Near-death experience

27 Nov

Il y a quelques années, j’ai laborieusement obtenu mon permis de conduire, après 60h de leçons. J’avais peur de conduire – c’est les adultes normalement qui conduisent, non ? Je ne veux pas être adulte ! Le fait d’avoir vu un jour une Polo se faire réduire de moitié par un camion, alors que le père et le frère d’une amie étaient dedans (ils s’en sont bien sortis, merci pour eux), et d’avoir dans mes connaissances quelqu’un qui a vécu un très grave accident (voiture contre moto, un mort) devait aussi jouer un peu sur ma capacité à aborder la conduite sereinement.

Bref au bout de 60h, mon moniteur m’a quand même proposé de passer l’examen « je te sens plus à l’aise ces derniers temps, qu’est-ce que tu en penses ? « -euh oui je commence à envisager de passer l’examen » « -OK, tu passes dans deux jours ». J’ai un peu mordu le trottoir en faisant mon créneau, mais je l’ai eu.

Quelques temps plus tard, je devais me rendre à une réunion dans une autre administration, dans le département voisin. Habituellement il y avait toujours un autre collègue concerné qui m’accompagnait et conduisait, mais là personne. Les horaires de train ne collaient pas (une journée entière perdue pour trois heures de réunion), j’ai donc dû, la mort dans l’âme, y aller en voiture. J’ai même dû réserver une voiture de service (question d’assurance), alors que c’était un autre modèle que ma voiture (pas folle, j’avais acheté la même que celle de l’auto-école… les doubles commandes en moins).

130km (dont presque tout en voie rapide), et le retour… entre le mardi où j’ai compris qu’il n’y avait pas d’autre solution que de conduire, et le jeudi matin où avait lieu la réunion, j’ai passé presque 48 heures convaincue que j’allais mourir. Je n’avais jamais conduit plus de 10 km hors de la ville, j’avais du mal avec les voies d’insertion, je ne croyais pas une seconde que j’arriverais à bon port.

Le jeudi matin, je pleurais en arrivant au bureau (vous suivez, je devais prendre les clés de la voiture de service). J’ai croisé mon chef qui m’a demandé « ça va pas ? », j’ai juste secoué la tête et ai continué mon chemin, j’étais incapable de parler. Je suis redescendue, j’ai cherché la voiture sur le parking (pas de place numérotée, ce serait trop facile). J’ai pleuré encore en branchant le GPS, j’ai allumé la radio en priant pour tomber sur de la musique entraînante, et je suis partie.

Je suis arrivée à destination une heure et demie plus tard environ, je me suis garée sans m’y reprendre à 10 fois, j’ai soupiré en coupant le contact… je me sentais miraculée.

Après la réunion, j’étais du coup dans de meilleures dispositions ; j’avais réussi à venir, j’arriverais peut-être à rentrer.

J’ai retrouvé « ma » voiture sur le parking, j’ai reposé mes dossiers sur le siège passager, je suis partie.

En arrivant chez moi, je me sentais merveilleusement bien. Tout me paraissait beau ; j’en suis restée sur un petit nuage pendant plusieurs jours.

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