Ode aux enseignants 3/5 : le lycée

3 Juil

Retour à un peu de légèreté, avec un billet qui se faisait un peu attendre.

Après un démarrage ici et un second épisode , je continue dans mes souvenirs… cette fois, ça devient sérieux (enfin je l’ai cru sur le moment) : le lycée.

2nde (wouh pinaize, 12 classes de seconde… à raison de 32-33 élèves par classe… ça en fait du monde) :

Français / Latin : Erf, son nom m’échappe. Plus généralement, je m’aperçois que si je revois très bien les visages de la plupart des profs de lycée, j’ai du mal à situer si j’ai eu untel en 1ère ou terminale, si j’ai eu unetelle deux ans ou si j’oublie un autre prof… Le Français n’était pas ma matière préférée mais j’ai bien apprécié ses cours, et je n’ai pas regretté non plus d’avoir continué le latin. Ce prof avait quasiment toujours le sourire, beaucoup d’esprit.

Maths : M. Fon., patient, souriant, donnait une ambiance détendue à ses cours. Je l’appréciais énormément, d’autant qu’il était le seul prof à ne pas me reprocher via les bulletins d’être trop concise (2+2, ça fait 4, nul besoin de longs discours).

Physique-Chimie : M. Dau. avait le front qui se dégarnissait, et donc une longue mèche de cheveux rabattue en travers pour tenter de masquer cette calvitie naissante bien établie. Il avait une certaine timidité qui m’a parfois amenée à me demander comment il avait bien pu devenir prof ; sa matière le passionnait, mais parler en public le mettait encore mal à l’aise après pas mal d’années de pratique (il avait passé la quarantaine, je ne saurais dire son âge exact). J’ai su peu après avoir quitté le lycée qu’il était décédé d’un cancer, et ça m’avait attristée ; il m’avait laissé un bon souvenir même si la physique et la chimie me réussissaient moins que les maths.

Allemand : Mme Paq. avait une « vraie » classe avec au moins 25 élèves, ça changeait du collège. Du coup, moins grande complicité établie même si forcément, j’avais un traitement un peu particulier. J’ai le souvenir d’une prof au visage assez sévère, parlant fort (pour nous dissuader de parler plus fort qu’elle ?), sentant fort le tabac (beuark).

Anglais : Hmm. Aucun souvenir. Mais vraiment aucun. J’ai un peu honte là du coup.

Histoire-Géographie : M. Dou. Je ne revois pas trop sa tête, je me rappelle juste qu’il nous avait cité pour illustrer le chapitre sur la Première Guerre mondiale une lettre de son propre grand-père, et qu’en fin d’année scolaire (vous savez, quand la moitié des élèves ne viennent plus en cours), il nous avait proposé de regarder West Side Story.

Biologie : Mme Gou. (tiens homonyme de la prof de techno du collège) : bonne humeur à toute heure, une dose d’auto-dérision, je l’ai adorée, et retrouvée avec plaisir en Terminale – d’autant qu’elle avait instaurée, pour le groupe des Spé Bio, un goûter hebdomadaire. Et oui, alors qu’elle nous faisait remarquer un jour que nous n’étions pas très attentifs, un élève avait répondu que c’était à cause de l’horaire du cours (12h-13h ce me semble) : nous étions en hypoglycémie ! « Chiche ! La semaine prochaine, je vous apporte un goûter, mais à une condition : ensuite, ce sera chacun son tour ». Une prof qui venait en classe avec un badge « en grève » lors des mouvements de l’époque, parce que « OK, je suis mécontente des réformes annoncées et je veux que ça se sache, mais vous, vous passez votre Bac à la fin de l’année, et il est hors de question que vous vous plantiez parce qu’on n’aura pas eu le temps de finir le programme ».

Sport : Impossible de me rappeler son nom, par contre je me souviens qu’il nous avait fait un petit « discours d’accueil » avec deux mots-clés : « autonomie, responsabilité ». Il considérait qu’en arrivant du collège nous étions encore des enfants et que le but du lycée était de nous faire acquérir ces deux qualités ; il prenait au sérieux son rôle d’adulte accompagnant des enfants vers l’âge adulte, et même si on se moquait un peu de son petit leitmotiv, je trouvais ça bien.

1ère S  :

Ceux qui ne changent pas : Histoire-Géographie, Allemand

Maths : Mme Bon. sentait la vanille, façon désodorisant d’intérieur plutôt que parfum ou déo. Voix douce mais dégageant beaucoup d’autorité, elle n’était pas appréciée par tous mais était vraiment pédagogue. J’appréciais beaucoup ses cours (moui OK les maths et moi c’était de toute façon une grande histoire d’amour), mais pourtant à la fin de l’année je me sentais proche de l’overdose (une des raisons pour lesquelles j’ai pris l’option SVT l’année suivante).

