Ode aux enseignants 1/5

4 Avr

Parmi les gens qui m’ont menée où je suis (et où, ma foi, je me plais plutôt bien), il y a un grand nombre d’enseignants. Ben oui, de la maternelle à Bac+5, ça en fait du monde ! Quand j’entends ou lis des propos désobligeants envers le corps enseignant (tous des feignants etc etc), je cherche, je cherche… combien de profs ai-je rencontrés qui méritaient de telles critiques ? Bien peu. Les profs, dans l’ensemble, je les aime bien – j’ai même été un peu tentée de les rejoindre, c’est dire. J’aime apprendre, et j’aime enseigner à d’autres ce que j’ai appris ; le problème étant que les autres n’ont pas forcément envie d’apprendre, auquel cas c’est tout de suite moins plaisant, et c’est la raison principale qui m’a orientée vers d’autres vertes prairies.

Pour mettre un peu de baume au cœur des enseignants malmenés, voici un récapitulatif de mes rencontres tout au long de ma « carrière » scolaire (j’abrège les noms propres, ils n’ont pas forcément envie de se retrouver cités ici) :

Maternelle (Vous me pardonnerez de ne pas en avoir de souvenirs très précis, c’est que j’ai pris de l’âge depuis…) :

Je me souviens des noms de deux des institutrices que j’ai eues (1ère et 3ème année, Mme Bou. et Mme Bal., je ne sais plus laquelle faisait quelle section par contre), du visage un peu flou d’une autre institutrice que je ne crois pas avoir eue mais qui m’impressionnait beaucoup. Sans doute parce qu’elle était plus âgée que les autres et avait un visage qui me semblait sévère. Pour ce qui est des deux autres, je me souviens juste les avoir appréciées, sans pouvoir dire pourquoi – peut-être juste parce que c’était chouette d’être enfin à l’école comme mes soeurs. J’ai encore parmi mes peluches un poisson rouge sur lequel j’avais collé les demi-disques de feutre de couleurs variées représentant les écailles, et j’ai un (très vague) souvenir de cette séance de collage.

Ecole primaire (souvenirs plus nets) :

Au CP, j’ai appris à lire avec Mme Rou., qui avait vu passer mes soeurs avant moi. Son mari tenait la classe de CM1 ou CM2, je ne l’ai pas eu pour cause de déménagement entre temps. Je me souviens de son visage (il faut dire que je l’ai recroisée bien plus tard, ça aide), et surtout de son sourire. Peu de souvenirs précis de la classe  : un coup de poing reçu d’un camarade un peu « bizarre », les parties de billes dans la cour, une remarque sur nos dessins « Regardez comme a fait Elodie, elle a colorié le ciel jusqu’au sol, c’est vrai que l’air qui nous entoure, même si on ne le voit pas, c’est déjà le ciel » – 20 autres élèves, dont moi, avaient laissé un grand blanc entre le ciel et l’herbe – papillon vole, coccinelle vole (ben pourquoi les autres se lèvent ? ça vole une coccinelle ? bon je vais faire pareil… « Moineau tu ne t’es pas levée à temps ! » zut, grillée).  Je me souviens de sa patience pour réexpliquer à ceux qui écrivaient cent-un « 100 1 » que non, il fallait remplacer le chiffre des unités et non le mettre à la suite, sinon ça donnait tout autre chose… pendant que je regardais les camarades en question avec un brin de naïf étonnement « ben y z’ont pô compris ???? ». Souvenir général d’une bonne ambiance. Et surtout, l’année d’après alors que j’avais déménagé, elle avait fait signer à tous mes camarades une carte pour me dire qu’on ne m’oubliait pas, ce qui m’avait fait plaisir.

