Médicalisons voyons !

8 Oct

Alors que je me dis depuis un moment qu’il faudra que je demande à mon toubib si mon hypothyroïdie me classera en « grossesse à risque » (rendant le suivi par sage-femme impossible si j’ai bien tout suivi), je suis tombée sur cet article, qui non seulement ne m’a pas éclairée sur ce qui classe une grossesse « à risque » concrètement (« comportant un risque pour la santé de la mère ou du bébé » ; avec ça, je suis très avancée, merci), mais m’a valu une brève déconnexion neuronale.

« Elles sont seulement 8% à savoir qu’un suivi médical insuffisant représente l’une des causes principales d’une grossesse pathologique. Plus de 50% des femmes déclarent en effet n’avoir rien fait pour préparer médicalement leur grossesse alors que 75% de ces grossesses sont programmées. »

Ma tête en lisant la phrase que j’ai graissée.

Ne pas voir de médecin rendrait donc malade. On n’est pas près de boucher le trou de la Sécu ma pôv’dame (moui bon ça de toute façon… plus personne n’y croit depuis longtemps, je vous l’accorde).

Bon en lisant plus avant, je crois comprendre que ce n’est pas tout à fait ça que l’auteur voulait dire ; la citation du Dr Evain-Brion signifie a priori qu’il est important de détecter le plus tôt possible les risques particuliers à chaque future maman, ce qui peut notamment passer par une visite médicale avant même de mettre bébé en route. OK, je comprends qu’on veuille mettre toutes les chances de son côté pour assurer la santé de son futur enfant, et que par exemple une femme peu sûre de l’équilibre de son alimentation prenne un complément d’acide folique en prévision d’une grossesse.

Mais bordel, en quoi est-ce « alarmant » qu’une femme en bonne santé « ne prépare pas médicalement » sa grossesse ? Bien sûr qu’il y a des risques, qu’on ne peut jamais affirmer que tout va bien se passer… mais doit-on obligatoirement sombrer dans le pessimisme et passer un contrôle technique complet avant de se lancer ? Pour 1000 femmes chez qui on détecterait des facteurs de risque, combien ne développeraient pas de pathologie avec ou sans surveillance médicale, et combien subiraient avec ou sans surveillance un arrêt de la grossesse (avortement spontané ou IMG) ou autre complication grave ? Va-t-on dire à une femme brisée par une fausse couche « c’est de votre faute, vous n’aviez qu’à vous faire suivre ? » Est-ce un crime d’envisager une grossesse comme un événement ordinaire de la vie, et vouloir la vivre naturellement, sans se soumettre à un tas d’examens plus ou moins invasifs ?

Une femme, enceinte ou qui espère l’être, a le droit de ne pas consulter de médecin si elle n’en ressent pas le besoin. La seule personne habilitée à m’envoyer chez le médecin pour quelque chose ayant trait à une grossesse, c’est mon mari : parce qu’il est concerné au premier chef par l’enfant à venir, et que je respecte les inquiétudes qu’il peut avoir. Mais même l’anxieux pathologique qu’il est n’aurait jamais la bêtise de me dire qu’il m’arrive un pépin de santé par ce que je ne vois pas de médecin. Ce raccourci est honteusement culpabilisateur.

Voilà, je suis énervée, fallait que je me lâche (bon et finalement j’ai vu mon toubib, et je ne serai pas classée « à risque » à cause de ma thyroïde, vu que je suis sous traitement qui comble la partie manquante).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :