisse comme un petit soldat, mais qu’il comprenne petit à petit le pourquoi des restrictions que je lui impose.

Il m’arrive de m’énerver quand il me fait vraiment mal pour la quinzième fois de la soirée (et paf un doigt dans l’œil et j’éclate de rire), ou qu’il hurle parce que j’ai osé sortir de son champ de vision plus de trois secondes. Pour autant, je ne vais pas lui mettre le doigt dans l’œil « pour l’exemple » ;  je préfère qu’il ait des difficultés à intégrer la notion de « je te fais mal » mais qu’il ignore autant que possible ce qu’est la douleur (entre les coliques et les poussées dentaires, il en a déjà eu des échantillons bien suffisants). Il m’arrive de crier, et de le laisser seul dans son lit parce que je suis nerveusement à plat (à 1h du matin encore à essayer de le convaincre que non, il n’est plus l’heure de jouer mais de dormir) ; je vais me calmer (mode boulimie ON), puis je reviens et je lui explique que je me suis énervée parce que je suis très fatiguée, mais que je m’en veux car il n’est jamais bon de crier. Je zute les gens qui pensent que je vais en faire un dictateur en herbe ;  à 1 an 3/4 il n’a pas à prendre dans la figure ma fragilité nerveuse.

C’est souvent frustrant de voir qu’après la même explication donnée 326 fois, il a toujours envie de faire les mêmes bêtises. Malgré tout je suis certaine qu’une claque lui ferait seulement du mal, tout en me remplissant de culpabilité. Alors je rabâche, en attendant impatiemment qu’il parle, ce qui me permettra de mettre en pratique l’écoute active.

Conclusion

En tant qu’aîné, mon Zozio a la chance d’avoir ses parents rien que pour lui (moui bon… partagés seulement avec les chats), mais aussi le rôle difficile d’essuyer les plâtres de notre incompétence. Avec le ou les suivant(s), nous n’agirons pas exactement de la même manière, d’une part parce que nous réalisons avoir commis des erreurs, d’autre part parce que nous ne serons pas dans le même environnement (Zozio en est à son troisième logement depuis sa naissance, et nous sommes à la recherche d’un nid plus définitif), et que clairement, la qualité du logement joue sur la possibilité d’assurer le confort de chacun.

Il nous reste du chemin à parcourir, et nous ferons d’autres erreurs, mais nous sommes en recherche permanente de ce qui est le mieux pour notre enfant ; c’est en nous remettant en question et nous adaptant selon notre expérience que nous parviendrons au but : faire de notre Zozio un enfant puis un adulte épanoui.

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