CE1 : nouvelle école, beaucoup d’appréhension à la rentrée, d’autant que mes parents ont lourdement insisté pour m’inscrire à un cours d’allemand le mercredi (à grand renfort de « c’est plus facile d’apprendre à ton âge, après tu nous aideras »). Instituteur : M. Lem., et pour les cours d’allemand, l’épouse d’un type de la garnison, dont c’est la langue maternelle. J’ai adoré M. Lem. – comme la plupart de mes camarades. Probablement plus, car nous avons acquis une complicité particulière : quand il posait une question et que je levais la main pour répondre dans la seconde, alors qu’un silence de mort se faisait dans la salle, il me soufflait avec un clin d’oeil « je sais que tu sais, mais on va laisser les autres chercher un peu ». C’était parfois un peu frustrant, mais parfois aussi ça m’a évité de répondre une bêtise 😉

J’ai été ravie de retrouver M. Lem. pour le CE2. La classe était groupée avec une partie des CM1, dont je suivais le programme quand j’avais fini les exercices qui devaient nous occuper le temps qu’il s’occupe d’eux. Je faisais bien attention à ne pas lever la main pour les questions qu’il leur posait (je commençais à avoir une vague notion de l’amour-propre d’autrui).

Au CM1, c’est M. Mess. qui a pris le relais, et qui assurait un mini-cours d’allemand (fini le supplément du mercredi, mais une séance chaque autre jour pour commencer la journée). Je l’ai moins apprécié que M. Lem – j’étais moins sensible à son humour. « Guten Morgen Kinder Schokolade » tous les matins, ça finit par lasser. Bon au moins, tout le monde avait bien retenu que le nom de notre chocolat préféré signifiait « enfants ». Et il en faut pour tous les goûts, beaucoup de mes camarades l’adoraient autant que M. Lem.

Au CM2, nouveau déménagement, et rencontre de M. Cha (et aussi M. Li pour les cours d’allemand, et… aïe malheur, je ne retrouve pas le nom de l’instituteur qui nous faisait faire l’informatique). Une école immense à mes yeux : 3 classes de CM2, autant de CM1, un peu moins je crois des autres niveaux… et mes camarades m’expliquent que les années précédentes, il y avait encore plus de monde ! M. Cha est un « ancien », proche de la retraite, qui porte toujours une blouse blanche et nous attribue à chacun un n° (où l’on apprend le principe des copies corrigées anonymement, mais avec un anonymat qui ne dure que le premier trimestre – approximativement). Je m’appelais donc « n°20 » (et non, je n’ai pas le physique de n°13). M. Cha peut paraître sévère, mais on sent bien qu’il aime son métier. La tendresse se cache sous ses airs bourrus.

Quant à M. Li., c’est simple, ses cours son mon moment préféré de la semaine ! Apprendre en chantant, c’est bien un truc qui me plaît. Toujours le sourire (bon on est en demi-classe aussi, plus facile pour rester toujours zen), il est une des figures préférées de mon enfance (la famille ne compte pas hein, trop facile).

Prochain épisode : le collège.

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Une Réponse to “Ode aux enseignants 1/5”

  1. Karine 6 avril 2013 à 13 h 20 min #

    J’en ai reconnu un certain nombre… Sans doute parce que ce sont aussi ceux-là qui m’ont le plus marquée en bien (oui, moi j’ai aussi des souvenirs cuisants de certains profs, de ceux qui m’auraient dégoûtée à vie d’apprendre si je n’avais pas eu la chance d’être bien entourée).

    Mmes Bou. et Bal. étaient bien dans cet ordre 😉
    Ton instit de CP, j’ai eu l’immense chance de l’avoir en première année de maternelle puis au CE2. Comme toi, je me souviens (entre autres) de son magnifique sourire… Son mari enseignait au CM2, c’était un homme adorable, de très loin le meilleur enseignant que j’ai jamais eu !!
    Et concernant la période berlinoise, je me souviens que tu nous parlais BEAUCOUP de « Herr Li. », que je ne connaissais pas personnellement mais dont la fille était une de mes bonnes copines à l’époque…

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