Physique-Chimie : M. Gi est obèse et un peu sourd. La combinaison de ces deux caractéristiques donnent des échanges du type « Monsieur, vous pouvez réexpliquer s’il-vous-plaît ? » « Mhh ? oui, oui, tu peux ouvrir la fenêtre » (en plein hiver). Il a quelque chose d’antipathique (en plus de son odeur corporelle à flinguer les mouches), et la plupart d’entre nous redoutions les heures passées dans sa classe. Pour autant, j’assimilais ses cours sans énormément d’effort, et trouvais dans l’ensemble son cours clair et bien construit. J’ai tout de même été étonnée lors de l’inscription en terminale d’apprendre qu’il m’avait portée sur la liste des « élèves susceptibles de réussir une bonne année avec l’option Physique-Chimie », car je ne considérais pas mes résultats dans sa matière comme suffisants. La liste en question avait été faite sur demande du proviseur car trop peu d’élèves demandaient cette option (forcément, on savait qu’en la choisissant on aurait forcément ce prof en Terminale), et qu’il lui fallait équilibrer les trois spécialités (Maths, Bio ou Physique-Chimie).

Français : Mlle Ni. avait également un problème d’odeur corporelle. Elle sentait le vieux. Être assis dans les deux premiers rangs pendant son cours était une torture, le premier d’ailleurs était désert. Et en plus, elle nous faisait étudier les Confessions de Rousseau (me souviens pas, c’était peut-être obligatoire ?). J’ai passé l’année à rêvasser pendant ces cours, en sursautant quand elle posait une question, priant silencieusement pour ne pas être interrogée.

Anglais : Une jeune et jolie brune que mon meilleur ami désignait par son prénom (Véronique ?). Souriante, sympathique, et nous apprenant des choses (oui, je sais, c’est la base du métier, mais avec certains c’est quand même moins évident qu’avec d’autres).

Biologie : Mme Pa. (je triche, je ne me souviens pas de son nom exact mais je suis à peu près certaine que ça commençait par « Pa »). Je me  rappelle que j’appréciais moins ses cours que ceux de Mme Gou., mais je ne me souviens pas trop pourquoi.

Sport : Mme euh… je revois vaguement sa silhouette, mais j’ai oublié son nom. Je ne l’appréciais pas, mais c’était uniquement parce que je suis allergique au sport.

Terminale S, spé Bio :

Ceux qui ne changent pas :  Histoire-Géographie, Allemand, Bio (Mme Gou), Physique-Chimie (M. Gi), Sport (j’ai un doute, mais je crois bien que c’était la même prof qu’en 1ère)

Philosophie : Aaaah… Bruno. Oui, je me permets un peu de familiarité, mais c’est que la philo, c’est spécial. Dès le départ le ton était donné : « les notes, c’est administratif, mais ça ne sert pas à grand-chose : au fond, vous savez pour la plupart la qualité de votre travail. Mon fonctionnement est le suivant : pour ceux qui s’en foutent, je note entre 10 et 13, pour ne pas plomber votre moyenne générale ; pour ceux que ça intéresse et qui bossent, je note en fonction de la qualité obtenue, donc de 0 à 20 ». Il a su motiver les troupes en nous expliquant que la philo est une matière scientifique, preuves à l’appui (« regardez les dossiers d’entrée dans les études supérieures, filières scientifiques : l’avis du prof de philo est systématiquement demandé, pas toujours celui du prof de Bio ») : la philo, c’est de la logique. Mais au lieu de la traduire avec des symboles mathématiques, on l’applique à des idées. J’ai passé une excellente année.

Maths : M. Do., surnommé « Bip-Bip ». Petit, dégarni, il me rappelle un peu M. Bite, le côté pervers en moins. Je l’ai beaucoup moins apprécié que les deux précédents, mais ça ne m’a pas empêchée d’aimer toujours autant les maths.

Anglais : Je ne retrouve pas son nom, mais je la revois assez bien, pauvre jeune enseignante livrée à une meute d’anglophobes. Aucune discipline dans son cours, alors qu’elle ne méritait pas tant de bazar. Pour ma part j’ai passé toute l’année à écrire des petits mots à mon voisin et meilleur ami (au moins, on ne dérangeait pas les 3 qui voulaient suivre).

Prochain épisode : la classe prépa.

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